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Femlight

À l'assaut du marché des lasers

Femlight, petite entreprise bordelaise, s'apprête à concurrencer les géants des technologies de pointe et à leur soustraire des marchés. Sa spécialité : les lasers à fibre, technologie innovante dont elle a réussi à accroître les performances. La start-up a été créée en 2003 par François Salin, chercheur du CNRS qui dirigeait auparavant le Centre de lasers intenses et applications, et Philippe Métivier, ingénieur disposant de vingt ans d'expérience dans des sociétés d'optique. Ces derniers sont en train d'apporter les dernières mises au point au produit phare de l'entreprise, un laser baptisé Eole. Cet appareil, dont la technologie s'appuie sur des fibres optiques spéciales, délivre des impulsions intenses de l'ordre de la dizaine de nanosecondes avec une excellente qualité de faisceau. Compact et facile à utiliser, il n'en possède pas moins la puissance des lasers classiques, soit la possibilité de couper ou d'arracher de la matière avec des précisions bien inférieures au millimètre. L'industrie électronique, première ciblée, pourra s'en servir par exemple pour découper ses composants ou dans la fabrication d'écrans plats et de panneaux solaires. Mais Femlight vise aussi d'autres activités, tels la taille de diamants ou le marquage en profondeur des numéros de série sur les pièces automobiles. Bref, le marché des lasers à fibre ne cesse de se diversifier.

Depuis sa création, la start-up accumule les succès : elle a été lauréate du concours national d'aide à la création d'entreprises innovantes, dans la catégorie Émergence en 2003 et Développement en 2004. Et pourtant, « notre société en est encore au stade du développement, bien que nous ayons déjà vendu quelques unités à des laboratoires de recherche, en particulier des laboratoires militaires. Ceci nous permet de mieux connaître les points forts ou faibles de nos produits », précise François Salin. D'ailleurs, Femlight vient de s'associer à Quantel, entreprise déjà bien implantée dans le secteur des lasers. « Lors du passage à une production à grande échelle, se posent les problèmes de l'industrialisation : il faut que toutes les pièces soient parfaitement identiques. Voilà pourquoi nous nous sommes rapprochés d'une entreprise qui possède déjà ce savoir-faire. De plus, Quantel a une visibilité au niveau mondial et peut nous ouvrir de nouveaux marchés », souligne François Salin.

Femlight, qui dispose de plusieurs licences sur des brevets CNRS, n'a pas coupé un seul instant ses liens avec le monde de la recherche. Elle accueille notamment des doctorants avec des bourses Cifre2. « Sans ce travail de recherche en amont, dans dix ans nous nous retrouverons en train de vendre encore le même produit, ce qui n'est pas viable », conclut le chercheur-entrepreneur.

 

Sebastián Escalón

Notes :

1. Laboratoire CNRS / Celia/ Université Bordeaux-I.
2. Elles permettent aux entreprises de recruter des jeunes bac + 5 dont le travail de recherche et développement aboutira à une thèse de doctorat.

Contact

François Salin
Femlight, Bordeaux
francois.salin@femlight.com


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