Moteur de recherche

 

Retour au sommaire

Quel lien entre l'énergie et le développement durable ?

Références :

Que sais-je ? sur Le réchauffement climatique de Robert Kandel, octobre 2002.

En quoi certaines énergies constituent-elles un danger pour notre planète ?
L'augmentation du dioxyde de carbone (CO2) contribue pour deux tiers au renforcement de l'effet de serre déjà causé par l'homme.
Et on la doit surtout aux énergies fossiles, c'est-à-dire à la combustion de charbon et d'hydrocarbures. Le méthane (CH4 ou gaz naturel), qui a plus que doublé à cause de l'activité de bactéries méthanogènes favorisées par l'agriculture et l'élevage1, renforce aussi fortement l'effet de serre. Lorsqu'il s'oxyde, il donne encore du CO2.
Si ces émissions n'ont pas de nocivité directe pour l'homme, elles sont cependant néfastes pour le climat. Une fois lâché dans l'atmosphère, le CO2 s'y accumule pour des décennies, voire des siècles, devenant presque incontrôlable. Il y a donc accroissement du CO2 atmosphérique qui a très certainement joué un rôle majeur dans le réchauffement de 0,4 °C observé depuis 1970. Si l'utilisation des carburants fossiles continue de croître au cours des prochaines décennies, la quantité de CO2 dans l'atmosphère doublera avant 2100. Et une réponse climatique s'ensuivra : un réchauffement pouvant dépasser 3 °C en moyenne sur le globe, avec accélération du cycle de l'eau et des modifications importantes dans la répartition des zones bioclimatiques, comme dans la carte de risques d'événements extrêmes (sécheresses prolongées, tempêtes violentes, crues exceptionnelles…).
Mais alors comment limiter les émissions de CO2 ?
Il n'existe pas une solution magique mais des solutions partielles. Instaurer des puits biologiques de carbone en plantant des forêts pour extraire du CO2 de l'atmosphère me paraît une mesure qui peut limiter son augmentation. Quelques océanographes ont expérimenté la fertilisation des phytoplanctons par le fer pour optimiser sa séquestration dans l'océan. Du côté des émissions, certains industriels, notamment au Québec, tentent de mettre au point des systèmes pour capter le CO2 avant sa sortie des cheminées des centrales brûlant du charbon, du fioul ou du gaz. Mais pour diminuer ces émissions vers l'atmosphère, la mesure la plus efficace à mon avis, reste de brûler moins, de mieux utiliser l'énergie que l'on produit et d'employer davantage les énergies renouvelables ou le nucléaire.

Tous les pays sont-ils prêts à prendre des mesures pour préserver la planète ?
Certes, il existe un lobby pétrole et charbon, notamment aux État-Unis, puissance qui a retiré sa signature du protocole de Kyoto et qui émet plus de 5 milliards de tonnes de CO2 par an soit 1/5e des émissions totales. Mais aujourd'hui, certains industriels américains tirent la sonnette d'alarme en prévenant qu'une utilisation sans modération de l'énergie fossile ne peut durer. Le grand problème demeure celui des pays en voie de développement, qui comptent bien accroître leur production d'énergie encore très faible aujourd'hui. La Chine, qui connaît une croissance rapide, devrait, quant à elle, faire des choix énergétiques efficaces, en phase avec un développement durable2.

Propos recueillis par Stéphanie Bia

Notes :

1. Des bactéries qui prolifèrent dans les rizières et dans les intestins des bovins. Avec l'extension des rizières et la croissance de la population de bovins, le méthane dans l'atmosphère a plus que doublé.
2. La définition du rapport Brundtland (1987) : « Le développement durable répond aux attentes des générations présentes à satisfaire leurs besoins sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. » Cette notion recouvre trois aspects indissociables : le respect de l'environnement, l'équité sociale, la rentabilité économique.

Contact

Laboratoire de météorologie dynamique.
Contact : kandel@lmd.polytechnique.fr.


Haut de page

Retour à l'accueilContactcreditsCom'Pratique