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Télécommunications

Un guide de voyage au bout du fil

En voyage à Singapour, vous vous baladez sur les avenues, le cœur ouvert à l'inconnu… Quand soudain, vous tombez en pâmoison face à un monument de fort belle facture. Quel est ce mystérieux édifice ? De quand date sa construction ? Pas de panique, votre téléphone mobile a la réponse. Grâce à lui, vous prenez le bâtiment en photo : deux manipulations et quelques secondes plus tard, vous recevez sur votre appareil un message audio et un SMS retraçant la vie de ce bâtiment. Encore en phase de développement, mais amené à intégrer rapidement notre quotidien, ce service baptisé SnapToTell est au cœur des recherches du laboratoire Ipal 1, basé à Singapour.

Mais comment ce guide virtuel ­parvient-il à identifier l'objet de votre émerveillement ? Tout d'abord, il limite le périmètre géographique de son enquête. C'est le serveur de SnapToTell qui s'en charge grâce à une information de localisation : le numéro de la cellule de réception de l'antenne relais de l'opérateur téléphonique. « La précision du positionnement dépend de la taille de cette cellule : cela va de 200 m en zone urbaine à 50 km en campagne », précise Jean-Pierre Chevallet, directeur de l'Ipal et créateur de SnapToTell. Deuxième étape, le système compare minutieusement l'image reçue avec les monuments répertoriés de la zone identifiée. Et s'il est conçu pour, le téléphone lui a déjà mâché le travail en procédant à une première analyse de la photo. « Plus précisément, pour l'image qu'il reçoit, il calcule des histogrammes de couleur, explique notre chercheur. Pour cela, il détermine le nombre de pixels correspondant à chaque couleur. Ces données sont caractéristiques de l'objet en question quels que soient l'angle et la distance avec lesquels la photo est prise. » Si le téléphone n'arrive pas à mener à bien ces calculs, faute de puissance, le serveur peut aussi s'en charger : ces deux acteurs sont reliés par une connexion de type GPRS 2 qui autorise une grande souplesse dans leurs échanges. Enfin, dernière étape, le système détecte parmi toutes ces données des « invariants », sortes de preuves qui vont lui permettre d'identifier formellement le monument à condition, bien sûr, qu'il figure dans sa base de données. Le tour est joué : le serveur renvoie immédiatement à votre ­téléphone les informations dont il dispose.

Actuellement, cette base contient 101 lieux remarquables de Singapour (statues, immeubles historiques, etc.), soit plus de 2 800 images ! Tout en continuant à enrichir cette base et à affiner leur approche, les chercheurs de l'Ipal travaillent à un autre service. Baptisé SnapToGo, celui-ci permettra de se repérer dans un bâtiment labyrinthique en prenant en photo une porte, un ascenseur ou tout autre élément remarquable.

 

Matthieu Ravaud

 

 

Notes :

1. « Image Perception, Access & Language » (National University of Singapore – NUS / CNRS / Univ. Joseph Fourier Grenoble-I / INP Grenoble / Agency for Science Technology and Research). Voir aussi
Le journal du CNRS, n° 183, p. 37.
2. Type Internet sans fil.

Contact

Jean-Pierre Chevallet
Ipal, Singapour
jean-pierre.chevallet@imag.fr


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