

© P. Lüthi/Biovision
« Nous ne pouvons simplement plus continuer comme avant. » C'est en ces termes que le Suisse Hans Rudolph Herren, co-président de l'IAASTD, a introduit le rapport del'expertise intergouvernementale sur l'agriculture mondiale rendu public en avril dernier.
Vers une ère nouvelle
Est-ce à dire que les techniques agricoles actuelles ont fait leur temps ? Elles ont pourtant permis un véritable bond en avant dans la lutte contre la faim. Avec l'amélioration des variétés par croisements naturels, l'utilisation massive de l'irrigation et des engrais et la mécanisation, adoptées dans les pays occidentaux au sortir de la Seconde Guerre mondiale puis dans certains pays émergents comme l'Inde ou la Chine, la ration quotidienne disponible par personne est passée de 2 360 kilocalories dans les années 1960 à environ 2 900 kilocalories aujourd'hui (avec de grandes disparités puisqu'elle est de 4 000 kilocalories dans les pays de l'OCDE, de 2 800 en Asie et de seulement 2 400 en Afrique subsaharienne). Parallèlement, les rendements de production ont explosé. En France, celui du blé a presque triplé entre 1961 et 2006, passant de 2,3 tonnes par hectare à 6,7 tonnes par hectare. Idem pour le maïs, qui atteint maintenant 8,6 tonnes par hectare dans l'hexagone. Cette évolution, appelée « révolution verte », a ainsi évité de nombreuses famines, notamment en Asie. Mais elle a aussi fait beaucoup de laissés-pour-compte. La majeure partie des 880 millions de personnes mal nourries sont des petits paysans qui n'arrivent même pas à survenir à leurs propres besoins. Et c'est encore une fois l'Afrique subsaharienne qui paie le plus lourd tribut : plus de 30 % de sa population souffre de sous-alimentation, à la fois dans les campagnes et dans les villes. « Le modèle agricole des années 1960 qui a permis de négocier assez efficacement le passage de 3 à 6 milliards d'individus dans le monde est épuisé », assène Michel Griffon.
La révolution verte et la politique agricole qui l'a accompagnée ont provoqué non seulement des inégalités criantes entre les pays riches et les pays pauvres (lire chapitre précédent) mais aussi des dégâts environnementaux considérables. De fait, 1,9 milliard d'hectares et 2,6 milliards de personnes sont désormais affectés par la dégradation de l'environnement. L'agriculture moderne est l'une des principales causes d'épuisement des eaux, d'appauvrissement des sols et de pollution chimique. L'usage intensif d'engrais a entraîné l'eutrophisation2 de rivières, de lacs et de côtes, comme dans le golfe du Mexique. Les pesticides sont à l'origine de contaminations de la nappe phréatique et d'atteintes à la biodiversité. Et 30 % des émissions de gaz à effet de serre – méthane et protoxyde d'azote en tête – sont imputables à l'agriculture. « Les conséquences écologiques des pratiques agricoles associées à de mauvaises conditions socioéconomiques créent un cercle vicieux dans lequel les petits exploitants pauvres doivent déboiser et cultiver de nouvelles terres souvent peu productives, y compris sur les pentes raides de collines, aggravant ainsi la déforestation et la dégradation générale des écosystèmes », constate l'IAASTD. Difficile d'imaginer qu'une telle agriculture puisse nourrir 9 milliards de personnes en 2050 tout en préservant l'environnement. Fabrice Dreyfus, directeur de l'Institut des régions chaudes, à Montpellier3, et membre de l'IAASTD, enfonce le clou : « Il est désormais évident que nous ne pouvons plus poursuivre dans cette voie. Même les pays les plus farouchement partisans de l'agriculture intensive, comme les États-Unis ou l'Australie, commencent à accepter – timidement – l'idée du changement. » La Banque mondiale, peu amène envers le monde agricole ces dernières décennies (la part de ses financements accordés aux programmes agricoles est passée de 20 à 3 % en vingt ans), a retourné sa veste : elle admet aujourd'hui que l'agriculture est un facteur de développement et qu'il est urgent d'investir dans des systèmes de production durables4.
Quelles réformes appliquer ?
