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Espace presseLe journal du CNRS

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Livres

Retrouvez les publications de CNRS Éditions sur le site : www.cnrseditions.fr

 

 

livre humboldtAlexandre de Humboldt

Le dernier savant universel

Mireille Gayet, préface de Philippe Taquet, éd. Vuibert, coll. « Inflexions », octobre 2006, 416 p. – 35 euros 

Le Berlinois Alexandre de Humboldt (1769-1859) est généralement connu comme l'explorateur qui, embarqué en 1799 pour une expédition scientifique en Amérique du Sud, a traversé les forêts tropicales, remonté les fleuves, gravi les cordillères et les volcans andins ou expérimenté sur lui-même les effets d'une anguille électrique… On sait moins combien les dessins, notes, herbiers et comptes rendus d'expériences ont constitué le socle d'une carrière scientifique immense et qu'il fut ainsi le fondateur de l'écologie, de la climatologie et de l'océanographie comme de l'ethnologie et de l'archéologie américanistes. On pourrait ajouter aussi la vulcanologie, la physiologie, etc. Cela s'appelle un savant universel. C'était le dernier. Une remarquable synthèse.

 

 

Le naufrage de l'arche de Noé

Christophe Guitton et Claude Combes, éd. Belin, coll. « Regards », octobre 2006, 128 p. – 16 euros

Il était une fois un homme, Noé, héraut avant l'heure de la cause de la biodiversité, qui voulait sauver les animaux… Un vétérinaire et un biologiste revisitent ici une arche et un rêve qui prennent l'eau de toutes parts, rappelant que si la disparition des espèces est un phénomène naturel, vieux comme la vie, en revanche l'action de l'homme, par sa brutalité et son ampleur, est sans précédent. Les progrès des biotechnologies pourraient-ils permettre un jour à l'homme de réparer les dégâts qu'il cause ? Une hypothèse qui, si elle est encore envisageable, demande aux Noés du xxie siècle d'agir en urgence.

 

 

Le pouvoir des grands

De l'influence de la taille des hommes sur le statut social

Nicolas Herpin, éd. La Découverte, coll. « Repères / Sociologie », n° 469, octobre 2006, 128 p. – 8,50 euros 

Sur un ton alerte, l'auteur, dont la publication d'un article sur le sujet en 2003 avait suscité un raz de marée médiatique, développe ce constat statistique troublant : « Les hommes se suicident d'autant moins qu'ils sont plus grands, leurs rémunérations varient aussi selon la taille (à l'avantage des grands), et les hommes de petite taille vivent moins souvent en couple et ont moins d'enfants » (résultats provenant de pays riches – Suède, Royaume Uni, Australie, États-Unis, France – et de disciplines différentes). Le slogan américain « Hommes de petite taille de tous les pays, communiquez ! » n'a pas encore fait de la « taille des hommes », ce grand thème de la pop culture, un « problème social ».

 

 

Abécédaire de la chimie

Réalisé par le Centre de vulgarisation de la connaissance, CNRS Éditions,

coll. « Les abécédaires de la science », novembre 2006, 56 p. – 15 euros

Évoquer l'essentiel des grandes notions abordées par la chimie en 26 mots, de A à Z, c'est le défi relevé par cet ouvrage très coloré, au langage clair, accessible à tous. De quinine à réaction, de carbone à oxydation, d'adrénaline à nanotechnologies, chaque mot est prétexte à une découverte, de manière ludique et néanmoins rigoureuse.

 

 

atmo politique$Les atmosphères de la politique

Dialogue pour un monde commun

Bruno Latour et Pasquale Gagliardi (dir.), éd. Les Empêcheurs de penser en rond, octobre 2006, 350 p. – 18 euros 

Île de San Giorgio. Septembre. À la table d'un réfectoire monacal, devant un public prié de garder le silence et une poignée de carabiniers, douze « personnages » partageant le « sentiment d'une crise aiguë dans le monde » se sont réunis pour trois jours. Ces douze – sociologue, anthropologue, philosophe, poète, arabisant, patriarche… – vont débattre de la difficulté de construire « une vie bonne, pour chacun et pour tous ». Créant les conditions d'un vrai travail en commun à partir des ressources de chacun, l'assemblée teste sur elle-même ce dont elle discute pour le monde : une expérience exigeante pour tenter de vivre ensemble la démocratie menacée par la mondialisation. Trois jours mouvementés, proposés ici comme une pièce de théâtre, avant que le vaporetto ne vienne reprendre ses passagers… À lire.

