
8 juin 2008, Journée mondiale des océans

© Alpha Camara, avance conceptuelle, Biot, France
La bouée Boussole qui émerge à 4 mètres au-dessus de la surface de l'eau permet de mesurer la couleur de l'océan, un indicateur de la présence de micro-organismes.
Des données confirmées par Boussole, qui mesure in situ, grâce à des radiomètres situés au-dessus et au-dessous du niveau de la mer, le rayonnement émis par l’atmosphère et l’océan. Les chercheurs peuvent en déduire leur température et leurs propriétés optiques. À cela s’ajoutent trois appareillages qui traquent le phytoplancton et les particules en suspension dans l’eau. Pour le premier interviennent des fluorimètres : ils émettent un signal capable d’exciter la fluorescence de la chlorophylle, dont la concentration est ainsi déterminée à proximité de la bouée. Quant aux particules, Boussole dispose de deux appareils pour les débusquer. Un transmissiomètre détermine la quantité de particules présentes dans l’eau : pour cela, il émet une onde dont l’intensité est modifiée par les particules en fonction de leur quantité. Ensuite, un rétrodiffusiomètre enregistre la lumière renvoyée par les particules. « Selon leur taille ou leur composition, les particules ne rétrodiffusent pas de la même manière, précise David Antoine. Ceci donne des indications indirectes sur la taille moyenne des particules. »
Les paramètres habituellement mesurés dans une campagne océanographique, comme la salinité, la température et la pression, sont également suivis. La récupération des données s’effectue grâce au navire de recherche de l’Insu, le Thétys-II, dédié à l’océanographie.
Sculpture filiforme, Boussole n’a pas sa pareille au monde. Prototype unique, conçu par la société Acri à Sophia Antipolis, elle est en place depuis 2003. Au-delà de sa mission de validation des données satellite, la bouée surveille de près l’évolution à long terme du petit zoo local : tout changement de couleur peut signifier une modification de l’écosystème de la Méditerranée. « Nous avons une vision globale de la chlorophylle dans l’océan, mais il nous faut la compléter par une représentation à petite échelle, comme une sorte de laboratoire pilote pour suivre l’évolution de l’écosystème à l’échelle des décennies… » Le projet Boussole, financé par le Cnes, l’ESA et la Nasa, est en cours d’intégration dans un système à plus grande échelle d’observations physiques et biogéochimiques pérennes en Méditerranée, actuellement en construction, nommé Moose2 et piloté par l’Insu.
Azar Khalatbari
1. Laboratoire CNRS / Université Paris-VI.
2. « Mediterranean Ocean Observing System for Environment ».
David Antoine,
Laboratoire d'océanographie de Villefranche (LOV)
antoine@obs-vlfr.fr