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ÉDITO

Cap sur une ville renouvelée

 

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© J.-F. Dars/CNRS Photothèque

Marie-Françoise Courel,
Directrice du département Homme et Société


Chaque année, sous l'effet de l'exode rural et de la croissance démographique, la population urbaine mondiale s'accroît de 2 à 3 %. La moitié de l'humanité vit aujourd'hui en ville, et cette proportion augmente rapidement, notamment dans les pays du Sud. En 2020, six habitants de la planète sur dix seront des urbains. Et près de 80 % d'entre eux vivront dans les villes des pays en développement. La question des enjeux environnementaux du mouvement planétaire d'urbanisation est désormais posée. L'expansion urbaine se généralise et s'accentue au Sud comme au Nord. Dans les pays occidentaux, l'habitat pavillonnaire reste la norme de référence, contribuant à étendre l'emprise spatiale des villes. Partout en Europe, et dans bien d'autres pays, étalement urbain et mobilité automobile se renforcent mutuellement, accroissant sans cesse les distances de déplacement, la consommation de carburant et les émissions de polluants.

Les villes apparaissent dès lors comme de grandes consommatrices de ressources et comme de grandes productrices de pollutions et déchets divers. Le développement de l'urbanisation engendre aussi problèmes et tensions ; les coûts fixes de la vie urbaine (logement, accès aux services essentiels) sont élevés. Ségrégation, insécurité, épidémies trouvent dans les villes un terrain particulièrement propice. En outre, concentrant populations et activités, les espaces urbanisés présentent une vulnérabilité particulière aux variations de leur environnement. Certains phénomènes locaux en attestent, comme les inondations liées aux orages, qui sont favorisées et renforcées par l'imperméabilisation des sols urbains. Cependant, les problèmes majeurs de la ville relèvent de mécanismes à la fois sociaux et naturels beaucoup plus larges. Pensons par exemple à la menace que fait peser l'élévation du niveau de la mer sur les nombreux espaces littoraux très urbanisés, aux concentrations humaines dans les zones telluriques ou à l'importance cruciale des énergies non renouvelables dans le fonctionnement et le mode de vie urbains…

Les chercheurs en sciences humaines et sociales sont de plus en plus nombreux à s'intéresser aux conditions et aux enjeux de l'avènement d'une « ville à vivre » et, plus largement, à la question d'un développement urbain harmonieux. Ce dossier illustre la variété et l'importance de cette production. Les recherches dans ce domaine ont été largement soutenues par diverses actions incitatives dont le CNRS a souvent été à l'initiative. La dernière en date, le programme interdisciplinaire « Développement urbain durable », livrera ses résultats en 2007. Les recherches en sciences de la nature, de la Terre et de l'Univers ont également produit des avancées majeures en matière de connaissances et d'innovations visant à réduire le coût environnemental des activités humaines.

Pour progresser dans la compréhension globale des enjeux environnementaux de l'urbanisation, une association étroite de l'ensemble de ces compétences scientifiques est désormais requise. C'est pourquoi le département des sciences de l'homme et de la société s'engage à promouvoir des travaux résolument interdisciplinaires sur ces questions, avec les communautés scientifiques concernées. 

 


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