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Viêtnam

Naissance d'un dragon

vietnam

© R. de Vernejoul/CNRS Photothèque

La baie d'Along


 

 

Sa population est supérieure à 81 millions et son produit intérieur brut (PIB) ne dépasse pas les 436 dollars par habitant. Voilà toute l'ambiguïté vietnamienne : un mélange entre une pauvreté extrême et une croissance économique de plus en plus rapide (de l'ordre de 8 % du PIB en 2005). Doté d'une forte identité nationale, le Viêtnam s'est fixé pour objectif, d'ici à 2020, de rejoindre les « dragons » asiatiques (Hong Kong, Taïwan…), en jetant les bases d'une économie industrialisée. Son atout : la recherche scientifique et technologique. Disposant d'un très bon niveau de formation, le pays cherche à s'intégrer au niveau régional, en étant membre de l'Association des Nations du Sud-Est asiatique (Asean) 1, et dans l'économie mondiale, en étant candidat à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Pour cela, le gouvernement a réparti le budget de la recherche en plusieurs secteurs prioritaires : sciences technologiques, médicales et pharmaceutiques, sciences humaines et sociales. Grâce aux financements du Fonds de solidarité prioritaire du ministère des Affaires étrangères français, des projets de coopérations internationaux ont été développés. Liée au Viêtnam par une longue histoire commune, la France est l'un des premiers pays occidentaux à soutenir sa politique de rénovation. Depuis le début des années quatre-vingt-dix, elle apporte un soutien politique et financier important. Un véritable partenariat fait d'échanges de chercheurs et de savoirs s'est mis en place entre les deux pays.

À la suite du colloque de Hanoi de 1997 2, la politique de coopération a été recentrée, et une école scientifique franco-vietnamienne créée : l'École de Do-Son 3. Elle constitue un cadre annuel de formation où sont donnés des enseignements de haut niveau. Chaque année, chercheurs, enseignants, industriels spécialisés et décideurs des deux pays se concertent pour mettre en place des projets pluridisciplinaires de recherche. La huitième édition (2005) avait par exemple pour thème « Vivre le multimédia numérique ICI (Information communication interaction) ». Au cœur de cette collaboration, le CNRS est l'institution française incontournable. Il représente à lui seul deux tiers des copublications franco-vietnamiennes. En 2004, près de 350 semaines de missions ont été totalisées au Viêtnam. En parallèle, plus d'une douzaine de chercheurs vietnamiens séjournent dans les laboratoires français. Actuellement, cinq projets internationaux de coopération scientifique (Pics) et cinq laboratoires internationaux associés (LIA) sont en cours. Cette collaboration très active couvre un grand nombre de disciplines, telles que les mathématiques, la physique, la chimie ou bien les sciences et technologies de l'information et de la communication (Stic). C'est dans ce domaine que la réussite de ce partenariat a été célébrée en mai dernier : le centre de recherche international Mica a été reconnu comme une unité mixte de recherche (voir p. 36). Il est ainsi devenu le premier laboratoire CNRS au Viêtnam.

 

Géraldine Véron

 

en chiffres

> Budget de la recherche : 150 millions d'euros en 2002 (contre 75 millions d'euros en 2000).

> Communauté scientifique : près de 3,47 millions de personnes, avec plus de 2 millions de techniciens et 1,47 million d'universitaires (25 000 étudiants de 3e cycle, 13 500 doctorants…).

> La production vietnamienne (le total des publications) a augmenté de 29 % entre 2000 et 2004.

> 52 copublications franco-vietnamiennes, dont 34 avec le CNRS en 2004.

> La France est le 2e partenaire du Viêtnam (après les États-Unis) en production scientifique publiée (2004).

> 151 chercheurs du CNRS sont en mission au Viêtnam.

 

 

 

 

Partenaires

 

L'Académie des sciences et des technologies du Viêtnam (ASTV) 1 et l'Académie des sciences sociales du Viêtnam (ASSV) 2 sont les deux principaux partenaires du CNRS dans ce pays. Depuis 1983 pour l'ASTV, dont le vaste champ d'étude va des sciences nucléaires à la géographie physique, et depuis 1989 pour l'ASSV. Ces deux centres possèdent plusieurs instituts avec lesquels sont établies des collaborations. Les écoles de Do-Son, par exemple, sont préparées en concertation avec l'ASTV.

Des collaborations existent également avec l'Institut polytechnique de Hanoi, où sont actuellement formés les cadres politiques du Viêtnam. Aujourd'hui, la recherche commence à se développer au sein des universités et des liens se mettent en place.

 

1. Appelée Centre national de la science et de la technologie (CNST) jusqu'en janvier 2004.

2. Son ancien nom était Centre national des sciences sociales et humaines (CNSSH).

 

Notes :

1. Créée en 1967 par cinq États de la région – Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour et Thaïlande –, elle vise à promouvoir la coopération politique et économique dans le but de former un marché commun entre ses membres.
2. Sur le thème « La science en coopération pour le développement durable ». Un de ses objectifs : donner une impulsion nouvelle à la coopération scientifique entre les deux pays.
3. Près de Haiphong, 120 kilomètres de Hanoi.


Contact

Minh-Ha Pham-Delègue
Responsable DREI Asie, CNRS Paris
minh-ha.pham-delegue@cnrs-dir.fr


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