
Polyplus-Transfection
Ne ratez pas votre recherche à cause d'un problème de transfert de gène. Pourquoi ne pas laisser faire un spécialiste ? » Polyplus-Transfection, la société qui séduit ainsi sur Internet ses futurs clients, fabrique et vend des molécules indispensables à la transfection, soit l'introduction d'un gène étranger dans une cellule.
Jean-Paul Behr, directeur de recherche au CNRS1, explique pourquoi il a cofondé il y a cinq ans cette société alsacienne, répondant déjà aux normes ISO 9001 et aux Good Manufacturing Practices2 : « Le laboratoire de chimie génétique, que j'avais créé en 1987, a eu d'importantes collaborations avec des industriels. Il s'agissait d'introduire un gène-médicament dans les cellules d'un patient. Cependant, ces applications thérapeutiques ont été mises provisoirement en veille. Polyplus a été créée indépendamment, par la suite, pour exploiter la masse des connaissances qui avaient été accumulées et qui pouvaient être utiles aux recherches. » Les scientifiques sont donc désormais les premiers visés. Ils ont par exemple recours à la transfection pour connaître la fonction d'un gène, que l'on ignore pour quasiment 85 % des 30 000 gènes du génome humain.
Si les premiers produits commercialisés par Polyplus sont basés sur les découvertes de Jean-Paul Behr et aidés par une licence d'exploitation exclusive accordée par le CNRS, la société, réinjectant chaque année 60 % de son chiffre d'affaires en recherche et développement, dépose rapidement ses propres brevets. Les premiers dérivent d'un polymère connu, la polyéthylènimine (PEI). Cette molécule, chargée positivement, s'associe par interaction électrostatique aux acides nucléiques que l'on veut introduire, de charge négative, les protège et les transporte au cœur de la cellule. Facile à produire et à manipuler, peu coûteuse, elle a aussi l'énorme avantage de ne pas provoquer de réaction immunitaire, contrairement aux vecteurs issus de virus.
Polyplus propose en outre le transport d'ADN in vivo, d'ARN interférents (ARNi) – qui éteignent sélectivement l'expression des gènes – ainsi que le transport de protéines. Une gamme complète de vecteurs de biomolécules qui lui assure 20 % de croissance par an. Désormais, Jean-Paul Behr espère voir revenir ces vecteurs dans la cour des médicaments. En effet, après des premiers résultats encourageants, un essai clinique de phase II pour un traitement du cancer de la vessie utilisant un vecteur de Polyplus est en cours.
Magali Sarazin
> Pour en savoir plus
1. Institut Gilbert Laustriat : biomolécules, biotechnologie, innovation thérapeutique (CNRS /Université Strasbourg-I).
2. Normes américaines de qualité pour l'élaboration de médicaments.
Polyplus-Transfection, Illkirch
> Jean-Paul Behr
behr@bioorga.u-strasbg.fr