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Matériaux

Des implants crâniens en céramique

 

crane

© CTTC

Pièce unique d'implant crânien, fabriquée grâce à un procédé de plasturgie réadapté à la céramique : la stéréolithographie.


 

Déjà cinq patients ont retrouvé faciès et sourire grâce à cette première mondiale. Au CHU de Limoges, où vient de se terminer la phase de test clinique, des chirurgiens opèrent désormais avec de nouveaux implants crâniens en céramique poreuse, de composition proche de l'os. Alternative aux greffes osseuses, cette technique innovante de reconstruction faciale (mâchoire, crâne et face sont concernés) est devenue réalité grâce aux travaux amont de Thierry Chartier, directeur de recherche au laboratoire « Science des procédés céramiques et de traitements de surface » (SPCTS)1 de Limoges.

Celui-ci a adapté à la fabrication de pièces céramiques aux formes complexes une méthode bien connue dans l'industrie, la stéréolithographie. Dans cette technique, des automates reproduisent avec une très haute définition des formes tridimensionnelles à partir de fichiers de CAO (conception assistée par ordinateur). Le défi consistait à réaliser des pièces uniques sans utiliser de moule, trop cher pour un modèle propre à chaque cas. En se basant sur un procédé de plasturgie2, Thierry Chartier réalise alors quelques échantillons centimétriques, par couches de vingt à cent micromètres d'épaisseur. Pour cela, il durcit grâce à un laser un mélange de poudre céramique et de résine, puis le place à haute température.

Ces travaux3 intéressent Christophe Chaput, directeur du Centre de transfert de technologies céramiques (CTTC) de Limoges. La technique est alors exploitée avec des biocéramiques en phosphate de calcium, qui ont l'avantage d'être bien acceptées par l'organisme. Et après trois années d'études, dans le cadre d'un contrat européen, ils obtiennent les agréments pour tester des implants sur l'homme. À présent, une pièce stérile de plusieurs centimètres est fabriquée en seulement trois jours après que le scanner a été réalisé sur le patient ! Une bourse Cifre4 permet d'affiner encore ce savoir-faire.

Autre exploitation de cette technique, étrangère cette fois au domaine médical : depuis un an, Thierry Chartier collabore avec les laboratoires XLIM5, de Limoges, et Jacques-Louis Lions, de Paris6, pour réaliser, avec une précision de dix micromètres, des dispositifs hyperfréquences (fonctionnant à très haute fréquence) notamment pour la téléphonie ou les satellites.

 

Aude Olivier

 

Notes :

1. Laboratoire CNRS / ENSCI / Université de Limoges.
2. L'ensemble des techniques utilisées dans l'industrie des plastiques.
3. Publiés dans J. Eur. Ceram. Soc., n° 18, 1998, pp. 583-590. Ceram. For. Int., vol. 5, n° 83, 2006, pp. 102-108.
4. Convention industrielle de formation par la recherche CTTC / SPCTS.
5. Laboratoire CNRS / Université Limoges.
6. Laboratoire CNRS / Université Paris-VI.

Contact

Thierry Chartier
Laboratoire « Science des procédés céramiques et de traitements de surface », Limoges
t_chartier@ensci.fr


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