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ÉDITO

Sous le Soleil… exactement

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© CNRS Photothèque/INSU

Dominique Le Quéau , Directeur de l'Institut national des sciences de l'Univers (Insu) du CNRS


Le Soleil offre encore à la science quelques beaux mystères. Son comportement révèle aux observateurs privilégiés que nous sommes, nous les Terriens, le fonctionnement très dynamique d’une famille d’étoiles, caractérisée par la présence d’une dynamo interne et donc d’un champ magnétique. À la surface du Soleil, ce dernier se caractérise par des phénomènes éruptifs, générateurs de particules chargées de grande énergie. Et plus loin, il interagit avec ses planètes pour produire les superbes phénomènes des aurores boréales et australes, et avec le milieu interstellaire au sein duquel il crée une bulle, l’héliosphère. Si les astronomes en connaissent déjà un rayon sur ces phénomènes, beaucoup de points capitaux restent à préciser.
Un exemple : comment expliquer le cycle de vingt-deux ans (le champ magnétique s’inverse tous les onze ans) qui affecte la globalité du fonctionnement de la machine solaire, et duquel dépendent la présence et le nombre de taches à la surface du Soleil, qui font baisser sa luminosité ? Et ces variations ont-elles une influence sur le climat terrestre, comme le laisse penser la conjonction du Petit Âge glaciaire avec une diminution de l’activité globale du Soleil ? Bientôt, le microsatellite du Cnes baptisé Picard pourra peut-être nous en dire plus sur ces relations.
Car pour résoudre toutes les énigmes posées par notre étoile, on ne peut se passer d’observations faites depuis l’espace, grâce à des missions satellitaires de la Nasa, comme Stereo, qui en produit une image tridimensionnelle depuis l’orbite terrestre, Solar Orbiter, qui le fera depuis une orbite proche de celle de la planète Mercure, ou enfin, par une « sonde solaire », évidemment internationale, qui est d’ores et déjà une « ardente obligation », et qui ferait des mesures in situ à quelques rayons solaires de distance. Autant de missions présentes et futures indispensables pour compléter les observations effectuées depuis le sol terrestre avec des télescopes de très grande qualité optique, comme Themis aux Canaries, qui permettent de « sonder » les différentes couches qui entourent le Soleil. Le CNRS et l’Institut des sciences de l’Univers (Insu) sont très présents sur ces deux fronts complémentaires.
Mais le Soleil, c’est aussi la toute première source d’énergie terrestre, juste suffisante, mais pas excessive, pour permettre à notre planète d’évoluer dans une zone d’habitabilité propre à accueillir la vie. L’utilisation « soutenable » de l’énergie solaire est aujourd’hui une priorité mondiale, comme l’ont bien révélé les réflexions menées à l’occasion du Grenelle de l’environnement. Cela concerne aussi bien la construction de maisons solaires « économes » que le développement de capteurs photovoltaïques de haut rendement, ou la gestion éco-responsable de la biomasse. Dans ce domaine aussi, les chercheurs du CNRS font feu de tout bois pour y parvenir.
Qu’il s’appelle Râ en Égypte ou Lug chez les Celtes, le Soleil a été maintes fois considéré dans l’Histoire comme une divinité qui symbolise l’action positive de l’Homme sur la Nature. De nos jours, il inspire nos réalisations technologiques les plus prospectives, comme le projet Iter, qui a pour but de produire de l’énergie en reproduisant les réactions à l’œuvre dans le cœur de notre étoile... mais aussi nos aspirations festives les plus quotidiennes. Aujourd’hui comme hier, il convient d’être, comme le chantait Serge Gainsbourg, « pas à côté, pas n’importe où… sous le soleil… exactement, juste en dessous ».


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