
Archives
Une convention entre le mémorial de Caen, l'université de Caen et le CNRS renforce les liens entre le premier musée de province et la communauté scientifique.
Avec pas loin de 400 000 visiteurs par an, le mémorial de Caen, inauguré en 1988, est aujourd'hui l'un des musées les plus visités de France. Doté d'un important fonds d'archives sur la Seconde Guerre mondiale, il constitue aussi une source importante de documentation pour les scientifiques mais avant tout un véritable outil pédagogique. Afin de renforcer les liens entre le musée et la communauté scientifique, une convention réunissant le mémorial, l'université de Caen et le CNRS a été signée le 19 juin dernier. Elle porte principalement sur le financement de bourses, l'organisation de colloques et la mise en place de programmes en commun, notamment avec le Centre de recherche d'histoire quantitative et la Maison de la recherche en sciences humaines de Caen-Basse Normandie. « Cette convention marque un retour aux fondamentaux qui ont fait le succès du mémorial, estime Denis Peschanski, directeur scientifique adjoint du département des Sciences humaines et sociales du CNRS et membre du conseil scientifique du mémorial. Alors que les historiens avaient été très tôt impliqués dans la création du mémorial, ils avaient été de moins en moins sollicités au fil des ans. Cette convention représente un tournant important dans la vie du musée. »
Ce renouveau passe également par la mise en place d'un conseil scientifique. Réunie pour la première fois le 4 décembre dernier autour de la députée maire de Caen, Brigitte le Brethon, du directeur du mémorial, Stéphane Grimaldi, et du délégué régional du CNRS pour la Normandie, Richard Varin, sa vingtaine de membres – historiens, responsables de musées et d'archives… – a pour objectif de définir une nouvelle programmation et d'actualiser les différents espaces du musée, consacrés à la Seconde Guerre mondiale, à la guerre froide et à la paix. « Il existe peu de musées de cette dimension dans le monde, observe Denis Peschanski. Il ne s'agit pas de donner une lecture française de la guerre mais de participer à une analyse globale de cet événement majeur dans l'histoire du monde. » Le mémorial est en effet situé dans une région que de nombreux touristes étrangers viennent visiter. « Ce partenariat pluriannuel s'engage sur des bases extrêmement saines, conclut Denis Peschanski. Il s'agit d'une collaboration exemplaire car tous les participants partagent la même conviction que nous devons travailler ensemble pour poursuivre le développement du mémorial de Caen. »
Fabrice Demarthon
>> Pour en savoir plus
Denis Peschanski
Membre du conseil scientifique du mémorial de Caen
peschan@univ-paris1.fr