
Une protéine médusante
Une nouvelle forme d'aequorine a été mise au point par les chercheurs du laboratoire de Neurobiologie des processus adaptatifs1, à Paris. Cette protéine luminescente, présente naturellement chez une méduse, est souvent utilisée comme marqueur en imagerie biologique. Grâce au génie génétique, Bertrand Lambolez et ses collègues sont parvenus à en améliorer certaines caractéristiques, comme la stabilité et la durée de luminescence. La protéine modifiée offre déjà des avantages par rapport à la forme classique : plus résistante à la chaleur, elle peut être stockée plus longtemps et à des températures plus élevées.
Par ailleurs, ces travaux laissent imaginer, dans le futur, la possibilité de modifier directement l'aequorine selon la fonction biologique à étudier.
1. Laboratoire CNRS / Université Paris-VI.
Contact : Bertrand Lambolez, bertrand.lambolez@snv.jussieu.fr
Un bien étrange matou
Le chat de Schrödinger existe désormais ! Il ne s'agit pas d'un animal à poils mais d'un faisceau de lumière, créé par les chercheurs du Laboratoire Charles Fabry de l'Institut d'Optique1, à Orsay. À l'origine, le chat de Schrödinger est une petite bête théorique inventée par le physicien Erwin Schrödinger en 1935 pour illustrer les bizarreries de la physique quantique. L'expérience est simple : une boîte contient un chat et une fiole de poison dont l'ouverture dépend de la désintégration d'un atome radioactif. Comme la physique quantique autorise l'atome à être à la fois désintégré et intact, le chat est simultanément vivant et mort. De telles « superpositions d'états » avaient déjà été obtenues, en particulier pour des systèmes optiques (des photons), mais il s'agissait plutôt de « chatons », trop petits pour avoir une quelconque application.
Cette fois-ci, le dispositif expérimental mis au point par les chercheurs a permis de franchir deux étapes cruciales : d'une part, ils ont attribué une superposition d'états à une véritable impulsion lumineuse se propageant librement ; d'autre part, la méthode de mesure de ces impulsions, appelée « tomographie quantique », permet de montrer directement que le champ électrique de l'onde prend bien simultanément deux valeurs distinctes. Et ce chat s'avère suffisamment gros pour éventuellement servir à la transmission de messages secrets ou au calcul ultrarapide par ordinateur quantique.
1. Laboratoire CNRS / Institut d'optique / Université Paris-XI.