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ÉCLATS

Albert Fert pour la physique, un laboratoire franco-allemand pour la chimie, et des chercheurs CNRS du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) pour la paix. Décidément, la semaine des Nobel a été faste cette année pour notre organisme.

L'événement

Le CNRS a l'honneur des Nobel

éclats

© C. Lebedinsky/CNRS Photothèque

Albert Fert, Prix Nobel de physique.


D'abord Albert Fert, qui vient de se voir attribuer à soixante-neuf ans le prix Nobel de physique 2007 conjointement à l'Allemand Peter Gründberg. Et en ce 9 octobre, sur un trottoir parisien, à des adolescents qui lui demandaient pourquoi tant de journalistes se pressaient autour de lui, il expliquait : « Je suis chercheur en physique, et si vous pouvez écouter de la musique sur vos lecteurs MP3, c'est peut-être un peu grâce à ce que j'ai fait. »
Albert Fert est le douzième physicien français à recevoir le prestigieux prix suédois qui couronne à nouveau la recherche française, dix ans après Claude Cohen-Tannoudji. Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, a « vivement félicité le chercheur » qu'elle « connaît depuis longtemps » et pour lequel elle espérait la distinction suprême tellement méritée. « L'œuvre d'Albert Fert illustre de façon exemplaire le fait que des études fondamentales peuvent déboucher sur des applications imprévisibles à l'origine. Nous nous réjouissons de ce succès majeur qui témoigne de la qualité de la physique française », a renchéri Michel Lannoo, directeur scientifique du département « Mathémathiques, physique, planète et Univers » du CNRS (MPPU).
Albert Fert, professeur à l'université Paris-Sud et directeur scientifique de l'Unité mixte de physique CNRS/Thales, et Peter Gründberg, chercheur à l'Institut de recherche sur les corps solides à Jülich, en Allemagne, ont été récompensés pour avoir découvert, indépendamment l'un de l'autre, l'effet de magnétorésistance géante (GMR) en 1988.
L'effet GMR permet de moduler un courant électrique en orientant l'aimantation de couches de métaux ultrafines. Cette orientation agit sur le spin des électrons, cette sorte d'aiguille de boussole liée à leur sens de rotation sur eux-mêmes. Tandis que l'électronique classique n'exploite que la charge des électrons. Cette technologie a permis une miniaturisation radicale des disques durs : l'information stockée sur ces mémoires magnétiques y est cent fois plus dense et elle est lue par des têtes de lecture plus sensibles, utilisées depuis 1997 dans presque tous les ordinateurs, notamment les portables et les lecteurs de musique compacts. La GMR a ainsi permis de transformer « en objets réels ce qui n'était que pure théorie dans les années 1970 », commentait le français, également lauréat du Japan Prize 2007 (avec Peter Gründberg) et médaillé d'or du CNRS en 2003. Car lorsque Albert Fert, jeune docteur en physique, étudiait l'influence de l'aimantation sur la circulation des électrons selon leur spin, « on ne savait pas fabriquer de couches ferromagnétiques suffisamment fines pour exploiter cette propriété », explique-t-il. C'est chose faite dans les années 1980 quand son laboratoire s'associe à Thomson-CSF, qui maîtrise cette technologie à l'échelle nanométrique et fait de la GMR l'une des premières applications importantes en nanotechnologies. C'est le coup d'envoi de la « spintronique », nouveau type d'électronique et technologie émergente, nanoscience en expansion, prometteuse de nombreuses applications dans l'informatique et les télécommunications. Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, a salué en Albert Fert « un pionnier » qui a « décloisonné recherche publique et recherche privée, recherche fondamentale et recherche appliquée ».

Le CNRS se réjouit aussi de l'attribution du prix Nobel de chimie à Gerhard Ertl, ancien directeur du Fritz-Haber-Institut de la Max-Planck-Gesellschaft, avec lequel le CNRS et l'université Louis Pasteur ont mis en place depuis six ans un laboratoire européen associé, l'Elcass (European Laboratory for Catalysis and Surface Sciences). Enfin, coup de chapeau également au Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) qui s'est vu attribuer le prix Nobel de la paix, conjointement à l'ancien vice-président américain Al Gore. Ce sont plusieurs milliers de scientifiques à travers le monde qui sont aujourd'hui récompensés, dont plusieurs contributeurs du CNRS. Citons Hervé le Treut, Jean-Claude Duplessy, Dominique Raynaud, Didier Hauglustaine, Sandrine Bony, Pierre Friedlingstein et Minh Ha Duong, ou encore Jean Jouzel, qui a reçu en 2002 la médaille d'or du CNRS.

Charline Zeitoun

> Pour en savoir plus
www2.cnrs.fr/presse/communique/1194.htm
www2.cnrs.fr/presse/communique/1198.htm
www2.cnrs.fr/presse/communique/
1195.htm


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