
L'évènement
CNRS 2020, le site de la concertation
La gouvernance du CNRS a décidé de faire appel à ses laboratoires pour réfléchir à l’avenir de l’organisme1. Instrument majeur de cette grande concertation, le site CNRS 2020 qui recueille les avis et propositions des directeurs d’unité est aujourd’hui un succès : un peu plus d’un mois après son ouverture, il comptait au 20 mai déjà 234 contributions individuelles ou collectives. Et au même jour il avait reçu près de 17 000 visites. Rappelons que l’objectif de la concertation est d’aboutir à des propositions concrètes qui pourraient être intégrées au plan stratégique du CNRS « Horizon 2020 ». Celui-ci sera voté au conseil d’administration le 19 juin prochain.
1. Voir Le Journal du CNRS, n° 219, p. 4.
> www.cnrs.fr/cnrs2020/
Un engagement pour des achats durables
Dans le cadre du réseau des acheteurs rassemblant les universités et les Établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST), Arnold Migus, directeur général du CNRS, a signé le 6 mai dernier la « Charte des achats durables pour la recherche et l’enseignement supérieur ». Le CNRS s’engage ainsi « à entrer dans une démarche progressive d’amélioration de la performance environnementale, économique et sociale aux différents stades de l’achat, à chaque fois que les circonstances le permettent ». Un guide à destination des acheteurs sera mis en ligne prochainement sur le site des achats.
> Consultez la charte sur : www.sg.cnrs.fr/achats/
> Contact : sophie.goguelet@cnrs-dir.fr
>> Le succès scientifique
Tempêtes dans une bulle de savon
Les bulles de savon sont le siège de mini-tourbillons qui ressemblent comme deux gouttes d’eau aux cyclones tropicaux : telle est la découverte publiée en avril dans Physical Review Letters par des chercheurs du Centre de physique moléculaire optique et hertzienne (CPMOH)1 de Bordeaux en collaboration avec l’université de la Réunion. Les physiciens ont d’abord fabriqué des bulles de savon en forme de demi-sphères sur de l’eau savonneuse, puis chauffé la solution en refroidissant le haut de la bulle. Bref, ils ont reconstitué là une version simplifiée de la machinerie climatique de la Terre. Des panaches ont commencé à se former à la base des bulles et à remonter le long de leur surface, pendant plusieurs minutes. « Ils ont alors donné naissance à des tourbillons qui ont survécu plusieurs minutes jusqu’à ce que la bulle éclate », explique Hamid Kellay, du CPMOH.
Tout comme les cyclones qui mesurent jusqu’à 1 000 kilomètres, les typhons savonneux sont grands comparés à la taille de la bulle. Et ils sont aussi affublés d’un œil calme autour duquel tourne en spirale une zone agitée. Enfin, en comparant leur trajectoire à celle d’anciens cyclones, les scientifiques ont trouvé un autre point commun : « Ils ne se déplacent pas en ligne droite mais zigzaguent autour de cette trajectoire idéale », commente Hamid Kellay. Ce comportement aléatoire était déjà connu des météorologues. Mais ici, les chercheurs sont parvenus à le caractériser avec une grande précision :
« Il ne s’agit pas d’une marche aléatoire classique qui se fait à vitesse constante comme c’est le cas pour une goutte de colorant qui se répand dans de l’eau. Les cyclones accélèrent de temps à autre au cours de leur déplacement. Cela semble être une règle universelle. » Qui pourrait bien aider à améliorer la prévision de ces terreurs climatiques.
Pierre Mira
1. Centre CNRS / Université Bordeaux-I.
Contact : Hamid Kellay,
h.kellay@cpmoh.u-bordeaux1.fr