
CNRS : replacer les priorités scientifiques au premier plan
© N. Tiget/CNRS Photothèque Catherine Bréchignac. © C. Lébedinsky/CNRS Photothèque Arnold Migus.

Présidente du CNRS.
Directeur général du CNRS.
Nous venons d'être nommés respectivement à la présidence et à la direction générale du CNRS dans le contexte particulier d'une réforme en cours. Les objectifs affichés de cette réforme, notamment l'interdisciplinarité, une meilleure présence du CNRS en région et la responsabilisation des directeurs de laboratoire sont pertinents.
Le CNRS doit évoluer dans un contexte de concurrence accrue et de mondialisation de la recherche. Mais cette réforme a donné lieu à la mise en place d'une organisation technocratique inhabituelle pour notre établissement. Elle est inhabituelle, à la fois par sa complexité et sa hiérarchisation des pouvoirs ; l'ancienne structuration en départements scientifiques étant destinée à se fondre dans la direction scientifique générale.
Nous découvrons à notre arrivée que ce chantier est inachevé et n'est en fait pas opérationnel. Dans ce contexte, nous tenons à affirmer notre priorité au bon fonctionnement des laboratoires. Malgré des difficultés prévisibles, nous nous engageons, avec toute l'administration du siège et les délégations en région, à ce que les attributions des soutiens de base des laboratoires parviennent à leurs destinataires, dans les plus brefs délais. Nous travaillerons en parallèle à la redéfinition de certaines fonctions, et vous proposerons sous peu une organisation lisible et souple s'appuyant, en priorité, sur les directeurs de département scientifique.
L'interdisciplinarité, principal argument de la réforme en cours, ne se décrète pas d'en haut, pas plus qu'elle ne peut se limiter au seul CNRS. Elle est située, comme son nom l'indique, à l'interface entre disciplines, et se construit à partir des chercheurs et des communautés provenant de disciplines différentes et se regroupant pour travailler ensemble. Notre rôle est d'écouter et de soutenir les initiatives qui prennent naissance dans les laboratoires et nous mettrons en place des moyens à cet effet. Nous devons nous ouvrir plus encore à des partenariats, notamment avec les établissements d'enseignement supérieur et de recherche, les autres organismes de recherche nationaux et internationaux, le milieu industriel et les collectivités territoriales.
Dans un contexte de concurrence internationale, le CNRS a en effet une responsabilité essentielle d'aide à la structuration du dispositif de recherche français. Il constitue un des acteurs majeurs dans le paysage européen, non pas tant qu'il soit le plus « gros » des organismes de recherche, mais parce qu'il réunit autant de disciplines et attire autant de jeunes chercheurs brillants, français ou étrangers. Cet atout persistera malgré la montée de la concurrence internationale des savoirs, si notre établissement s'avère capable de continuer à attirer les meilleurs. À cet effet, nous devrons mettre en place les moyens qui accompagneront ces recrutements suivant une logique d'évaluation internationale.
Le CNRS n'a été que trop absent des récents débats sur la recherche. Notre rôle sera aussi de nous positionner de façon dynamique dans la réflexion sur la stratégie nationale.
En première conclusion de notre prise de fonctions, et une fois les priorités scientifiques remises au premier plan, nous tenons à réaffirmer notre confiance en l'avenir du CNRS.