
Programme interdisciplinaire
Quelle succession d'événements a conduit à la formation des planètes ? Quels processus ont permis l'apparition de la vie sur notre Terre ? Existe-t-il d'autres systèmes sur lesquels une forme de vie pourrait se développer ?
Afin d'apporter de nouveaux éléments de réponse à ces très anciennes questions, le CNRS lance un programme de recherche interdisciplinaire intitulé « Origine des planètes et de la vie ». Le colloque fondateur de ce programme prévu pour quatre ans se tiendra du 5 au 7 décembre 2006, à Paris, au Muséum national d'histoire naturelle. Environ 300 chercheurs aux spécialités diverses (physiciens, astrophysiciens, géophysiciens, chimistes, biologistes, exobiologistes, spécialistes des sciences humaines) viendront se rencontrer et débattre afin de définir les axes à donner à ce programme qui publiera en 2007 son premier appel d'offres. « Nous voulons un programme très ouvert, réunissant des communautés très différentes, aux compétences complémentaires, pour répondre à des questions précises. Grâce à ce type d'approche, les chercheurs découvrent en effet que leur expertise peut s'appliquer à d'autres domaines que le leur, favorisant ainsi une exploitation plus rapide des nouveaux acquis », explique Maryvonne Gerin, chargée de mission au CNRS.
Depuis la découverte en 1995 de la première planète extrasolaire, plus de 200 exoplanètes ont été trouvées, dans des configurations qui soulèvent de nouvelles questions sur la formation des systèmes planétaires. De plus, les missions spatiales de ces dernières années ont permis de mieux comprendre la formation du système solaire. En outre, alors que la vie sur Terre se révèle d'une extraordinaire diversité, les progrès récents en astrobiologie permettent d'envisager la recherche d'indices de la présence de vie sur des exoplanètes comparables à la Terre d'ici une ou deux décennies. Ces nouveaux éléments font de la recherche sur nos origines l'un des thèmes les plus « chauds » du moment. « Dans ces domaines, les équipes françaises sont très performantes tant sur des sujets fondamentaux que sur la réalisation d'instruments. L'objectif du programme est de structurer et de soutenir davantage ces communautés afin de maintenir leur excellence dans un contexte de concurrence internationale féroce. »
L'une des priorités sera de financer les moyens d'expérimentation ambitieux. Le programme cherchera aussi à accroître le rôle de la communauté scientifique française au sein des grands instruments d'observation en astronomie, qu'ils soient au sol ou dans l'espace. « Nous voulons aider nos équipes à remporter des appels d'offres pour ces grands projets. Pour cela, il faut les inciter à se rassembler afin d'atteindre la masse critique nécessaire », indique Maryvonne Gerin. Ceci est d'autant plus important que la mise au point de tels instruments conduit immanquablement à des développements technologiques et industriels innovants dont les domaines d'application dépassent ensuite largement celui de l'astronomie. Par exemple, l'optique adaptative conçue à l'origine pour de grands télescopes comme le Very Large Telescope est maintenant utilisée avec succès en imagerie médicale, en ophtalmologie.
Outre les aspects techniques et « sciences dures », ce programme comprendra un volet sciences humaines important. En effet, la question des origines est si ancienne et profonde qu'elle doit être envisagée et développée aussi dans une perspective historique, épistémologique et philosophique.
Illustrant la façon dont les scientifiques peuvent apporter des réponses aux grandes questions que se pose l'humanité, ce programme valorisera la démarche scientifique auprès du grand public. De même, la diversité des disciplines et des outils concernés est un grand atout pour attirer des étudiants de toutes les filières universitaires.
Sebastián Escalón
> Maryvonne Gerin
maryvonne.gerin@lra.ens.fr
> Anne-Marie Lagrange
anne-marie.lagrange@cnrs-dir.fr