 

 

 

invasionsInvasions biologiques et extinctions

11 000 ans d'histoire des vertébrés en France

Michel Pascal, Olivier Lorvelec et Jean-Denis Vigne, éd. Belin, octobre 2006, 256 p. – 32 euros

Quand disparaît l'ibis chauve et revient le loup gris… Cet ouvrage est une première synthèse des connaissances disponibles sur l'évolution de la faune des vertébrés de France métropolitaine au cours de l'Holocène, période qui a débuté il y a 11 000 ans et se poursuit actuellement. Désormais de référence, elle dresse l'inventaire des espèces éteintes ou disparues du territoire et de celles qui ont conquis tout ou partie de ce territoire ou menacent de l'envahir. Pour chacune des six grandes catégories définies (espèces autochtones éteintes, disparues, de retour, en expansion, espèces invasives et aux frontières), chaque espèce fait l'objet d'une fiche descriptive illustrée indiquant sa présence sur le territoire français, son histoire au cours de l'Holocène, son impact écologique et socio-économique et son éventuelle gestion actuelle ou passée.

 

 

La société du mépris

Vers une nouvelle théorie critique

Axel Honneth, édition établie par Olivier Voirol, textes traduits

par Olivier Voirol, Pierre Rusch et Alexandra Dupeyrix, éd. La Découverte, coll. « Armillaire », octobre 2006, 349 p. – 25 euros

Le philosophe et sociologue allemand Axel Honneth, successeur de Habermas à la chaire de philosophie de la Goethe-Universität de Francfort, vise dans son œuvre la reformulation d'une théorie critique de la société à partir de la notion de reconnaissance. À la suite de ses prédécesseurs de l'École de Francfort, son approche articule psychanalyse, philosophie et sciences sociales pour traiter préjudices et atteintes à la réalisation de soi affectant les individus dans le capitalisme contemporain – société du « mépris » où la « reconnaissance » est un mode de relation mis à mal parce qu'instrumentalisé ou fonctionnant comme une « idéologie ». Un recueil de textes récents signant une approche ambitieuse des « paradoxes » qui contribuent à l'accroissement du « mépris » et « qu'il appartient de critiquer de manière fondée à partir d'une éthique de la reconnaissance ». Ouvrage majeur, d'accès difficile.

 

 

méthaneLe méthane et le destin de la Terre

Les hydrates de méthane : rêve ou cauchemar ?

Gérard Lambert, Jérôme Chappelaz, Jean-Paul Foucher et Gilles Ramstein, éd. EDP Sciences, octobre 2006, 168 p. – 24 euros

Sur le plan des ressources énergétiques, plus de 10 000 milliards de tonnes de méthane sont désormais identifiées autour de l'Arctique, dans les terrains gelés en permanence (permafrost) et les sédiments marins : une ressource fabuleuse. Mais, sur le plan du réchauffement climatique, le méthane alimente les scénarios catastrophe du fait d'un effet de serre qu'il pourrait provoquer, vingt fois plus puissant que celui du CO2. Sans masquer les incertitudes actuelles, cet ouvrage rigoureux synthétise les connaissances dispersées pour tenter de saisir les enjeux considérables des hydrates de méthane, qui ont un rôle majeur dans le destin de notre planète, « pour le meilleur et pour le pire ».

 

 

Les évaporites

Matériaux singuliers, milieux extrêmes

Jean-Marie Rouchy et Marie-Madeleine Blanc-Valleron, éd. Vuibert / Société géologique de France, octobre 2006, 216 p. – 32 euros 

Si les évaporites, dépôts de sédiments géologiques se formant par évaporation dans des milieux dits « extrêmes » (la mer Morte), présentent de nombreux avantages plus ou moins connus depuis longtemps – sel gemme dans l'alimentation, réserves de potasse, gypse pour la fabrication du plâtre… –, d'autres de leurs propriétés sont utilisées aujourd'hui, pour le stockage souterrain d'hydrocarbures ou celui des déchets radioactifs, et dans la couverture de dépôts pétroliers. Ils constituent, en outre, des ressources en produits chimiques exploités par l'industrie (lithium pharmaceutique, borates pour détergents…) et se sont révélés d'excellents marqueurs des changements climatiques. Cette étude fait le point sur ces matériaux instables d'un intérêt économique certain.

