
Énergie
Pour remplacer les actuels tubes néon qui, la nuit tombée, colorent les rues des villes animées, des chercheurs ont peut-être trouvé une alternative lumineuse… et surtout écologique. Car ces tubes, non recyclés pour la plupart, contiennent du mercure, un métal lourd particulièrement toxique. Éliminer le mercure des éclairages, c'est donc l'objectif des chercheurs du Groupe de recherche sur l'énergétique des milieux ionisés (Gremi)1, en collaboration avec Aupem Sefli/FART, une PME basée à Gien qui fabrique des enseignes lumineuses. Et ils sont assurément sur la bonne voie, grâce à une succession d'innovations.
© E. Robert Les tubes fabriqués au Gremi sont dépourvus de mercure et produisent de la lumière grâce à un mélange néon-xénon. Ici, le tube est recouvert de quatre poudres fluorescentes différentes.
Les chercheurs ont ainsi découvert qu'une alimentation classique avec un signal sinusoïdal – comme le courant alternatif – n'était pas la meilleure. En 2005, ils ont même montré qu'en alimentant le tube par des impulsions électriques ultracourtes, de l'ordre de la microseconde, et à une fréquence proche du kilohertz, la luminosité est multipliée par trois ! Si les performances des tubes au xénon n'égalent pas celles des tubes au mercure, elles permettent déjà d'envisager la fabrication d'enseignes lumineuses d'intérieur. Mais nos chercheurs ne vont pas s'arrêter là. Une nouvelle thèse est en cours, financée par l'Ademe et par la région Centre, afin de déterminer les meilleurs paramètres électriques. L'objectif est de tripler encore la luminosité des tubes au xénon tout en abaissant leur consommation électrique, conditions sine qua non pour les voir remplacer les tubes au mercure dans les habitations, les bureaux et les quartiers animés.
Sebastián Escalón
1. Groupe CNRS / Université d'Orléans.
2. Centre CNRS / Université Toulouse-III.
Éric Robert
Groupe de recherche sur l'énergétique des milieux ionisés (Gremi), Orléans
eric.robert@univ-orleans.fr