
Tsunami : les manchots aussi
Le tsunami du 26 décembre 2004, aux terribles conséquences humanitaires, a également eu des répercussions sur une colonie de manchots royaux des Îles Crozet, à 6 500 km de l'épicentre du séisme qui l'a généré. C'est ce que des chercheurs de l'Institut pluridisciplinaire Hubert Curien de Strasbourg et un scientifique canadien ont publié dans la revue Polar Biology. De grosses vagues déferlant pendant 72 heures ont en effet submergé la colonie de 16 000 manchots et causé la perte de 3 000 œufs. Une seconde inondation, un mois plus tard, a détruit 4 000 œufs supplémentaires ou jeunes poussins. Près de la moitié des œufs produits cette saison ont donc été perdus. Et les scientifiques ont estimé que seulement 10 % des couples affectés par le tsunami ont fait une ponte de remplacement. Bref, fin 2005, le nombre de poussins qui achevaient leur croissance était particulièrement faible. Malgré la longue espérance de vie de l'espèce, les effets du tsunami risquent de se répercuter sur cette population dans les années à venir, car les petits qui ne se sont pas nés début 2005 sont autant de reproducteurs en moins.
rene.groscolas@c-strasbourg.fr
Des subtilités des diatomées
Les diatomées, organismes unicellulaires marins, constituent 20 % de la matière organique végétale primaire. Ils connaissent des explosions de biomasse saisonnières, dont se délectent krill et zooplancton. Blessés lors de ces attaques, les diatomées produisent des molécules chimiques, des aldéhydes, pour se défendre. D'après les chercheurs du laboratoire « Signalisation et morphogenèse des diatomées », (in PLoS Biology), cette molécule servirait aussi à réguler la population de ces organismes. En effet, au-dessous d'un certain seuil d'aldéhydes, les diatomées survivent mais stoppent leur cycle cellulaire ; au-dessus, leur mortalité est accrue. Ce mécanisme, associé à un phénomène d'immunisation des cellules exposées à une faible dose d'aldéhydes, contribuerait à augmenter les chances de survie des diatomées en présence de leurs prédateurs.