
FEMMES ET SCIENCE
Signature de l'accord cadre sur la parité par Nicole Ameline, Claudie Haigneré et Geneviève Berger, le 6 mars dernier.
© N. Tiget / CNRS
"Au XXe siècle, l'égalité professionnelle entre hommes et femmes est signe de démocratie. Plus il y a de mixité, plus une société s'équilibre. » C'est avec ces mots que Geneviève Berger, directrice générale du CNRS a introduit la signature au siège de l'organisme, le 6 mars, de l'accord-cadre sur la parité avec Nicole Ameline, ministre déléguée à la Parité et à l'Égalité professionnelle, et Claudie Haigneré, ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles Technologies. Cet accord dont le but est d'amplifier le nombre et le rôle des femmes dans la recherche, prévoit d'instaurer un comité de coordination1, chargé chaque année de faire des propositions concrètes en matière de parité et d'en dresser un bilan. Bien que nous ne soyons plus au temps où Louis Pasteur demandait d'interdire aux dames l'accès aux amphithéâtres de science, il reste encore du chemin à parcourir.
En effet, « on ne retrouve les jeunes filles que dans 6 filières professionnelles sur les 31 qui existent »2 déplorait Nicole Ameline pour qui « les images stéréotypées limitent le choix des carrières ». Cette disparité se retrouve notamment dans les sciences où les jeunes femmes - plus nombreuses en France que les jeunes hommes à être admises au baccalauréat - sont deux fois moins représentées parmi les chercheurs au CNRS. Cette désaffection des carrières scientifiques au sein de la société féminine a été fortement soulignée par Geneviève Berger qui a rappelé la nécessité « d'améliorer l'image de la science chez les femmes et l'image des femmes dans la science ». Pour elle, qui est médecin et biophysicienne et qui dirige le plus important organisme de recherche français - deuxième femme seulement à avoir occupé cette fonction -, la question de l'accès des femmes à des postes d'excellence est d'importance.
Ses préoccupations ont d'ailleurs très tôt animé le CNRS. En 2001, un comité de pilotage « disciplines, métiers, carrières et genre » a été créé, appuyé par la mission pour la place des femmes au CNRS*. « À travers des enquêtes statistiques, des formations de nos laboratoires aux questions de parité, nous cherchons à comprendre quels sont les verrous technologiques, administratifs, culturels qui empêchent les femmes d'accéder à un travail à responsabilité », a ajouté la directrice générale.
Claudie Haigneré, de son côté, est aussi convaincue de la richesse du potentiel féminin. Pour la ministre, « les femmes portent en elles l'esprit d'entreprendre ». Et elle souhaite favoriser leur présence comme entrepreneurs dans le secteur privé.
À la fois mère et ministre, l'ex-spationaute française a néanmoins insisté sur son intention de « donner aux femmes le désir de " découvrir ", sans que celles-ci renoncent pour autant à leur épanouissement et à leur vie de famille. »
Stéphanie Bia Pour en savoir plus :
La politique de Nicole Ameline
http://www.social.gouv.fr/femmes/actu/discours/33_020724na.htm
La politique de Claudie Haigneré
http://www.recherche.gouv.fr/parite/default.htm
*La mission sur la place des femmes au CNRS
http://www.cnrs.fr/mpdf/
1 Ce comité commun sera animé par trois représentants : un pour chaque ministère délégué et un pour le CNRS. Privilégiant la déconcentration, ces représentants animeront leur réseau de correspondants régionaux pour la mise en œuvre d'actions communes sur la parité.
2 Voir Journal du CNRS mars 2003
Geneviève Hatet-Najar
genevieve.hatet-najar@cnrs-dir.fr