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La Chine et le CNRS

Sixième économie mondiale, la Chine est l'un des grands pays émergents. Des efforts récents ont porté le budget de la recherche à 1 % du produit intérieur brut, mais son volume de recherche publique reste cependant réduit. Jusqu'en 1978, la recherche était organisée autour de quelques institutions d'État comme l'Académie des sciences de Chine (ASC). À partir des années 1980, un second système de recherche et d'innovation se met en place à travers notamment la création, en 1986, de la Fondation des Sciences naturelles de Chine (FSNC) qui attribue les subventions sur appels d'offres. Ces changements favorisent plutôt la recherche appliquée et le développement technologique au détriment de la recherche fondamentale (5 à 6 % du budget). Mais globalement, selon le Science Citation Index, on constate une augmentation du nombre de publications qui traduit l'essor de l'activité scientifique en général. Insérée dans l'arène mondiale, la Chine collabore avec les États-Unis, son premier partenaire devant l'Asie du Sud-Est. Si la France ne figure qu'au 8e rang des partenaires, une volonté marquée de développer les collaborations sino-françaises se dessine actuellement. Au CNRS également.
Carte de la ChineLes collaborations du CNRS avec la Chine.
Le CNRS est tout d'abord impliqué dans trois laboratoires conjoints :
le Laboratoire franco-chinois d'informatique, d'automatisme et de mathématiques appliquées de Pékin, le Laboratoire franco-chinois sur la catalyse de Dalian et enfin le Centre de coopération franco-chinois de sociologie de Canton. Récemment, un pôle de Génomique et Sciences du vivant a été créé à Shanghai (voir encadré). D'autres collaborations se traduisent sous la forme de trois Programmes internationaux de coopération scientifique (Pics) et d'une vingtaine de projets par an entre le CNRS et l'ASC, la FSNC et l'ASSC (Académie des sciences sociales chinoise). Le CNRS participe enfin aux programmes de recherches avancées (PRA)1 et à leur évaluation. En ce qui concerne les copublications, on identifiait, en 2001, 108 laboratoires CNRS ayant une coopération active avec la Chine. Les huit premiers ont plus de dix publications communes par an. Leur activité concerne principalement la physique des particules.

Stéphanie Belaud

Source des informations sur la recherche en Chine : rapport de l'Observatoire des sciences et techniques (oct. 2002).


EN CHIFFRES
> Budget recherche de la Chine en 2000 : 1 % du PIB
> 3 Pics en cours, 1 en sciences chimiques et 2 en sciences de l'Univers.
> 20 projets par an en moyenne entre des laboratoires CNRS et les 3 principaux partenaires chinois.
> 15 à 20 PRA par an
> 10 bourses post-doctorales par an sont financées par un mécène hongkongais pour permettre à des étudiants chinois de venir travailler dans des laboratoires CNRS.
> 180 copublications CNRS / Chine en 2000 et 2001, 207 en 2002.
> 480 missions de chercheurs CNRS, surtout des sciences de l'Univers et des sciences, pour l'ingénieur en 2002.
> Une quarantaine de chercheurs chinois accueillis chaque année dans des laboratoires CNRS.


Le pôle Génomique et Sciences du vivant de Shanghai
Inauguré en octobre 2002 par Claudie Haigneré, ministre déléguée
à la Recherche et aux Nouvelles Technologies et son homologue chinois, ce pôle, issu des liens forts entre les facultés de médecine de Shanghai et de France, regroupe six organismes de recherche de Shanghai et trois du côté français : le CNRS, l'Inserm et l'Institut Pasteur. Les axes retenus sont l'étude de la génomique de l'homme et d'organismes modèles, l'étude de micro-organismes et de maladies infectieuses, les mécanismes de la thérapie des leucémies et
des tumeurs solides, le criblage de « librairies » de molécules identifiées à partir de médicaments naturels utilisés en médecine traditionnelle chinoise et enfin la recherche pluridisciplinaire en bio-informatique.

Partenaires
L'Académie des sciences chinoise (ASC) regroupe 98 instituts sur tout le territoire. Chaque institut est constitué de plusieurs laboratoires de recherche
pouvant réunir 800 à 900 chercheurs. L'Académie possède aussi 13 unités de soutien et des entreprises propres, émanations de leurs laboratoires. L'Académie des sciences sociales chinoise (ASSC) possède des instituts sur tout le territoire. La Fondation des sciences naturelles de Chine (FSNC) est une agence de moyens et d'évaluation, consacrée à la recherche fondamentale (dite « naturelle »). Elle finance des projets de recherche nationaux et internationaux.

Notes :

1. Programmes créés et gérés par l'Association franco-chinoise pour la recherche scientifique et technique, financés par le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Recherche français et le ministère pour la Science et la Technologie chinois.

Contact

Minh-Hà Pham-Delègue
Direction des relations internationales
(Indes-Asie-Pacifique)
minh-ha.pham-delegue@cnrs-dir.fr

Marie-Pierre Van Hoecke
Bureau du CNRS en Chine
marie-pierre.vanhoecke@diplomatie.gouv.fr


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