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Biologie cellulaire

Le placenta, berceau des cellules souches sanguines

C'est confirmé : le placenta joue un rôle-clé dans la mise en place du système sanguin. Plus précisément, des chercheurs viennent de montrer1 qu'il était chez la souris l'un des lieux de production des célèbres cellules souches sanguines, dites hématopoïétiques, qui constituent une réserve destinée à assurer à vie la formation de tous les éléments du sang. Un résultat dû à Françoise Dieterlen-Lièvre, directrice de recherche émérite au laboratoire « Développement, évolution et plasticité du système nerveux » (DEPSN) du CNRS et à des chercheurs de son équipe, véritables explorateurs du système sanguin. On leur devait la mise en évidence en 2005, avec des chercheurs de Harvard, de cellules souches hématopoïétiques (CSH) dans le placenta d'un fœtus de souris2. Il restait encore à déterminer l'origine exacte de ces cellules. C'est chose faite.

En effet, explique la chercheuse, « au cours du développement des vertébrés, une succession d'organes assure la formation du sang jusqu'à ce que, chez l'adulte, la moelle osseuse prenne le relais. Mais aucun de ces organes ne produit ses propres CSH, qui y sont amenées par la circulation sanguine ». Pour clarifier le cas du placenta, il fallait donc l'étudier avant qu'il ne soit irrigué par la circulation. Or, chez la souris, la vascularisation se met en place à environ 8,5 jours de gestation. Françoise Dieterlen-Lièvre, Josselyne Salaün et Catherine Corbel3 ont donc isolé avant ce stade une structure embryonnaire à l'origine du placenta, l'allantoïde. Et ils y ont détecté une molécule caractéristique des « progéniteurs » hématopoïétiques, c'est-à-dire des descendants des cellules souches sanguines. À l'appui de cet indice, elles ont prouvé, grâce à une technique originale de culture in vitro, que l'allantoïde était bien capable de produire des colonies hématopoïétiques.

Ces résultats confirment le rôle important du placenta dans le développement du système sanguin. S'ils n'ont pas encore été confirmés chez l'embryon humain, on sait déjà que le sang du cordon ombilical à la naissance est très riche en CSH. Ces dernières sont facilement accessibles et déjà utilisées en médecine, notamment parce qu'elles réduisent les soucis de compatibilité rencontrés dans le cas de greffes de moelle osseuse.

 

Isabelle Bauthian

Notes :

1. Developmental Biology, vol. 301, n° 2, 15 janvier 2007, pp. 478-488.
2. Voir Le journal du CNRS, n° 184, mai 2005.
3. Alors à l'Institut Cochin et depuis à l'unité « Épigenèse et développement des mammifères » (CNRS / Institut Curie).

Contact

> Catherine Corbel
Laboratoire « Dynamique nucléaire et plasticité du génome », Paris
catherine.corbel@curie.fr
> Françoise Dieterlen-Lièvre
francoise.dieterlen@club-internet.fr


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