
Des chercheurs français1 ont pour la première fois reconstitué l’évolution du gaz carbonique (CO2) et du méthane, principaux gaz à effet de serre après la vapeur d’eau, sur une période de 800 000 ans. Leur étude, publiée dans la revue Nature du 15 mai dernier et menée avec l’aide de partenaires internationaux, a aussi montré que, sur cette période, les teneurs en gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevées qu’elles le sont aujourd’hui. Pour obtenir cette reconstitution précise, les seules « archives » disponibles sont les bulles de gaz atmosphérique piégées dans la glace. C’est donc en forant à une profondeur de 3 270 mètres en Antarctique, dans le cadre du programme Epica, qu’a été extraite une carotte glaciaire contenant la plus ancienne glace étudiée à ce jour (la précédente étude remontait à 650 000 ans). Grâce à ces nouvelles mesures, témoins d’une période très ancienne, les chercheurs tentent de comprendre les corrélations entre les changements climatiques terrestres et le cycle du carbone. En ligne de mire : une meilleure prédiction de l’évolution future des gaz à effet de serre, et a fortiori, du climat de la Terre.
> www2.cnrs.fr/presse/communique/1339.htm
A VOIR
> Concordia, sciences australes (2008, 34 min) de Marcel Dalaise, produit par CNRS Images et l’IPEV (film disponible en DVD)
1. Du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE, CNRS / Université Joseph-Fourier) et du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE, CNRS / CEA / Université Versailles-Saint-Quentin).