
L'événement
Records pour des publications CNRS
90 : c'est à l'heure actuelle le nombre record de citations pour un article de chimie publié en 20051. Et celui-ci est l'œuvre… de chercheurs français, les chimistes de l'Institut Lavoisier2. Mais de quoi parlait donc cet article publié dans Science ? De la mise au point d'un nouveau matériau nanoporeux, le téréphtalate de chrome (à gauche), premier solide cristallisé à pores « géants ». On comprend aisément son succès : la largeur de ses cavités permet aussi bien d'y introduire des médicaments que d'y stocker des gaz, comme l'hydrogène ou le dioxyde de carbone. Autant dire que ce nanomatériau n'a pas fini de faire parler de lui… Un second article français est à l'honneur, en génomique de l'évolution. De tous les articles publiés dans ce domaine en 2004, c'est ce papier de Jean-Michel Claverie, du laboratoire « Information génomique et structurale » (IGS)3 et de Didier Raoult de l'Unité des Rickettsies (CNRS/Université de la Méditerranée), qui a été le plus cité au monde4. Dans cet article publié dans Science, il décrypte la séquence génomique du mimivirus (à droite), un virus à ADN qui constituerait à lui seul une nouvelle branche dans l'arbre du vivant ! Car il présente aussi bien des caractéristiques des virus que des organismes cellulaires.
1. D'après la revue Science Watch.
2. Institut CNRS / Université Versailles
3. Laboratoire CNRS / Université de la Méditerranée.
4. Selon Essential Science Indicators.
La ministre a nommé son équipe
On connaît désormais la composition du cabinet de Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Celui-ci est dirigé par Philippe Gillet, qui présidait l'Agence nationale de la recherche (ANR) depuis janvier 2007.
Voir la composition complète du cabinet sur :
18 %
C'est la proportion actuelle de femmes parmi les directeurs de recherche et professeurs, d'après l'Observatoire de l'emploi scientifique1. Ce chiffre est le point d'orgue d'un déséquilibre qui s'amplifie au fur et à mesure de la formation et au cours de la carrière : en effet, les jeunes femmes représentent 58 % des entrants à l'université, puis 41 % des docteurs diplômés, et 36 % des effectifs de chargés de recherche et de maîtres de conférence.
> Voir : lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/074000360/0000.pdf
1. L'état des lieux de l'emploi scientifique en France, février 2007.
Heureux médaillés...
Le CNRS a dévoilé les noms des lauréats 2007 des médailles d'argent et de bronze. Comme chaque année, les premières viennent distinguer des chercheurs déjà reconnus sur le plan national et international pour l'originalité, la qualité et l'importance de leurs travaux, tandis qu'une médaille de bronze récompense le premier travail d'un chercheur, qui fait de lui un spécialiste de talent dans son domaine. La liste complète des médaillés est en ligne sur le site du CNRS.
> www.cnrs.fr/fr/presentation/prix/prix.htm
Le succès scientifique
Attention au flash !
Voilà une explosion qui n'a pas fini de faire du bruit : observée à l'automne dernier par des astrophysiciens européens1, japonais et chinois, l'explosion de l'étoile SN2006jc s'est avérée particulièrement instructive. Première surprise : ce cataclysme a été précédé deux ans auparavant d'un bref flash lumineux, détecté par un astronome amateur japonais. Ce type de flash pourrait donc constituer un signe avant-coureur d'une explosion d'étoile, un événement dont on ne connaît à l'heure actuelle que peu d'indices annonciateurs. Seconde nouveauté : c'est la première fois que l'on observe l'explosion finale d'un astre de ce type. Qu'avait-il de si particulier ? Lorsque cette étoile massive (de 15 à 25 fois la masse du Soleil) s'est désintégrée, nos chercheurs n'ont détecté aucune trace d'hydrogène ni d'hélium, deux éléments que l'on trouve habituellement lorsque ce type d'étoile explose. Celle-ci était donc sans doute constituée uniquement de carbone et d'oxygène, ayant perdu son atmosphère d'hydrogène et d'hélium au cours de sa vie2. Ces résultats ont été publiés en juin dans la revue Science.
1. Pour la France, l'Institut d'astrophysique de Paris (CNRS / Université Pierre et Marie Curie), l'observatoire de Haute-Provence (CNRS) et le Service d'astrophysique du CEA/Dapnia.
2. De telles étoiles massives sont appelées étoiles de Wolf-Rayet.
Plus d'infos : www2.cnrs.fr/presse/communique/1121.htm