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Symposiums sans frontières

La ville de Roscoff en Bretagne accueillera du 24 au 29 janvier le deuxième round des symposiums franco-japonais « Frontières de la science »(1). Avec un objectif : permettre à de jeunes et brillants chercheurs des deux pays de se rencontrer, en dépassant les limites de leur discipline.

L’histoire des « Frontiers of Science », des échanges scientifiques bilatéraux entre pays, commence il y a une dizaine d’années, quand l’Académie nationale des sciences des États-Unis organise les premières rencontres de ce type avec, entre autres, le Japon. Ce dernier reprenait alors à son compte cette initiative en invitant l’Allemagne en 2004, puis la France en 2005 à participer à ces échanges. Invitation acceptée avec empressement, d’autant que « le Japon est notre premier partenaire en Asie », explique Gwang-Hi Jeung, directeur adjoint pour l’Asie et le Pacifique à la direction des relations internationales du CNRS. Après la signature de l’accord de création du programme franco-japonais « Frontières de la science » le 15 mars 2006, le CNRS a été désigné comme coordinateur français de l’évènement. Et la première rencontre s’est tenue au Japon, à Shonan Village Center, en janvier 2007.
Comment ces symposiums sont-ils organisés ? Dans un premier temps, chaque pays désigne par l’intermédiaire d’un comité de pilotage huit chercheurs, un pour chacun des huit grands domaines généraux (lire ci-contre). Ces chercheurs sont ensuite chargés, pour chaque symposium annuel, en binôme franco-japonais, de définir les thématiques qui seront retenues dans chaque domaine. Qualités requises pour être désigné : avoir moins de 45 ans et avoir apporté une contribution remarquée à l’avancement de sa discipline. Pour le cru 2007, sept des huit chercheurs français étaient membres du CNRS.

Dans chaque thématique, les deux organisateurs désignent à leur tour huit autres participants français ou japonais parmi lesquels ils choisissent un président de séance et deux conférenciers. Chaque groupe présente ensuite son domaine à l’ensemble des 80 participants, en en expliquant les grands enjeux scientifiques. La difficulté de l’exercice tient à ce que les intervenants, habitués à communiquer entre spécialistes, doivent cette fois relever le défi de présenter leur domaine de compétence à des spécialistes… mais d’un autre domaine ! « À la suite des présentations des deux conférenciers, notre souci est que les questions fusent en transgressant les frontières des disciplines ! Et ça marche ! », souligne Minh-Hà Pham-Delègue, ancienne directrice adjointe pour l’Asie et le Pacifique à la DRI. Le succès de ce symposium a déjà fait des émules, puisque Taïwan d’une part et les États-Unis d’autre part ont été invités à participer à de futurs échanges avec la France. Et justement, le premier symposium franco-américain « US-France Frontiers of Science », piloté par le CNRS, se tiendra les 20, 21 et 22 novembre 2008 en France.
Chaque session fait l’objet d’un compte rendu, mais qui n’a pas vocation à être publié. « Le but de ces symposiums est de sensibiliser nos brillants chercheurs à d’autres disciplines. Ils ont l’étoffe de futurs leaders scientifiques et nous souhaitons qu’ils découvrent la culture et la démarche scientifique de leurs collègues. La confiance et les liens qui peuvent se créer seront alors les bases nécessaires à de futures collaborations. À vrai dire, le premier choc culturel s’est produit au moment de l’organisation : les Japonais sont un peu inquiets que tout ne soit pas programmé des mois à l’avance, continue Minh-Hà Pham-Delègue. Lors de la première rencontre au Japon, l’excursion des participants français et japonais dans un bar de la ville les a aussi un peu surpris. »
Alors que les deux pays fêteront les 150 ans de leurs relations diplomatiques en 2008, les rencontres « Frontiers of Science » sont aussi l’occasion pour les Japonais et les Français de mieux se connaître et de mieux communiquer.

Julie Coquart


Les 8 domaines des symposiums
>
Biologie/sciences de la vie
> Chimie/biochimie
> Sciences de la terre/environnement
> Sciences des matériaux/biomatériaux
> Médecine/neurosciences
> Physique
> Sciences sociales/humanité
> Mathématiques pures et appliquées/informatique


Une organisation en tandem

Les symposiums sont financés selon le principe du coût partagé. Le pays qui accueille un symposium assure son organisation et prend en charge les frais de logement et de repas pour tous les participants. L’autre pays prend en charge les coûts des voyages internationaux jusqu’à l’aéroport le plus proche du site de conférence.Pour le symposium de janvier 2008, la moitié des 100 000 euros annuels incombe au CNRS, tandis qu’un quart est assumé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le dernier quart par le ministère des Affaires étrangères et européennes.

Notes :

1. Le CNRS, le ministère des Affaires étrangères et européennes (MAEE), le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), l'ambassade de France au Japon et la « Japanese Society for the Promotion of Science » participent au programme « Frontières de la science ».

Contact

Gwang-Hi Jeung
Directeur adjoint (Asie-Pacifique), direction des relations internationales du CNRS, Paris
gjeung@cnrs-dir.fr


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