« Il n'existe pas de solution miracle pour nourrir toute la population mondiale, estime Michel Dodet, vice-président chargé des affaires internationales à l'Inra et membre du bureau de l'IAASTD. Notre expertise a montré clairement que les problèmes agroalimentaires sont multifactoriels et qu'il faut analyser chaque situation dans son contexte général, à la fois agronomique, écologique, technologique, financier, foncier, sociologique… » En somme, toute politique agricole qui ne se focaliserait que sur une seule composante et sa solution apparaîtrait réductrice et, par conséquent, inefficace. Et les chercheurs de proposer aussitôt un nouveau mode de gouvernance de la production alimentaire. « Il faut d'abord imaginer les innovations dans un système local incluant l'écosystème et les populations environnantes, explique Fabrice Dreyfus. Ensuite, il est indispensable de mobiliser tous les acteurs oubliés de la production alimentaire : les petits producteurs et leurs familles, les consommateurs, les associations citoyennes. » Même la Banque mondiale convient que la gouvernance agricole actuelle est en panne : « Les institutions mondiales créées au xxe siècle pour traiter des questions agricoles ont une mission strictement sectorielle de sorte que, malgré leurs nombreux accomplissements, elles sont mal équipées pour faire face aux programmes interconnectés et plurisectoriels actuels », peut-on lire dans son dernier rapport annuel.
Première étape donc : changer le système pour le rendre à la fois plus efficace et plus équitable. Ensuite, il faudra mettre en place les solutions pratiques. Et dans ce domaine, on ne manque pas d'idées. La plus évidente consiste à accroître les surfaces cultivées. Aujourd'hui, 1,5 milliard d'hectares sont consacrés à l'agriculture. La FAO estime que 4,2 milliards d'hectares seraient cultivables, dont 1,5 milliard facilement, essentiellement en Amérique du Sud et en Afrique. L'Asie, pour sa part, n'aurait que peu de marge de manœuvre et finirait par importer de quoi nourrir sa population. Le réchauffement de la planète pourrait lui aussi apporter son lot d'hectares cultivables supplémentaires, en particulier en Sibérie. À condition évidemment de ne pas répéter les errements de l'agriculture intensive – au risque de dégrader de nouveaux territoires –, ou alors de créer, au moins, des zones protégées.
L'émergence de « greniers du monde » impose évidemment la persistance des échanges commerciaux. « Même si chaque région doit tendre vers l'autosuffisance, on ne pourra pas nourrir 9 milliards de personnes sans le commerce mondial des aliments », indique Michel Dodet. Toutefois, plusieurs voix s'élèvent pour exiger une régulation de ce marché. Il est aujourd'hui indéniable que la libéralisation a laminé les agricultures vivrières dans les pays en développement (lire chapitre précédent) et ces pays pourront difficilement nourrir leur population sans protéger leur production. « Les pays en développement ont ouvert leurs marchés plus que ne le leur imposaient les accords de Marrakech sur le commerce international en 1994, sous la pression de la Banque mondiale, déplore Michel Griffon. Il est maintenant urgent d'établir une charte internationale de la sécurité et de la souveraineté alimentaire pour poser des limites à ce marché, sans en empêcher le fonctionnement » (lire l'encadré ci-dessous). Cette position est d'ailleurs partagée par l'IAASTD et est l'une des raisons pour lesquelles les États-Unis, l'Australie et le Canada – trois champions du libre-échange – n'ont pas approuvé pleinement le rapport final de l'expertise.
Un autre point de discorde entre ces trois pays et le reste du panel concerne l'usage des biotechnologies. Il est aussi à l'origine du retrait de l'IAASTD des sociétés privées comme Monsanto et Syngenta en début d'année. Car si l'expertise admet la nécessité de développer les biotechnologies, au sens large, pour améliorer les variétés, leur donner un meilleur rendement ou les rendre plus résistantes à la sécheresse par exemple, elle reste plus circonspecte sur les organismes génétiquement modifiés, « dont l'impact doit être évalué à grande échelle et sur le long terme (lire l'encadré ci-dessous). Nous ne devons évidemment pas exclure cette technologie, mais il existe des collections de variétés qu'il faut d'abord explorer pour en créer de nouvelles et rediversifier les récoltes », estime Michel Dodet. Dans ces banques de graines disséminées un peu partout dans le monde se cachent sans doute de véritables trésors végétaux. La sélection dite assistée par marqueurs5 permet alors de les exploiter plus rapidement, en réduisant le temps de création d'une nouvelle variété par croisements de vingt-cinq ans par les techniques classiques à seulement cinq ans. « Il faudra analyser des banques génétiques énormes, explique Michel Dodet. Cela demandera des outils informatiques très puissants. » Outils que tous les pays ne pourront évidemment pas se payer. Il paraît clair que cette agriculture high-tech sera d'abord réservée aux pays riches, pouvant s'offrir des programmes de recherche coûteux. « Mais rien n'empêche d'y associer les autres, notamment via les savoirs locaux et indigènes, précise Michel Dodet. Cette exploration des ressources génétiques pourra bénéficier à tous si on est capable d'imposer un modèle de propriété intellectuelle non exclusif et si on ne la limite pas aux seules grandes céréales, en délaissant comme on l'a fait jusqu'alors les céréales et les légumes des agricultures vivrières. » Le recours à la technologie est-il la seule solution ? James Aronson, du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive, à Montpellier6, met en garde contre cette course au progrès : « Ils sont nombreux dans les systèmes de gouvernance mondiaux à penser que la technologie résoudra tous les problèmes et nous allons refaire les mêmes erreurs que par le passé. Nous devons changer de cap et envisager les difficultés à venir dans leur globalité. On ne peut pas régler la question alimentaire sans aborder aussi celle des changements climatiques, de la déforestation et de la dégradation de l'environnement ou de l'érosion massive de la biodiversité. Tout est lié. »

© P. Albaret/INRA
Pour certains agronomes, le futur de l'agriculture tient dans l'utilisation de variétés plus robustes et plus rentables. Et selon eux, nul besoin de recourir à des modifications génétiques artificielles : il existe des variétés de plantes (ici des semences de pois) encore inexploitées.
