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Prospective Insu

L'environnement prioritaire

Début mars, trois cents spécialistes se sont réunis à Strasbourg pour définir les nouvelles priorités de la recherche en environnement sur les continents et sur leurs interactions avec l'océan et l'atmosphère.

Étudier l'environnement au niveau de la terre – les surfaces continentales – ainsi que les interactions aux interfaces continentales, c'est-à-dire entre terre et mer, terre et basse atmosphère, et terre et nappes aquifères profondes, telle est l'ambitieuse vocation de la division « Surfaces et interfaces continentales » de l'Institut national des sciences de l'Univers (Insu). Ce dernier pilote d'ailleurs la plupart des programmes interdisciplinaires entre le CNRS et d'autres organismes de recherche. Organisé cette année avec le département « Environnement et développement durable » (EDD), le colloque de prospective de Strasbourg a rassemblé début mars quelque 300 participants1, dont de nombreux jeunes chercheurs du CNRS. Il a associé écologues (écotoxicologie, biodiversité, écologie fonctionnelle, génomique environnementale…), hydrologues, météorologues, océanographes côtiers, géophysiciens, géochimistes et biogéochimistes de l'environnement.

Dix ateliers préparatoires lancés en septembre 2006, associant chacun plusieurs dizaines de chercheurs, suivis de forums électroniques, ont couvert les principales problématiques environnementales concernées. Au final, les synthèses présentées lors de ce colloque 2 ont permis de dégager les priorités scientifiques pour les prochaines années. 

L'une d'elles est la suite du programme « Écosphère continentale et côtière » (Ecco), programme national et interdisciplinaire du CNRS. Il comprendra deux grandes actions thématiques : « Environnement côtier » (Pnec) et « Cycles hydro-biogéochimiques, transferts et impacts écotoxicologiques » (Cytrix). « Nous soutiendrons en priorité les recherches prenant en compte les perturbations qui s'appliquent aux systèmes étudiés, comme les actions exercées par le climat ou par l'homme : par exemple, les effets d'une pollution régionale ou d'un changement d'utilisation des terres, et ceci à des échelles pertinentes, tout particulièrement à l'échelle régionale », annonce André Mariotti, directeur adjoint de l'Insu et directeur scientifique adjoint du département « Environnement et développement durable » (EDD), qui a mené cette prospective. Et de préciser : « Grâce à cette approche, nous verrons émerger des projets vraiment interdisciplinaires assurant les liens entre défis sociétaux, environnementaux et économiques. Ils assureront le développement de la recherche amont qui permettra d'élaborer une politique efficace de développement durable. » Le colloque a également contribué à préparer de futurs grands projets de recherche coordonnés par l'Insu, par exemple autour du Bassin méditerranéen, à l'instar du programme « Analyses multidisciplinaires de la mousson africaine » (Amma)3, consacré à l'étude des changements climatiques en Afrique de l'Ouest.

Un autre fait marquant de ce grand rendez-vous a consisté à impliquer de façon très volontariste la communauté des sciences humaines et sociales (SHS), et cela sur des thèmes comme les milieux urbanisés ou les interactions entre le changement global et le fonctionnement des systèmes écologiques et sociaux. Ainsi, Robert Chenorkian, directeur scientifique adjoint des départements SHS et EDD du CNRS, a proposé la création d'observatoires interdisciplinaires « Homme et milieu » pour l'évaluation et le suivi conjoint à long terme de l'impact sur l'environnement et la société de faits économiques majeurs tels que la fermeture d'un site industriel. Autre projet, soumis par Patrick Landais, directeur scientifique de l'Andra : la création d'un observatoire pérenne de l'environnement de surface sur le site de stockage souterrain des déchets nucléaires haute activité à vie longue de Meuse/Haute-Marne.

À l'issue du colloque, des orientations précises sur ces programmes prioritaires ont été proposées à l'Insu sous la responsabilité de Michel Vauclin, chargé de mission. Mais, bien au-delà des nouveaux programmes de recherche structurants, conclut André Mariotti, « il s'agira aussi pour l'avenir de nos disciplines d'identifier les besoins de recrutement, les moyens d'accompagnement des programmes (observatoires au sol, centres de compétences pour l'observation spatiale de la Terre, plates-formes expérimentales, analytiques, de modélisation…) et les moyens nécessaires en recherche et développement pour l'élaboration de capteurs environnementaux ».

 

Bruno de la Perrière

 

Notes :

1. De l'Ademe, Andra, BRGM, CEA, Cemagref, Cnes, Ifremer, Inra, IRD, IRSN, Météo France et en présence de représentants du ministère de la Recherche (DGRI) et de l'ANR.
2. L'ensemble des contributions figure sur le site de l'Insu – www.insu.cnrs.fr/web/article/art.php?art=2051
3. www.amma-international.org

Contact

André Mariotti, andre.mariotti@cnrs-dir.fr
Michel Vauclin, michel.vauclin@hmg.inpg.fr


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