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Environnement

Trafic routier contre effet de serre

L'augmentation de la pollution due au transport de marchandises par la route est devenue un vrai sujet d'inquiétude. En effet, la croissance de ce secteur est telle qu'elle réduit à néant les efforts consentis par les industriels depuis 2001 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Philippe Vallin, professeur à l'université Paris-Dauphine1, s'est donc attaqué à ce problème. « Nous nous sommes posé la question suivante, précise-t-il. Que peuvent faire les industriels sur le plan organisationnel et logistique pour réduire l'émission de gaz à effet de serre et cela, sans envisager de changement de mode de transport ? » Cette étude2, baptisée Cristal, a été réalisée dans le cadre du Programme de recherche et d'innovation dans les transports terrestres (Predit), programme interministériel qui vise à innover en matière de transports terrestres. Au final, pas de solution miracle annoncée, bien sûr. En revanche, des axes d'amélioration importants ont été établis pour optimiser les transports routiers.

Une des solutions envisagées est la déspécialisation des sites de production : si les usines fabriquaient non pas un seul produit mais toute une gamme, le transport de marchandises en serait réduit. « C'est une solution assez hypothétique car l'augmentation des frais de production due à la déspécialisation serait plus importante que l'économie réalisée dans le transport, qui en réalité ne coûte pas très cher », nuance le chercheur.

Plus prometteuse, l'idée d'optimiser globalement la chaîne de transport, de l'usine aux points de vente. Des progrès peuvent ainsi être réalisés dans la localisation des entrepôts. « Les simulations sur la logistique de différents réseaux montrent qu'en coordonnant le pilotage du flux de marchandises en amont et en aval des entrepôts, on obtient jusqu'à 15 % d'émissions de gaz à effet de serre en moins tout en diminuant le nombre d'entrepôts nécessaires. »

De même, on verrait une importante réduction du trafic si les industriels mettaient en commun certains maillons de leur réseau logistique. Les entreprises d'un même secteur pourraient partager camions et entrepôts, ce qui éviterait notamment bien des voyages à vide. « C'est ce que j'appelle la collaboration horizontale. Beaucoup d'entreprises s'y mettent déjà. Par exemple, les pétroliers partagent souvent leurs sites de stockage et diminuent ainsi leurs frais », explique Philippe Vallin. Et de conclure que si les industriels faisaient l'effort d'entreprendre ces aménagements, ils pourraient être opérationnels dans les cinq années à venir.

 

Sebastián Escalón

Notes :

1. Et chercheur au Laboratoire d'analyse et modélisation de systèmes pour l'aide à la décision (Lamsade, CNRS / Université Paris Dauphine).
2. Elle a été réalisée en collaboration avec Eurodécision, une entreprise de conseil pour l'optimisation des chaînes logistiques, Cat, spécialiste du transport d'automobiles, et Yoplait.

Contact

Philippe Vallin
Laboratoire d'analyse et modélisation de systèmes pour l'aide à la décision (Lamsade), Paris
philippe.vallin@dauphine.fr


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