Pour une agriculture écologique et intensive
C'est pourquoi un nombre croissant de scientifiques prônent une nouvelle agriculture, « écologiquement intensive ». « L'intensification écologique consiste à augmenter les rendements de manière naturelle en utilisant au maximum les fonctionnalités écologiques et biologiques des écosystèmes, explique Michel Griffon, l'un des grands promoteurs du concept né en Californie. C'est l'exact opposé du “forçage”, c'est-à-dire le fait d'augmenter les rendements par des apports artificiels et importants de produits extérieurs à l'écosystème local, comme les engrais chimiques. » Pour qu'une plante grandisse, il lui faut du soleil. Le premier précepte de l'agriculture écologiquement intensive est donc d'intercepter la plus grande partie des rayons du soleil : pas un seul ne doit toucher le sol. Cela suppose une couverture végétale totale, douze mois sur douze. « Le peuplement végétal doit être géré de manière à occuper tout l'espace pendant toute la durée végétative permise par le climat, indique Michel Griffon. Gérer ce peuplement, c'est assurer la compatibilité des espèces entre elles, qu'elles collaborent plutôt qu'elles se concurrencent. » On peut ainsi associer des cultures annuelles entre elles, avec des arbustes et des arbres. En Afrique, certains paysans utilisent d'ores et déjà ces techniques d'associations de cultures en faisant pousser le mil ou le sorgho sous des acacias. Les racines des arbres plongent profondément dans la terre pour y puiser des nutriments qui s'accumulent dans leurs feuilles. Feuilles qui, lorsqu'elles tombent, forment un humus et fertilisent le sol. « Sous les arbres, les rendements peuvent être plus que doublés, assure Marc Dufumier, professeur à Agroparistech, à Paris7. Non seulement ils assurent la fertilisation du sol, mais ils établissent un microclimat autour des cultures en brisant le vent et en maintenant une bonne humidité. » Pour l'agronome, ce type d'agriculture permettrait de gagner de nouvelles terres dans les régions arides, sans avoir recours à l'irrigation massive. « Il faut aussi envisager une meilleure utilisation des animaux, ajoute-t-il. Ils peuvent non seulement servir à la traction, mais aussi à la fabrication de fertilisants naturels comme le fumier qui permet de séquestrer l'azote des déjections et le carbone des pailles. » Quant à la mécanisation, elle devra sans doute se limiter aux petits appareils comme les motoculteurs. Car les niveaux d'équipement dans les pays en développement, les premiers concernés par l'augmentation de la population et par les problèmes alimentaires qui en découleront, devront assurer une meilleure productivité tout en limitant le chômage. « Ces pays auront tout intérêt à valoriser les systèmes plus intensifs en main-d'œuvre qu'en produits chimiques ajoutés aux cultures (les intrants) », observe Fabrice Dreyfus. Bref, à ne pas imiter les pays développés, où la mécanisation extrême a certes permis la culture de grandes surfaces mais a aussi réduit drastiquement la population agricole.

© M. Dufumier
Dans les pays en développement, les cultures sous couvert végétal apportent de nombreux avantages. Les arbres comme le karité, ou l'acacia (voir photo) jouent un rôle fertilisant en puisant les éléments minéraux en profondeur et en les restituant dans la couche arable lors de la chute de leurs feuilles.
