
Programme national
© S. Godefroy/CNRS Photothèque Le robot bipède Rabbit, développé dans le cadre du projet « Commande pour la marche et la course d'un robot bipède ».
Pourquoi un programme national sur la robotique ?
Philippe Bidaud : Depuis cinq, six ans, nous constations un regain d'intérêt pour la robotique, et les laboratoires étrangers commençaient à s'organiser pour proposer une contribution significative à l'échelle internationale. Du coup nous avions besoin en France d'une organisation qui permette de donner le change. C'est pourquoi le CNRS a souhaité, en lançant Robea, remobiliser la communauté scientifique française sur la question, renouveler les thématiques et permettre aux laboratoires de développer de nouvelles activités ou de renforcer celles qui existaient déjà. Robea se devait également d'aider nos laboratoires à se mettre en position de force pour accéder à des appels à projets européens et à faire valoir leur potentiel auprès des pouvoirs publics.
Que retenez-vous de ce programme ?
P. B. : L'essentiel du programme a très bien fonctionné. Outre un fort engouement et une forte participation de la communauté, un nombre significatif de projets originaux et novateurs ont été menés, par exemple en télémicromanipulation. Projets dont certains sont emblématiques, comme le robot bipède Rabbit ou le robot Anguille, capable de se mouvoir sous les mers. Ce projet novateur a notamment rassemblé des spécialistes de la mécanique des systèmes et des fluides, de la planification et du mouvement, et des automaticiens… Sans la pluridisciplinarité encouragée par Robea, il n'aurait pas existé ! Citons aussi le projet de drones pour la cartographie aérienne et terrestre Aerob (Robots mobiles terrestres et aériens en environnements extérieurs) ou bien encore R2M (Rover Multi-modes) petit robot d'exploration à haute mobilité sur terrain accidenté ! Robea peut être fier de ces projets phares, mais bien d'autres seraient à mentionner 1… D'autre part, leur travail d'anticipation et la dynamique de leurs recherches ont permis à beaucoup de labos français d'être candidats à des appels d'offres européens ou de l'Agence nationale de la recherche (ANR).
Robea va-t-il se poursuivre ?
P. B. : Non, pas en tant que tel. Mais il est certain que ce qui a été investi dans Robea sera exploité dans le cadre de l'ANR et dans des projets européens. De nouveaux horizons pour la robotique et son financement sont apparus tant à l'échelle nationale qu'internationale grâce à l'impulsion de ce programme. Un groupement de recherche (GDR) Robotique est d'ailleurs en cours de création et permettra à la communauté robotique française de rester soudée et de continuer à animer le réseau.
Propos recueillis par Lætitia Louis-Hommani
> Pour en savoir plus
1. Voir Le journal du CNRS, n° 168, janvier 2004 (Consulter le site web
/journal/1094.htm) et Sagascience « Portraits robots » Consulter le site web
/dossiers/dosrob/accueil/index.html
Philippe Bidaud
Laboratoire de robotique de Paris
bidaud@robot.jussieu.fr