Moteur de recherche

 

Retour au sommaire

Pianoteq

Le haut de gamme du piano numérique

De la pièce de musée à l'appareil le plus récent, vous allez bientôt pouvoir jouer de tous les pianos du monde. Seules conditions : brancher un clavier à votre ordinateur, télécharger et installer Pianoteq, le logiciel révolutionnaire et incroyablement léger conçu par Philippe Guillaume, chercheur du laboratoire « Mathématiques pour l'industrie et la physique » (MIP)1 de Toulouse. À mille lieues des habituels instruments numériques et de leur collection de sons préenregistrés, ce tout premier piano virtuel ne délivre plus des notes stockées dans des bases de données mais les « reconstruit » au fur et à mesure ! Une première mondiale, pour laquelle un brevet a été déposé, et qui pourrait bien peupler les pianos numériques de demain. En décembre 2006, elle a déjà valu à Philippe Guillaume et Julien Pommier, docteur ingénieur au laboratoire MIP, tous deux membres fondateurs de la société Modartt, le grand prix Michel Benech, « palme d'or » du 26e concours Innovation Midi-Pyrénées.

Philippe Guillaume disposait d'un atout de maître, une première vie avant la mathématique : il a été accordeur pendant quatorze ans pour l'orchestre du Capitole de Toulouse. Pour restituer une note, la difficulté, pour un mathématicien, est de trouver « un modèle » qui traduirait la foule des phénomènes physiques mis en jeu, en prenant en compte tous les paramètres concernés : plan de cordage, réponse de la table d'harmonie et de la caisse, propriétés du marteau et des étouffoirs, résonance de l'ensemble des cordes… Et, pour un ordinateur, de trouver en temps réel la réponse aux sollicitations du musicien. Comptez, pour une seule note, plusieurs jours de calcul… Pianoteq, lui, « réduit le modèle », c'est-à-dire qu'il se concentre sur des éléments significatifs : ensemble comprenant table d'harmonie, cordes, sillet et chevalet, et leur interaction avec l'air. « Tout est fait pour que la perte d'information ne concerne que des composantes inaudibles du son. »

Pour parvenir à ses fins, l'accordeur a donc enfilé ses habits de mathématicien et a développé des méthodes de calcul. Résultat : à partir d'une ou deux notes enregistrées par octave, un ordinateur de type PC est capable de calculer instantanément le reste de la gamme. Le piano virtuel, incroyablement léger, « pèse » 8 mégaoctets, contre parfois plusieurs dizaines de gigaoctets pour la bibliothèque d'un logiciel de piano de dernière génération, soit… 10 000 fois moins ! Et depuis août 2006, il est téléchargeable en ligne2. En attendant, espérons-le, d'équiper les pianos numériques de la prochaine génération. Une très bonne nouvelle pour les musiciens, mais aussi pour les musées. Car l'on pourra désormais entendre la palette exhaustive d'un instrument historique à partir de quelques notes enregistrées, sans prendre le risque d'une restauration ou d'une utilisation dommageable à la longue.

 

Gaël Hautemulle

Notes :

1. Laboratoire CNRS / Universités Toulouse-I et III / Insa Toulouse.
2. www.pianoteq.com

Contact

Laboratoire « Mathématiques pour l'industrie et la physique », Toulouse
> Philippe Guillaume
guillaum@mip.ups-tlse.fr


Haut de page

Retour à l'accueilContactcreditsCom'Pratique