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Pôle national de recherche à implantation régionale

Un pôle pour mettre les biofilms en vedette

Un vrai film d'horreur ménagère… Passez et repassez l'éponge sur l'évier ou sur toute autre surface humide : les micro-organismes n'en ont cure ! Leur secret ? Un manteau protecteur, connu sous le nom de « biofilm », qu'ils ont formé sur quelques micromètres (voire millimètres) d'épaisseur. Inauguré en janvier 2005, le pôle de recherche national à implantation régionale (Pnir) « Biofilms »1, qui fédère 21 laboratoires, tente de dévoiler les arcanes de cette mystérieuse structure. Et les enjeux sont grands, tant en termes de santé publique que d'applications pour l'industrie.

Car les biofilms sont partout ! Pour le meilleur et pour le pire. Tapis sur la paroi intestinale des animaux et des hommes ou sur les racines des plantes, ils jouent par exemple un rôle indispensable dans l'absorption des substances nutritives. Leurs propriétés sont déjà exploitées pour la dépollution des eaux usées, le fonctionnement de piles à combustible2 et même l'affinage des fromages ! Mais on les connaît aussi et malheureusement pour les épidémies de légionellose et les maladies nosocomiales qu'ils peuvent provoquer en contaminant les canalisations d'eau, les tours d'aéro-réfrigération ou encore le matériel hospitalier.

De même, ils causent des déboires dans l'agroalimentaire et dans l'industrie à cause des « bio-salissures » des coques de navire et de corrosions diverses affectant les installations portuaires, les pipelines ou encore les plus précieux objets de notre patrimoine.

 

Mais pourquoi les connaît-on si mal ? « La microbiologie classique étudie essentiellement des micro-organismes sous forme planctonique, c'est-à-dire en solution », explique Alain Bergel, directeur de recherche au Laboratoire de génie chimique (LGC) de Toulouse et directeur du Pnir « Biofilms ». Elle s'en trouve donc un peu démunie pour leur étude, car le passage de la forme planctonique aux biofilms n'a rien d'anodin : « Par des processus encore mal compris, les micro-organismes acquièrent des propriétés nouvelles, par exemple des résistances aux antibiotiques, poursuit Alain Bergel. Leur structure est modifiée et ils mettent en place une forme de communication chimique entre cellules… »

L'ambition du Pnir « Biofilms » ? Développer une « microbiologie des surfaces », au croisement de nombreuses disciplines comme la biologie, l'hydrodynamique, la physico-chimie des surfaces ou encore l'ingénierie. Parmi ses objectifs, la compréhension des mécanismes précis de détection de la surface et de fixation des micro-organismes, ou encore de la manière dont cette fixation modifie l'expression de leurs gènes. Mais il faudra aussi concevoir de nouveaux outils d'investigation, mettre au point des capteurs de détection pour l'industrie ou encore faire émerger des procédés mettant à profit les propriétés de ces biofilms, décidément bien surprenants.

 

Marie Lescroart

 

 

> À voir

www.biofilms-pnir.org/

 

 

Notes :

1. Il réunit le CNRS et 16 autres établissements.
2. Voir Le journal du CNRS, n° 168, p. 8.

Contact

Alain Bergel
Laboratoire de génie chimique, Toulouse
alain.bergel@ensiacet.fr


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