
Climat
© Photos : C. Delhaye/CNRS Photothèque L'art du cerf-volant ! Celui-ci mesure la température, le vent et les quantités de CO2 entre 100 et 200 mètres d'altitude.
La quantité de données collectées au cours de cette campagne est phénoménale, se réjouit Jean-Luc Redelsperger, responsable de la coordination des 45 laboratoires et organismes français sur les 60 impliqués dans le programme de recherche Amma. Elle devrait permettre à la communauté climatologique de travailler plus d'une décennie. » Une moisson tout simplement proportionnelle aux enjeux. © Photos : C. Delhaye/CNRS Photothèque Une partie des outils déployés en 2006 sert aussi à visualiser, au cœur de la ligne de grains, vitesse et orientation des vents, taille, forme et localisation des gouttes (eau ou glace), aérosols…
© Photos : C. Delhaye/CNRS Photothèque De tous les radars d'Amma, Ronsard, installé pour quatre mois à Djougou au Bénin, voit le plus loin : à 200 km à la ronde, il détecte toutes les particules d'eau sous forme de liquide ou de glace.
© Photos : C. Delhaye/CNRS Photothèque Mesures de l'eau sous toutes ses formes : les hydrologues Burkinabés évaluent, à différentes profondeurs, la capacité d'infiltration dans le sol.
Dans ce dispositif, 2006 a été une année à part ; des mesures complémentaires et des échantillonnages ont été effectués, et des relevés habituellement réalisés sur terre ont été étendus à la mer et aux airs. L'objectif des centaines de chercheurs qui sont venus sur le terrain ? Se concentrer sur un cycle entier de mousson et observer ce qui s'y est déroulé, en direct : la formation des précipitations à partir du gigantesque amas nuageux long de 500 à 1 000 kilomètres (appelé « ligne de grains »), le transport des aérosols, les cycles de l'eau, de l'énergie et de la végétation, les échanges entre la surface et les différentes couches atmosphériques au-dessus de l'océan et du continent.
© Photos : C. Delhaye/CNRS Photothèque Les chercheurs proposent des pratiques agricoles mieux adaptées à la sécheresse. Le mil traditionnel est ici planté derrière des rigoles en demi-lune qui retiennent l'eau.
Mais le défi ne s'arrête pas là pour les scientifiques, qui vont profiter de cette masse de données pour tenter de déterminer les conséquences des activités humaines sur la mousson. Ils souhaitent également établir les liens entre la mousson et différentes épidémies, comme le paludisme ou la méningite bactérienne. Et acquérir aussi une connaissance plus fine des cycles de l'eau à différentes échelles et ce, pour permettre de mieux gérer cette ressource bien trop rare en Afrique et proposer de modifier certaines pratiques agricoles.
Enfin, si la recherche occidentale n'est pas toujours désintéressée, elle sera ici utile à tous. Parce que les lignes de grains les plus violentes qui naissent en Afrique de l'Ouest finissent parfois en ouragans sur les côtes américaines. Parce que ce sont les régions les plus chaudes de la planète. Et parce qu'elles génèrent le plus d'aérosols d'origine minérale.
Magali Sarazin
> À voir : La calebasse et le pluviomètre, film de Marcel Dalaise, CNRS Images, 52 min, 2006
> À consulter
1. Amma est financé par un grand nombre d'agences, en particulier de France, du Royaume-Uni, des États-Unis d'Amérique et d'Afrique, et bénéficie d'une contribution majeure du sixième programme-cadre de recherche et développement de l'Union européenne.
2. La force de Coriolis fait dévier la trajectoire de phénomènes à la surface de la Terre (vents, cyclones), soumis à une force d'inertie perpendiculaire à la direction de leur mouvement.
Coordinateur d'Amma France
> Jean-Luc Redelsperger
redels@meteo.fr