
Algérie
Aujourd'hui, l'Algérie a le regard tourné vers l'avenir et la scène internationale. L'une de ses priorités : faire avancer la recherche scientifique et technologique, considérée comme une des clefs du développement. Dans ce but, le gouvernement veut se doter d'un système national de recherche performant, et d'un enseignement supérieur de qualité. Votée en 1998, la loi d'orientation « Zeroual » a fixé les principes et les objectifs de la politique nationale de recherche et développement (R&D). Elle a permis la création de 600 laboratoires de recherche universitaires et le passage de 9 centres de recherche nationaux au statut d'établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST). 30 programmes de recherche ont été lancés sur des thématiques prioritaires (eau, santé, alimentation, énergie, agriculture…) impliquant 27 000 chercheurs en 2004.
Outre 308 millions du Fonds national de la recherche entre 1999 et 2003, la recherche a bénéficié de 141,5 millions d'euros de subvention pour le financement des investissements dans certains domaines comme les technologies de l'information, le spatial ou les biotechnologies. En 2003, un Haut Conseil franco-algérien de la recherche a été mis en place pour donner une dimension plus ambitieuse à la coopération entre ces deux pays, restée vivace quel qu'ait été le contexte politique. En matière de recherche, la France reste en effet le premier partenaire scientifique de l'Algérie.
En 2004, 44 % des publications algériennes étaient ainsi le fruit de cette collaboration. Et sur ce nombre, 60 % étaient réalisées avec le CNRS.
Aucun doute : la coopération du CNRS avec l'Algérie est très active. Si, traditionnellement, elle s'est surtout manifestée en chimie, elle s'ouvre à de nouveaux champs de recherche très prometteurs. Ainsi, après le tremblement de terre de Bourmedes en 2003, une importante opération été lancée sur la sismicité. En géosciences, un chantier sur la topographie du Hoggar a été ouvert. Les programmes internationaux de coopération scientifique (Pics)1 couvrent divers domaines dont les sciences nucléaires. Ou encore la biodiversité, avec l'étude du singe magot ou l'évaluation des ressources coralliennes, confiée par le ministère algérien de la Pêche à un groupement français qui comprend entre autres le Centre d'océanologie de Marseille, spécialiste mondial du corail rattaché au CNRS. De plus, 127 projets de recherche sont mis en œuvre dans le cadre du programme d'actions intégrées (PAI)2 franco-algérien Tassili. Des équipes algériennes participent également, avec des chercheurs de plusieurs pays européens et africains, à 2 groupements de recherche internationaux (GDRI) : « Architectures modernes en Méditerranée : sources, identification, actualité » et « Technologies de l'information et de la communication et du développement dans les Suds ». Enfin, le premier laboratoire international associé (LIA) franco-algérien, baptisé Mansura, vient d'être créé dans le domaine des matériaux nanostructurés. Il réunit des équipes du CNRS et des universités de Tlemcen et de Lille-1. Il a été mis officiellement en place le 14 février 2006 à Alger, en présence de l'ambassadeur de France et du secrétaire général de l'enseignement supérieur algérien.
G. V.
EN CHIFFRES
> Dépenses R&D en 2004 : 0,35 % contre 0,18 % du PIB avant la loi du 22 août 1998. Objectif à atteindre : 1 % du PIB.
> 590 publications algériennes en 2004 (croissance de 15 % par an depuis l'an 2000).
> 259 copublications franco-algériennes hors SHS, dont 169 avec le CNRS.
> Au regard des copublications en 2004, la France est en première position hors SHS. L'influence d'autres grands pays scientifiques tels que l'Allemagne (19 copublications en 2001), l'Espagne ou la Grande-Bretagne (11) paraît relativement faible.
> 141 missions de chercheurs CNRS en Algérie en 2004.
> 79 chercheurs algériens séjournent dans les laboratoires du CNRS en 2004.
PARTENAIRES
Les structures de recherche françaises et algériennes sont semblables. Le ministère de l'Enseignement et de la Recherche scientifique (MESRS) est le principal partenaire institutionnel du CNRS : un accord scientifique de coopération a été signé dès 1973. Renouvelé en 1985, il est prolongé depuis lors par tacite reconduction. Un accord élargi sera signé en 2006. Des organismes de recherche existent également, dont le Conseil national de la recherche scientifique et technique (CNRST). Cet équivalent du CNRS est chargé de l'élaboration et du suivi de la mise en œuvre de la politique nationale de recherche scientifique. Le CNRS collabore aussi avec de nombreuses universités algériennes.
1. 4 Pics en cours.
2. Les PAI sont des programmes du ministère des Affaires étrangères.
Chantal Pacteau
Responsable DREI Afrique et Moyen-Orient, CNRS Paris chantalpacteau@cnrs-dir.fr
Jean Pailhous
Chargé de mission Afrique du Nord et Moyen-Orient, Institut de neurosciences cognitives, Marseille
pailhous@incm.cnrs-mrs.fr