
L'héritage de l'ère communiste plane sur la recherche nationale polonaise. Ainsi, celle-ci s'organise autour de trois types de laboratoires : les instituts de l'Académie nationale des sciences (PAN), les laboratoires des universités et les instituts spécialisés. Lors de la transition démocratique des années quatre-vingt-dix, la procédure d'attribution des financements a été redéfinie. Aujourd'hui, les responsables du budget et du personnel dépendent du ministère de l'Éducation et de la Science. La majorité des fonds proviennent de l'État et des établissements publics, le secteur privé n'étant que peu impliqué. Depuis 1995, les dépenses en recherche et développement (R&D) sont en baisse régulière. Mais la Pologne garde confiance en son potentiel scientifique et démographique. Le pays a une importante densité de chercheurs publics : 2,7 personnes pour 1 000 actifs en 2003 contre 2,64 pour l'Union européenne. Depuis la transition démocratique, le nombre d'universités polonaises et d'étudiants va croissant. Chaque année, les universités forment près de 5 500 doctorants 1, et leur nombre a triplé entre 1991 et 2003. Aujourd'hui, tous attendent beaucoup de l'Europe communautaire. Depuis son adhésion à l'Union européenne, le 1er mai 2004, la Pologne s'implique. Elle est devenue un acteur à part entière dans l'Espace de recherche européen (ERA). Le pays s'est très vite intégré dans les programmes européens et multilatéraux de coopération scientifique et technologique. En 2003, 108 projets ont été sélectionnés dans le cadre du programme Cost 2, 73 pour Eureka 3, 7 pour le Centre européen pour la recherche nucléaire (Cern) et 8 pour l'Otan. Lors du 5e programme-cadre de recherche et développement technologique (PCRDT) 4, 1 300 équipes polonaises ont pris part à 1 043 projets. Avec plus de 3 000 copublications par an, l'Europe est de loin le premier partenaire de la Pologne, l'Allemagne en tête avec 1 200 copublications. En 1991, une relation trilatérale, établie entre l'Allemagne, la Pologne et la France, vise à faciliter le rapprochement de l'Allemagne et de la Pologne. « Le Triangle de Weimar » est né. Inspiré du modèle de réconciliation franco-allemand, il s'enrichit régulièrement de nouvelles coopérations. Le CNRS participe activement à ces actions structurantes. Un laboratoire européen associé (LEA) a démarré en 2005 et un groupement de recherche européen (GDRE) est en renouvellement. Des projets qui font partie d'un nombre imposant de collaborations : 3 projets internationaux de coopération scientifique (Pics), 3 LEA et 4 groupements de recherche européens ou internationaux (GDRE / GDRI), sur des thèmes très divers – évolutions microstructurales, géologie, détecteur Icare. Un GDRE sera lancé en 2006 sur la génomique fonctionnelle. Un autre est en discussion. Son thème : biotechnologie pour la préparation de membranes à perméabilité sélective. Un GDRE « Bio senseurs » est aussi en projet. Le CNRS est lié depuis 1968 à son homologue polonais, la Polska Academia Nauk (PAN), par un accord qui doit être modifié en 2006. Il permet des échanges de chercheurs dans le cadre de projets conjoints établis sur appels d'offres, et le soutien d'actions structurantes. En 2004, le CNRS accueillait 109 doctorants et 23 postdoctorants polonais. Pour 2006-2007, sur 76 propositions, 39 seront financées.
Géraldine Véron
en chiffres
> Part du PIB investie
en dépenses de recherche et développement (R&D) en 2003 : 0,56 %, contre 1,83 % pour l'Union européenne des 25.
> 59 000 chercheurs et 33 000 doctorants en 2003.
> Avec 12 000 publications annuelles, la Pologne représente 1,19 % du total des publications mondiales.
> Au regard des copublications, la France est en troisième position derrière les États-Unis et l'Allemagne.
> 736 copublications franco-polonaises dont 425 avec le CNRS (soit 60 % des copublications françaises) en 2003.
> 734 missions de chercheurs CNRS en 2003.
> 12e destination du CNRS à l'étranger en 2004 (18e en 2002).
PARTENAIRES
L'Académie polonaise des sciences, ou Polska Academia Nauk (PAN), est le principal partenaire du CNRS. Créée en 1952, la PAN est l'équivalent polonais du CNRS. Elle dispose de ses propres instituts de recherche, soit plus de 4 000 chercheurs et 81 instituts formant l'élite de la science polonaise. La PAN consacre plus de 88 % de son budget à la recherche fondamentale.
Le CNRS collabore également avec des universités polonaises. L'ancien régime avait établi une division stricte du travail entre la PAN et les universités : la première avait la charge de la recherche et les secondes assuraient l'enseignement. Aujourd'hui, les laboratoires de recherche universitaires montent en puissance. Le CNRS a établi plusieurs collaborations dont une avec le laboratoire d'ions lourds de l'université de Varsovie (GDRE).
1. 50 % de la population étudiante se situe dans cinq villes : Varsovie, Cracovie, Katowice, Poznam et Wroclaw.
2. « Coopération européenne dans le domaine de la recherche scientifique et technique », membre depuis 1991.
3. Membre en 1995, sa participation remonte à 1992.
4. Associée depuis 1999. Pour le 6e PCRDT, son taux de réussite atteignait 19,4 %.
Jean-Luc Teffo
DREI « Europe centrale et orientale », Paris
jean-luc.teffo@cnrs-dir.fr