Fabrice Demarthon
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Pays en développement : L'équation agricole Comment relancer les politiques agricoles des pays en développement ? D'abord en réaffirmant, à travers les négociations internationales, le droit et le devoir de chaque pays de développer son agriculture et en favorisant, dans le Sud, la création de « marchés communs régionaux » sur le modèle de la PAC européenne. Encore faut-il se souvenir, dit Hélène Delorme, qu'il ne suffit pas de mettre des sacs de semences et des tracteurs dans les champs pour « fonder une politique agricole », mais que celle-ci suppose des infrastructures routières, l'organisation d'instruments de crédits et de systèmes d'assurance, des paysans regroupés au sein d'organisations professionnelles et syndicales capables de défendre leurs intérêts auprès des autorités politiques… Ne pas oublier non plus que « deux individus peuvent payer une politique agricole : le consommateur, par le biais de prix élevés, ou le contribuable, via des subventions, ajoute Philippe Chalmin. Comment faire dans les PED quand le consommateur n'a pas d'argent et qu'il n'y a pas de contribuables ? » La bonne nouvelle, commente pour sa part Henri Rouillé d'Orfeuil, est que « le bloc doctrinal qui figeait la pensée dominante et célébrait l'ultralibéralisme agricole apparaît aujourd'hui largement fissuré. Les marchés agricoles ont besoin de régulation ». La route risque pourtant d'être longue avant que les PED ne reconquièrent leur souveraineté alimentaire… Contacts : |
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OGM : la pomme de discorde C'est la question qui fait débat. Les organismes génétiquement modifiés sont parfois présentés comme la solution idéale à la crise alimentaire. En effet, comment ne pas convenir qu'une plante dans laquelle ont été introduits un ou plusieurs gènes d'une autre espèce pour grandir plus vite ou résister à la sécheresse offrirait des avantages certains en temps de pénurie ? Seulement voilà, ces « superplantes » n'existent toujours pas, du moins en dehors de quelques laboratoires. « Pour le moment, les seuls OGM largement commercialisés sont des plantes qui résistent aux pesticides, comme le soja Roundup Ready® ou aux ravageurs, comme le maïs Bt », note Yvon le Maho. Il n'est nullement question d'augmentation de rendement ici, mais de réduction des coûts de production. Et encore, seulement dans le cas des plantes résistantes aux ravageurs, puisqu'elles permettent d'utiliser moins de pesticides. Un avantage écologique ? « Oui dans un premier temps, répond Yvon le Maho. Mais des résistances chez les ravageurs sont déjà apparues, et au final, on doit augmenter les doses. » En fait, tant que les OGM se cantonneront à la résistance aux parasites, il sera difficile d'y voir une solution à la crise alimentaire. « C'est une méthode parmi d'autres pour améliorer des traits simples, ajoute Marcel Kuntz, du laboratoire « Plastes et différenciation cellulaire », à Grenoble1. Mais pour les traits plus complexes, comme la résistance à la sécheresse, ce procédé est plus difficile à mettre en œuvre. Si le débat était serein, on améliorerait les plantes par sélection classique ou assistée par marqueurs, en leur ajoutant certains traits par transgenèse2. » Mais le débat n'est pas serein. Comme les bénéfices des OGM sont uniquement partagés, pour le moment, entre les firmes qui les produisent et les agriculteurs qui les emploient, et en l'absence d'études concluantes sur leur toxicité ou leur innocuité, « les consommateurs survalorisent les risques potentiels sanitaires et environnementaux, mais ne prennent pas en compte les risques stratégiques, scientifiques et économiques d'un rejet global des OGM », analyse Michel Setbon, du Laboratoire d'économie et de sociologie du travail (LEST)3, à Aix-en-Provence. « Nous en sommes arrivés à un concept de gènes “sales”, déplore Marcel Kuntz. La seule présence d'un transgène est diabolisée. Or si nous ne pouvons pas tout faire avec cette technique, nous ne pouvons pas l'exclure d'office. » 1. Laboratoire CNRS / Université de Grenoble-I. Contacts : |
1. L'IAASTD s'est réunie de 2005 à 2007 sous l'égide de l'ONU, de la FAO, de la Banque mondiale et d'une soixantaine d'États.
2. L'eutrophisation d'un milieu aquatique résulte d'un apport trop important de nutriments comme l'azote, le carbone ou le phosphore, et provoque une perte de la biodiversité.
3. Supagro Montpellier.
4. Ce rapport a été publié en octobre 2007. Le précédent rapport consacré à l'agriculture datait de 1982.
5. La sélection assistée par marqueurs permet de repérer très rapidement les plantes porteuses de caractéristiques intéressantes, comme la résistance à des maladies ou un meilleur rendement. Comme l'identification directe des gènes impliqués se révèle lourde et coûteuse, la solution consiste à rechercher un marqueur, c'est-à-dire un caractère facile à observer et placé très près du gène désiré. Il s'agit souvent de mutations génétiques ponctuelles, repérées lors de l'analyse du génome de la plante.
6. Centre CNRS / Universités Montpellier-I, II et III / Cirad / Ensa Montpellier / EPHE Paris.
7. Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement.
8. Institut CNRS / Université Strasbourg-I.
Michel Griffon,
michel.griffon@cirad.fr
Fabrice Dreyfus,
dreyfus@supagro.inra.fr
Michel Dodet,
michel.dodet@paris.inra.fr
James Aronson,
james.aronson@cefe.cnrs.fr
Marc Dufumier,
marc.dufumier@agroparistech.fr
Yvon le Maho,
yvon.lemaho@c-strasbourg.fr