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Santé

Le cœur bat fort au CNRS

Le 25 septembre, se déroulait la Journée mondiale du cœur à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. L'occasion pour André Le Bivic, directeur scientifique adjoint du département des Sciences du vivant (1), de faire le point sur la place de la cardiologie au CNRS. Avec un axe fort : la physiologie.

Que représente la recherche sur le cœur au CNRS ?

André Le Bivic : En termes d'effectifs, ce sont quelque 200 personnes réparties dans une dizaine de laboratoires sur toute la France. Le cardio-vasculaire tient une place importante dans les domaines allant de la physiologie aux sciences du vivant. Les recherches actuelles empruntent plusieurs voies. Par exemple, nous avons d'excellents laboratoires sur le développement du système cardiaque. Les chercheurs y travaillent sur la formation du cœur et l'origine embryonnaire des différents types cellulaires qui le composent. Notons parmi ces laboratoires celui de Margaret Buckingham à l'institut Pasteur2 qui est mondialement reconnu, ou l'Institut de biologie du développement de Marseille Luminy.

 

Quelle est l'actualité de ces laboratoires ?

A.L.B. : Dernièrement, il y a eu deux publications dans Nature3 qui traitaient de l'origine embryonnaire et de la formation du muscle chez la souris et le poulet. La même méthode peut être appliquée au cœur. Si l'on connaît les cellules souches ou progénitrices cardiaques, il sera alors possible de les utiliser ou de les mobiliser pour régénérer un cœur ayant subi un dommage, comme lors d'un infarctus par exemple. Ces recherches paraissent très prometteuses pour guérir certaines maladies cardiaques.

 

Un autre axe prometteur ?

A.L.B. : Dernièrement, le CNRS s'est aussi associé à un projet d'homme physiologique virtuel : un modèle informatique de la vascularisation humaine dans sa globalité. Il permettrait de comprendre les interactions entre les différents flux vasculaires et de prédire l'effet d'une perturbation du système. Ce projet associe une unité mixte de recherche de l'université d'Angers dirigée par Daniel Henrion4 à d'autres équipes européennes. C'est un projet ambitieux qui a pour but d'intégrer de manière standardisée toutes les données sur la physiologie cardiovasculaire afin d'établir des modèles explicatifs et prédictifs de variations environnementales et pathologiques chez l'homme.

 

Comment se mettent en place de tels projets ?

A.L.B. : Pour optimiser les chances de réussite, il faut regrouper les compétences. L'Inserm est naturellement lié aux centres hospitaliers universitaires (CHU) et ses unités ont souvent un accès direct aux patients, ce qui n'est généralement pas le cas des unités CNRS. Aussi des collaborations voient-elles le jour. Tout récemment, un pôle cardiovasculaire s'est mis en place en Pays de Loire (entre Nantes et Angers). Il y a aussi le partenariat avec le Centre chirurgical Marie Lannelongue, spécialisé dans la chirurgie cardiaque du nouveau-né et de l'enfant, ou l'unité de recherche dirigée par Jean-François Renaud de la Faverie5, qui collabore avec l'Inserm. La mise en commun des connaissances et des moyens est garante de découvertes scientifiques, notamment dans le domaine cardiovasculaire.

 

Propos recueillis par Camille Liewig 

 

 

Un ballon de rugby pour la cardiologie

L'actualité fait parfois bien les choses : un ballon de rugby de l'ordre du centimètre, emprisonné dans l'aorte et gonflable sur commande, pourrait révolutionner le monde de l'assistance cardiaque. Composé de silicone contenant des particules magnétiques, ce « ballonnet » dénommé Pulsamag serait capable de se comporter comme une pompe et de venir en aide à un cœur défaillant en variant de volume et de place le long de l'artère selon le rythme cardiaque.

Un matériel actif, modulable, en remplacement des modèles mécaniques « rustiques » d'aujourd'hui, reposant sur le principe du couplage entre un moteur et une pompe. Pour ses concepteurs, les professeurs Bertrand Nogarède1 et Pascal Leprince2, l'efficacité d'un système déformé est nettement supérieure à celle d'un système mécanique. Si le ballonnet ne pompe que de l'huile pour l'instant, son utilisation semble de plus en plus réaliste. Soutenue par un financement ANR depuis 2007, l'équipe s'est donné pour objectif  de mettre en place des tests cliniques à l'horizon 2009. Le temps de régler les questions de contrôle du ballonnet par de petites bobines à champs magnétiques réparties dans le thorax.

C.Li.

 

1. Du laboratoire « Plasma et conversion d'énergie » (Laplace, CNRS / Université Toulouse-III / INP Toulouse).

2. Chirurgien au service de chirurgie thoracique et cardiovasculaire à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

 

Notes :

1. Il est directeur de recherche à l'Institut de biologie du développement de Marseille Luminy (IBDML, CNRS / Université Aix-Marseille-II).
2. « Bases génétiques, moléculaires et cellulaires du développement » (CNRS / Institut Pasteur).
3. Nature, vol. 435, n° 7044, 16 juin 2005 : Relaix et al., pp. 948-53 ; Gros et al., pp. 954-58.
4. « Circulations régionales et microcirculation » (CNRS / Inserm / Université d'Angers).
5. « Remodelage tissulaire et fonctionnel : signalisation et physio-pathologie » (CNRS / Université Paris-XI / Hôpital Marie Lannelongue).

Contact

André Le Bivic
Département des Sciences du vivant
andre.le-bivic@cnrs-dir.fr


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