Moteur de recherche

 

Retour au sommaire

Groupement de recherche

Sciences polaires, sciences humaines

 

inuit

© J. Robert-Lamblin

Les Inuits d'Ammassalik, au Groenland oriental : une communauté où la jeunesse est nombreuse.


 

Chaque jour, nous en prenons mieux la mesure : l'Arctique est en plein bouleversement. Il y a bien sûr les paysages, qui sont radicalement transformés par le réchauffement climatique. Mais les sociétés sont elles aussi très touchées. En effet, elles doivent adapter leur mode de vie à l'avancée de la société moderne, tandis que le dérèglement du climat et des saisons affecte certaines des activités traditionnelles des habitants du Grand Nord. Afin de fédérer les scientifiques étudiant les évolutions à l'œuvre sur ces immenses territoires, le groupement de recherche (GDR) « Mutations polaires » vient d'être créé, profitant de l'élan imprimé par l'Année polaire internationale (API). Ce GDR regroupe une quinzaine de laboratoires grâce auxquels les sciences humaines françaises peuvent s'enorgueillir d'avoir une présence forte dans l'Arctique.

« Notre groupe se caractérise par son double ancrage dans l'environnement et les sociétés », explique Madeleine Griselin, coordinatrice du groupement et directrice de recherche au laboratoire « Théoriser pour modéliser et aménager » 1. « Il va nous permettre de mettre en commun les connaissances et les savoir-faire de nos différentes disciplines ainsi que de développer des programmes pluridisciplinaires. »

Le GDR est donc composé de deux communautés : d'une part, les géographes physiciens, dont l'essentiel des travaux a lieu dans l'archipel du Spitzberg et en Islande. Parmi leurs projets, citons Hydro-Sensor-Flows2, un programme labellisé API et coordonné par Madeleine Griselin, dont l'objectif est d'étudier dans ses moindres détails l'évolution d'un glacier à proximité de la base polaire française Jean Corbel sur une période de quatre ans. Citons aussi deux programmes en Islande : le premier, Geomorphis, étudie l'impact du réchauffement climatique et du volcanisme sur le réseau hydrographique de certaines zones recouvertes de glace ; le second s'intéresse aux risques pour les populations liés aux avalanches et aux coulées de boue.

D'autre part, il y a les ethnologues et linguistes, qui s'intéressent aux sociétés inuits et amérindiennes au Nord de l'Amérique et aux Lapons en Scandinavie. L'un de leurs thèmes fédérateurs est la « résilience » de ces sociétés traditionnelles, c'est-à-dire leur capacité à maintenir vivante leur langue et leur culture tout en s'intégrant à la société moderne. Un exemple intéressant de cette transformation est l'adoption par les Inuits de nouvelles technologies comme Internet, qui permet de rapprocher des communautés très dispersées.

 

Sebastián Escalón

Notes :

1. Laboratoire CNRS / Université Dijon / Université Besançon.
2. Lire Le journal du CNRS, n° 205-206, février-mars 2007.

Contact

Madeleine Griselin
Laboratoire « Théoriser pour modéliser et aménager », Besançon
madeleine.griselin@univ-fcomte.fr


Haut de page

Retour à l'accueilContactcreditsCom'Pratique