
Jeunes
© S. Ruspini Le groupe d'enfants et d'adolescents avec toute l'équipe d'encadrement, sur le Vieux Port de Marseille, avant la visite du fort Saint-Jean.
Cette année, ils étaient une vingtaine d'adolescents, accompagnés d'autant de personnels hospitaliers et d'enseignants, à visiter la région d'Aix-Marseille du 23 au 26 mai. Au programme de ce voyage « Les chercheurs font rêver les enfants » : mer et soleil en ces douces températures du mois de mai, mais surtout beaucoup de science et de visites de laboratoires, avec rien de moins que le centre de Météo France d'Aix, le Laboratoire de biologie du développement de Marseille-Luminy, les calanques de Cassis, le fort Saint-Jean et la station marine d'Endoume. En un mot, le menu, concocté spécialement pour les adolescents malades par le CNRS et l'hôpital Robert Debré, fut des plus variés.
Lancée en 2002, l'initiative conjointe à l'organisme et à l'hôpital, qui propose à de jeunes enfants et adolescents malades de visiter des laboratoires aux quatre coins de la France à la rencontre de scientifiques, en est à sa 7e édition après des voyages effectués les années précédentes en Bretagne, en Languedoc ou encore sur la Côte d'Azur. Pour les enfants, c'est non seulement une chance de découvrir le monde de la recherche mais également de mettre de côté la maladie pendant quelques jours et de créer des liens avec d'autres enfants confrontés aux mêmes épreuves. Pour les soignants, c'est une opportunité de mieux connaître leurs jeunes malades.
À Marseille, des complicités naissent ainsi : les grands, Antoine et Damien, de dix-sept et vingt ans, aident les plus petits, vérifient le contenu de leurs sacs et les accompagnent quand la fatigue commence à se faire sentir. Le contact se noue aussi avec le chercheur Marc Piovant, qu'ils rencontrent à l'Institut de biologie du développement de Marseille-Luminy le jeudi matin. Et ce dernier de leur expliquer qu'ici, « le but des chercheurs est d'acquérir une meilleure connaissance des organismes simples comme la drosophile, pour ensuite pouvoir s'atteler à la compréhension des maladies chez l'homme ». Des propos de science qui sont loin de laisser les adolescents de marbre. « Comment “réparer” la maladie des mouches ? Comment fait-on pour soigner une mutation ? », questionnent-ils à foison, en espérant obtenir toutes les réponses au quiz conçu pour l'occasion. Très intéressée par les travaux des chercheurs, mais plus dubitative quant au modèle de la drosophile, Amelle avoue qu'elle aimerait bien faire de la recherche, mais plutôt sur des rongeurs.
Après cette matinée au laboratoire, direction le port de Cassis pour une petite virée géologique en bateau dans les calanques. Celle-ci fera l'unanimité chez les jeunes. Et pour cause, le soleil est au rendez-vous et le paysage force l'admiration. À bord, l'ambiance est détendue. « Les rencontres sur les sites que l'on visite sont vraiment très enrichissantes pour tout le monde, moi le premier. Cela me donnerait bien envie de retourner à l'école pour pouvoir faire de telles recherches », plaisante Francisco Batista, organisateur de l'hôpital Robert Debré, alors que le bateau rentre au port. Le lendemain, vendredi, le drone du Laboratoire « Modèles et simulations pour l'architecture, l'urbanisme et le paysage » (MAP) s'envole au-dessus du fort Saint-Jean à Marseille pour quelques minutes, le temps d'une démonstration en petit comité, pour les adolescents. Les garçons se montrent les plus admiratifs devant ce bijou technologique. Un peu plus tard dans la matinée, les jeunes visitent le musée des Civilisations d'Europe et de la Méditerranée, puis l'après-midi, c'est la station marine d'Endoume, à la découverte de la faune et de la flore méditerranéennes. Et le samedi matin : atelier cartes postales, préparation des bagages, interviews, dernières photos et départ pour Paris.
Bilan du voyage : des sourires, des amitiés et l'envie de revenir… Laissons la plume à Yasmine, qui écrit un message d'encouragement aux chercheurs sur un coin de tableau à la sortie du laboratoire de biologie : « Merci pour cette visite, continuez votre travail exceptionnel ! On reviendra à Marseille. »
Sonia Ruspini
Jean-Louis Buscaylet
Dircom, CNRS Paris,
jean-louis.buscaylet@cnrs-dir.fr