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Sciences de l'éducation

De l'art… de trouver un emploi

Des voies sans issues, les écoles d'art ? Que nenni ! Une enquête vient tordre le cou aux idées reçues.

Et si les diplômés des écoles d'art avaient autant de chances de s'insérer professionnellement que les autres ? Ce n'est pas une utopie mais bel et bien la réalité : trois ans après leur sortie de l'école, huit diplômés sur dix ont un emploi. Surprenant ! Et pourtant, ce sont les conclusions d'une enquête menée par le CNRS et l'Institut de recherche sur l'éducation (Irédu)1 auprès des titulaires du diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP, niveau bac + 5)2. Trop souvent considérées comme des « voies sans issue », « des usines à chômeurs », les écoles supérieures d'art prennent leur revanche.

Aujourd'hui, près de 11 000 étudiants sont scolarisés dans l'une des 57 écoles relevant du ministère de la Culture et de la Communication3. Tous suivent des formations postbaccalauréat identiques, sanctionnées par des diplômes nationaux en art, design ou communication. Chaque année, 800 élèves obtiennent leur DNSEP4 et 180 leur diplôme national d'arts et techniques (DNAT, niveau bac + 3). Contre toute attente, leur niveau d'insertion professionnelle est bon : ils intègrent le marché du travail comme salariés ou comme indépendants. Trois ans après la sortie de l'école, l'emploi salarié et les revenus réguliers prédominent pour la promotion du DNSEP 20035. Les designers arrivent en tête avec 89,3 % d'insertion. Ils occupent en majorité des emplois à temps complet (85,7 %) et à durée indéterminée (71,2 %). Leurs revenus sont en moyenne de 1 297 euros. Viennent ensuite les artistes, pour lesquels le taux global d'insertion professionnelle s'élève à 79,8 %.

Seule ombre au tableau, des pratiques d'emploi variables et un fort sentiment de précarité demeurent. « Plus de 60 % des travailleurs non salariés expriment ce sentiment, admet Gilles Galodé, de l'Irédu, co-auteur de l'étude. En art, la moitié travaille à temps partiel et le plus souvent en contrat à durée déterminée. Les salaires sont de ce fait moins élevés (environ 940 euros). » En communication, la part du travail indépendant explose. Même si les diplômés apprécient de s'établir à leur compte ou de travailler en free-lance, ils restent conscients des inconvénients de ce statut. La constitution d'un réseau et d'une clientèle prend du temps. Mais les difficultés de parcours n'affaiblissent pas le besoin de création et d'expression artistique des diplômés sondés.

Car intégrer une école d'art n'est pas donné à tout le monde. Cela se fait sur concours après le bac ou niveau bac. Pour les institutions les plus en vue, la sélection est redoutable. « Un admis pour six postulants, commente le chercheur. C'est pourquoi, dès leur entrée dans la vie active, les jeunes artistes entendent faire valoir leur formation. » Actuellement, quatre diplômés sur cinq occupent un emploi dans lequel ils utilisent les compétences acquises en école d'art. Le bien-fondé du choix de cet enseignement n'est donc plus à prouver. D'ailleurs, si c'était à refaire, que feraient-ils ? « Presque unanimes, nos créateurs en herbe répondent à cette question en affirmant qu'ils choisiraient la même formation et reprendraient la même option. » Être artiste n'est pas le fruit du hasard, c'est une vocation.

 

Géraldine Véron

Notes :

1. Institut CNRS / Université de Bourgogne.
2. « L'insertion professionnelle des diplômés DNSEP 2003 », enquête de Gilles Galodé et Magali Danner.
3. Universités et écoles privées forment autant d'étudiants en art.
4. 52 écoles délivrent le DNSEP, dont 6 nationales et 46 territoriales.
5. Il n'existe pas de statistiques permettant de comparer le taux d'insertion entre les différentes institutions ni même entre les différentes filières.

Contact

Gilles Galodé
Institut de recherche sur l'éducation (Irédu)
gilles.galode@u-bourgogne.fr


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