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Hommage

Pierre Potier, pharmacien de cœur

Rencontre d'un homme et d'un lieu. Si aujourd'hui, Pierre Potier n'est plus là, son image restera attachée à la Maison de la chimie de Paris. C'est que, au moment de son élection à la présidence du conseil d'administration, en 1994, ce haut lieu de la chimie connaît de grandes difficultés financières. Doué d'un sens de l'organisation hors du commun et armé de courage, Pierre Potier lui donne alors une impulsion nouvelle : création du grand prix récompensant les meilleurs chimistes du monde, relance de nombreuses manifestations (symposium scientifique, conférences de chimistes, défilés de mode…). « Avec talent, il réalise la renaissance éclatante de cette Maison », s'enthousiasme son administrateur, Guy Ourisson, professeur émérite à l'université Louis Pasteur et ancien président de l'Académie des sciences. Dans ses murs, le 12 mai 20061, une journée hommage lui sera consacrée. À travers des témoignages, les différentes activités du scientifique seront retracées. L'évocation de sa carrière très complète – pharmacien chercheur en chimie au CNRS, membre de l'Académie des sciences, directeur de l'Institut de chimie des substances naturelles (ICSN) –, sera l'occasion de découvrir ou de redécouvrir une grande figure de la recherche française.

Pierre Potier avait du flair. L'inventeur de la Navelbine et du Taxotère, deux médicaments révolutionnaires dans le traitement du cancer, allait au bout des choses. À une période où les partenariats entre recherche publique et industrie ne se faisaient pas, il a su porter ses découvertes sur le marché international. Déterminé, Pierre Potier s'est battu et a convaincu. Ces deux réussites mondiales sont le fruit du travail en commun de chimistes, pharmacologues, toxicologues, médecins et industriels. L'interdisciplinarité, une idée novatrice qui lui tenait à cœur.

Son allure imposante, son verbe vigoureux, pugnace et très imagé, illustraient parfaitement la personnalité de l'homme. « Il ne se laissait pas embarrasser par les petites difficultés matérielles, se souvient Jean-Yves Lallemand, directeur de l'ICSN. Il allait sans cesse de l'avant et avait toujours sur lui quelques gadgets pour se sortir des situations imprévues. » Culot et force de caractère étaient ses armes pour affronter la vie.

Derrière le redoutable homme d'affaires et le chercheur infatigable, se révélait un homme chaleureux, bon vivant et soucieux des autres. C'est ainsi qu'avec son équipe, il était sur le point de mettre sur le marché un nouveau traitement contre le diabète. Pendant toutes ces années, l'enthousiasme et l'énergie manifestés dans la recherche de nouveaux médicaments ne l'ont jamais quitté. Ils étaient les moteurs de sa vie.

 

Géraldine Véron

 

 

Notes :

1. En fin d'après-midi : remise du grand prix de la Fondation de la Maison de la chimie à Jerrold Meinwald et Thomas Eisner, Cornell University, Ithaca, États-Unis.
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Contact

> Jean-Yves Lallemand
Directeur de l'ICSN, Gif-sur-Yvette
lallemand@icsn.cnrs-gif.fr

> Guy Ourisson
Université Louis Pasteur, Strasbourg
ourisson@chimie.u-strasbg.fr


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