
VALORISATION
Le 22 février dernier, Ronan Stéphan s'adresse aux nombreux investisseurs présents au CNRS.
© N. Tiget / CNRS
"Un investissement dans le savoir paie toujours les meilleurs intérêts ". Cette maxime du savant Benjamin Franklin, reprise par Geneviève Berger, directrice du CNRS en cette matinée du 22 février, est une invite à l'attention des professionnels du capital-risque à se rapprocher de l'organisme de recherche, qui tient à s'ancrer plus fortement dans la vie économique. Une matinée importante car le Club CNRS des investisseurs a été lancé lors de cette rencontre. Et avec quel succès ! Plus de 80 professionnels de l'investissement se sont déplacés et la Délégation aux entreprises (DAE) a déjà enregistré une centaine de demandes d'adhésion. « Voulu souple et informel, ce club a pour vocation de mettre en relation les investisseurs individuels (business angels) et les sociétés de capital-investissement intéressés par des porteurs de projets d'entreprises issus du CNRS et de faciliter leurs échanges », ont expliqué Geneviève Berger et Ronan Stephan, directeur de la DAE. Ils ont précisé les trois missions du Club : l'accès à l'expertise technologique qui apporte une caution scientifique et technique sur les initiatives soutenues par les investisseurs ; le suivi du développement des entreprises qui utilisent des technologies issues du CNRS ; l'accompagnement des projets pour veiller à un juste retour vers les laboratoires qui sont à l'origine des résultats.
En retour, les investisseurs ont confirmé leur intérêt pour les jeunes entreprises de haute technologie. Pourquoi sont-ils venus si nombreux ? « Parce que l'on ressent que le CNRS tient à mettre en avant le potentiel commercial de certains résultats de recherche », note l'un d'eux enthousiaste. « Et parce qu'il faut briser le cloisonnement entre les acteurs du monde économique et ceux du monde de la recherche », renchérit un autre. Mais, ils sont également présents parce qu'ils ont des attentes et qu'ils tiennent à le faire savoir. Car si les investisseurs peuvent financer des projets, ils souhaitent en retour que le CNRS apporte une caution de viabilité aux projets expertisés correspondant à leurs champs et critères d'investissement. Si toutes les disciplines de recherche sont concernées, ce sont les biotechnologies, les technologies de l'infor-mation de la communication et la chimie moléculaire qui reviennent le plus souvent au cœur des discussions. Des messages clairs lancés à la direction, qui traduisent également leurs attentes en termes de délais et de retours sur investissement.
Ces premiers participants souhaitent également mieux connaître les efforts entrepris par l'organisme dans le domaine de la valorisation depuis la loi sur l'innovation de 1999. Il s'agira donc pour le CNRS, lors des prochaines réunions, de mieux faire connaître les actions et les missions de la DAE, comme celles de sa filiale France innovation scientifique et Transfert1, ainsi que les résultats obtenus dans le transfert de technologies2 : 120 start-up créées en quatre ans et 230 brevets prioritaires passés avec des entreprises en 2002, par exemple.
Fabrice Impériali
1. France innovation scientifique et transfert (FIST) est une société de transfert et de commercialisation des technologies innovantes. FIST possède une expérience en gestion de portefeuilles de brevets, en analyse du potentiel de valorisation des inventions, en négociation de licence et en accompagnement de jeunes sociétés.
Site : www.fist.fr
2. Les chiffres 2002 :
• Plus de 120 entreprises créées depuis 1999, plus de 600 emplois, 61 projets d'entreprises accompagnés par FIST.
• 56 millions d'euros de contrats industriels passés avec les entreprises.
• 42 millions d'euros de redevances produits par les licences d'exploitation.
• 230 demandes de brevets prioritaires déposées par le CNRS.
• 535 licences d'exploitation en cours.
• Plus de 40 % des licences signées avec des nouvelles entreprises.
Chantal Vernis
01 69 82 42 78