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Santé

Un institut qui voit loin

Avec l'ouverture de l'Institut de la vision en février, les scientifiques vont bénéficier d'un centre de recherche performant et fédérateur pour lutter contre les maladies oculaires.

L’Institut de la vision ouvre ses portes à Paris. Les 6 000 mètres carrés de ce centre de recherches sur les maladies oculaires, installé à l’hôpital des Quinze-Vingts et dirigé par le professeur José Sahel, de l’unité Inserm « Physiopathologie cellulaire et moléculaire de la rétine »1, accueilleront dès le mois de février les premières équipes académiques et les premières entreprises du projet. « Ce nouvel institut a pour objectif de fédérer les recherches sur les troubles de la vision, en particulier sur les dysfonctionnements de la rétine, en lien direct avec des entreprises innovantes qui seront hébergées dans les locaux », explique Serge Picaud, chercheur dans la même unité. Côté recherche académique, une douzaine d’équipes de l’Inserm et du CNRS2 ainsi que d’autres organisations françaises et étrangères y poursuivront leurs recherches sur le développement du système visuel, la transmission de l’information visuelle, la génétique des pathologies oculaires et la mise au point de stratégies thérapeutiques. Parmi ces dernières, on peut citer les thérapies cellulaires à partir de cellules souches, l’utilisation du facteur trophique3 pour sauvegarder les photorécepteurs, ou encore les prothèses rétiniennes, mises au point au sein de l’unité fondatrice du projet. Les chercheurs pourront s’appuyer sur des moyens techniques mutualisés, telle une plateforme d’imagerie et une autre de criblage, située à Strasbourg4.
Les laboratoires des entreprises hébergées auront évidemment accès à ces plateformes techniques. « L’objectif est de créer une véritable synergie entre la recherche académique et l’industrie afin que nos travaux aboutissent à des applications cliniques », indique Serge Picaud. Essilor, Mauna Kea Technologies, une start-up spécialisée en imagerie, et Fovea Pharmaceuticals ont d’ores et déjà l’intention d’y installer des laboratoires de recherche et développement (R&D). Le passage de la recherche fondamentale à l’appliquée sera facilité par le Centre d’investigation clinique, qui permet de réaliser les tests sur l’homme nécessaires à la mise au point des nouveaux traitements. Alvaro Rendon, directeur de recherche CNRS dans l’unité, considère l’Institut de la vision comme un véritable tremplin vers la recherche clinique. « Nos travaux très fondamentaux sur le système nerveux et la rétine ont permis de mettre en évidence le rôle-clé que joue une protéine, la dystrophine Dp71, dans l’équilibre fonctionnel et la vascularisation de la rétine, explique-t-il. Avec les moyens de l’institut, nous pourrons envisager de la tester dans un certain nombre de pathologies. »
Soutenu par la Fédération des aveugles et handicapés visuels de France, la Fondation Rothschild, la mairie de Paris et le conseil régional d’Île-de-France, l’Institut de la vision est un bel exemple de partenariat entre les recherches publique et privée.

Fabrice Demarthon

Notes :

1. Il est chef de service au Centre national d'ophtalmologie des Quinze-Vingts et à la Fondation ophtalmologique A. de Rothschild.
2. Comme celle de Mariesol Corral-Debrinsky (au sein de l'unité Inserm fondatrice de l'Institut) ou l'équipe Treat Vision de Sylvie Chokron, du Laboratoire de psychologie et neurocognition à Grenoble.
3. Un facteur trophique est une substance nutritive. L'unité de José Sahel a découvert que les bâtonnets de la rétine libéraient un facteur trophique permettant la survie de leurs voisins les cônes.
4. Michel Roux, chercheur CNRS, y poursuit actuellement l'évaluation fonctionnelle de la rétine à l'Institut clinique de la souris.

Contact

Institut de la vision, Paris
>José Sahel
j-sahel@quinze-vingts.fr
>Serge Picaud
serge.picaud@st-antoine.inserm.fr
>Alvaro Rendon
rendon@st-antoine.inserm.fr


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