
Préhistoire
On le sait : des hommes, au Néolithique final, trois mille ans avant notre ère, ont fabriqué certains de leurs outils en bois de cerf. Ce qu'une nouvelle étude révèle aujourd'hui, c'est la symbolique masculine associée à l'usage de ce matériau. Yolaine Maigrot, postdoctorante au laboratoire « Préhistoire et technologie »1, s'est en effet intéressée à la panoplie d'outils, faits d'os, de dents d'animaux ou encore de bois de cerf, retrouvés sur les sites archéologiques autour des lacs de Chalain et Clairvaux, dans le Jura. Grâce à la tracéologie, qui permet de déterminer l'usage d'un outil à partir de son usure, et à une recherche comparative entre les outillages en matières dures animales et en pierre taillée2 menée avec Valérie Beugnier3, elle en a établi l'utilisation et l'importance.
© P. Pétrequin Hache et gaines (pièces pour emmancher les lames de pierre polie) fabriquées en bois de cerf il y a 3 000 ans.
Magali Sarazin
1. Laboratoire CNRS / Université Paris-X.
2. D'après les fouilles de Pierre Pétrequin, Laboratoire de chrono-écologie (CNRS / Université de Besançon).
3. Valérie Beugnier et Yolaine Maigrot, « La fonction des outillages en matières dures animales et en silex au Néolithique final », Bulletin de la Société préhistorique française, 2005, t. 102, n° 2, p. 335-344.
4. Ainsi que d'autres outils « investis » comme les haches de pierre polie, les pointes de flèches en silex, etc.
Yolaine Maigrot
Laboratoire « Préhistoire et technologie », Nanterre
yolaine.maigrot@mae.u-paris10.fr