 

 

Les eaux continentales

Ghislain de Marsily (dir.), éd. EDP Sciences, coll. « Académie des sciences », octobre 2006, 330 p. – 59 euros 

Ce rapport aborde les problèmes de ressources en eau, de production alimentaire, d'écosystèmes, de qualité de l'eau et de risques d'inondation. Six grands thèmes pour traiter ces questions : bilan besoin-ressources à l'échelle mondiale et alimentation ; gestion des eaux à l'échelle régionale des bassins versants ; l'eau à l'échelle locale des grandes mégapoles ; écosystèmes aquatiques ; eau et santé ; eau et climat. Il conclut par des recommandations, tant sur les actions publiques préventives – à caractère réglementaire ou économique – que sur les actions de recherche ou acquisitions de connaissances nouvelles à programmer.

 

 

Samuel Beckett mis à nu par ses auteurs, même

Essai sur le théâtre de Samuel Beckett

Gérard Piacentini, préface d'Armand Delcampe, éd. Librairie Nizet 37510 Saint-Genouph, deuxième semestre 2006, 158 p. – 18 euros

À Samuel Beckett – « dont l'œuvre est l'iceberg peut-être le plus fascinant du xxe siècle » – est consacré – comme l'année 2006 lui est dédiée – ce court essai au titre duchampien. En 150 pages à peine, à partir de l'analyse d'extraits de trois pièces théâtrales majeures – En attendant Godot, Oh les beaux jours et Fin de partie, l'auteur révèle la part immergée de cet « iceberg » littéraire qui prend en compte la fin d'un monde humaniste, celui qui a commencé avec Descartes et Corneille et va basculer, dans les années quarante-soixante, dans son contraire. Godot signe justement l'agonie de cette « grande » culture occidentale, comme Fin de partie. Oh les beaux jours, quasiment autobiographique, exhibe ce qu'il en reste : le médiocre d'un couple. Les grands « immergés », Flaubert, Balzac, Musset, remontent à la surface de l'œuvre où ils se tenaient cachés selon le jeu de Beckett qui voulut brouiller les pistes. Ce petit livre en main, sans discréditer toute autre étude, l'œuvre devient lumineuse.

 

 

 

Autres parutions

 

Le CNRS et l'Université

André Kaspi (coord.), Revue pour l'histoire du CNRS, n° 15, CNRS Éditions, novembre 2006, 96 p. – 15 euros

 

Fractures dans la société de la connaissance

Didier Oillo et Mvè-Ondo Bonaventure (coord.), Hermès, n° 45, CNRS Éditions, novembre 2006, 240 p. – 25 euros

 

L'incompétence démocratique

La crise de la parole aux sources du malaise (dans la) politique

Philippe Breton, éd. La Découverte, coll. « Cahiers libres », octobre 2006, 244 p. – 18 euros

 

Le monde moderne et la question juive

Edgar Morin, éd. Seuil, coll. « Non conforme », octobre 2006, 263 p. – 12 euros

 

Crises extrêmes

Face aux massacres, aux guerres civiles et aux génocides

Marc Le Pape, Johanna Siméant et Claudine Vidal (dir.), éd. La Découverte, coll.

« Recherches », octobre 2006, 300 p. – 28 euros

 

Le dictionnaire des sciences humaines

Sylvie Mesure et Patrick Savidan (dir.), éd. Puf., coll. « Grands dictionnaires », octobre 2006, 1 344 p. – 99 euros ; coll. « Quadrige-Dicos poche », 1 376 p. – 35 euros

 

Des neutrons pour la science

Histoire de l'Institut Laue-Langevin, une coopération internationale particulièrement réussie

Bernard Jacrot, éd. EDP Sciences, coll. « Sciences et histoire », septembre 2006, 166 p. – 19 euros

 

À la recherche d'une vie terrestre

François Raulin, éd. Le Pommier, coll. « Le collège de la cité », n° 27, octobre 2006, 128 p. – 6,50 euros

 

Introduction aux nanosciences et aux nanotechnologies

Alain Nouailhat, éd. Lavoisier, octobre 2006, 170 p. – 35 euros

 

Plantes transgéniques : faits et enjeux

André Gallais, éd. Quae, coll. « Synthèses », octobre 2006, 304 p. – 34 euros


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