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Alci

Le robot boucher, futé et affûté


alci

© DR

Prototype du bras du robot boucher.



Rayon frais d’un supermarché. Un client attrape une barquette de bœuf emballé sous vide, sans trop se soucier du poids : calibrés, les morceaux font à peu près tous le même. Derrière cette scène de la vie courante se cache un travail pour le moins ingrat. Par 5 °C et 80 % d’humidité ambiante, des bouchers s’efforcent de découper des morceaux de viande de poids identique. Mais d’ici peu, la tâche pourra être réalisée par un robot. Une première à l’échelle mondiale, grâce à Alci, jeune entreprise montpelliéraine fondée en 2007 par Hervé Turchi et David Barra, deux anciens thésards du Laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de Montpellier (Lirmm) 1.
Un robot pour découper de la viande ? Quelle idée ! Hervé Turchi se souvient du moment où elle a germé : « Le jour où un proche m’a fait remarquer la très faible automatisation de l’industrie agroalimentaire. » D’incubateur en pépinière d’entreprise, le projet se concrétise et l’équipe se renforce d’un troisième complice, Mickaël Sauvée, ingénieur en visionique. Bientôt, un prototype de robot voit le jour au Lirmm qui continue d’héberger leurs expériences, et deux brevets technologiques sont déposés par nos entrepreneurs. En 2005 et 2007, l’initiative est récompensée au concours de l’innovation du ministère de la Recherche. Bref, l’histoire d’Alci est un conte de fées version start-up. « Nous avons bénéficié d’un contexte très favorable, notamment grâce à des aides à la création d’entreprise », reconnaissent les deux fondateurs d’Alci.
L’objectif de leur robot ? Obtenir des tranches homogènes à partir d’un morceau de viande hétérogène. Pour le concevoir, les jeunes entrepreneurs ont mis à profit les connaissances acquises au Lirmm. Un profilomètre, composé d’un laser et d’une caméra, permet d’obtenir une image du muscle à découper. Puis un logiciel d’intelligence artificielle, développé par les jeunes thésards, calcule les angles de coupe optimums pour obtenir des morceaux de poids identique. Enfin, un bras robotisé tranche la pièce de bœuf suivant les angles indiqués par le logiciel. Le prototype est capable de couper 250 kg de viande à l’heure avec une marge d’erreur de 5 %, contre moins de 100 kg/h et quelque 10 % d’erreur pour les bouchers. Malgré son coût élevé, le gain en qualité et en productivité de ce robot a déjà séduit un client qui possédera des machines opérationnelles début 2009. Mais les jeunes entrepreneurs ne comptent pas s’arrêter là. En contact avec les secteurs du légume et du poisson, d’autres projets sont d’ores et déjà à l’étude pour développer de nouveaux robots. D’ici à la fin de l’année, ils espèrent embaucher trois personnes et obtenir la certification ISO 90012.

Caroline Dangléant

> Pour en savoir plus : www.alci.fr

Notes :

1. Laboratoire CNRS / Univ. Montpellier-II.
2. La norme ISO 9001 définit les exigences pour les systèmes de management de la qualité.

Contact

Hervé Turchi et David Barral
Alci, Montpellier
contact@alci.fr


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