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La recherche, pivot du développement

« La recherche scientifique et ses résultats ne sont plus simplement un objectif intellectuel abstrait mais un facteur central (…) dans la vie de tout peuple civilisé. » Ces mots de David Ben Gourion 1, en 1962, traduisent encore aujourd'hui les intentions du gouvernement actuel : faire de la recherche l'un des pivots du développement de l'État d'Israël. Le pays ne disposant que de faibles ressources naturelles, il fallait assurer sa compétitivité en définissant une politique précise et offensive. En 2004, 4,5 milliards d'euros sont ainsi consacrés aux activités scientifiques et technologiques. De la recherche fondamentale jusqu'à la conception industrielle et la commercialisation, rien n'a été laissé au hasard. Cette nation est devenue, malgré la crise économique liée à la deuxième Intifada 2, une base solide pour la recherche, le développement et l'innovation.

Le ministère de la Science et de la technologie (MOST), équivalent du ministère de la Recherche, et le ministère de l'Industrie et du Commerce (MOIT) orientent la politique scientifique et industrielle du pays. Ils planifient les objectifs et définissent des domaines prioritaires : biotechnologies, télécommunications, biomédical et espace.Le nombre d'ingénieurs et de scientifiques est l'un des plus élevés au monde, soit près de 140 pour 10 000 employés. Leur formation est assurée par des centres de recherche gouvernementaux ou d'industries privées ainsi que par sept grandes universités 3. Tous gèrent d'importants programmes d'échanges de chercheurs, ou la participation à des projets conjoints avec des institutions à l'étranger. La coopération internationale constitue une priorité affichée d'Israël. Plusieurs accords ont été signés avec une trentaine de pays tels que, récemment, la Corée, le Japon, la Chine, Singapour, l'Inde et l'Italie. Au regard des copublications, entre 2000 et 2003, l'Allemagne est le deuxième collaborateur d'Israël après les États-Unis. La France, elle, occupe le 4e rang de ses partenaires scientifiques. Un Haut Conseil franco-israélien de la recherche a été mis en place en 2004 à l'initiative des gouvernements des deux pays. Son objectif : stimuler cette coopération en définissant des thèmes prioritaires 4 et en recommandant le lancement de programmes correspondants. Des équipes du CNRS participent à ces programmes et à l'organisation de colloques scientifiques. Chaque année, environ 200 chercheurs du CNRS partent en mission en Israël. Cette collaboration s'effectue notamment avec les laboratoires de l'université hébraïque de Jérusalem, de l'institut technologique Technion ou de l'Institut Weizmann, les plus prestigieux et les plus grands en termes de dépenses consacrées à la recherche 5. Le CNRS y mène aussi ses propres actions structurantes. Il y a établi en 2004 un LIA (laboratoire international associé) en neurosciences, et un projet international de coopération scientifique (Pics) dans le domaine des sciences des matériaux a commencé en 2005.

 

Géraldine Véron

 

 

 

PARTENAIRES

 

Les structures de recherche françaises et israéliennes sont très différentes. Les organismes comme le CNRS n'existent pas (à quelques exceptions près, comme l'Agricultural Research Organization, ARO). En revanche, les universités peuvent jouer un rôle de partenaire direct dans la coopération avec les organismes de recherche français. Toutefois, le ministère israélien de la Science et de la technologie (MOST), et le ministère de l'Industrie et du Commerce (MOIT) ont signé des accords avec leurs homologues français ainsi qu'avec le ministère français des Affaires étrangères (Haut Conseil franco-israélien de la recherche et accord Anvar-OCS – Office of the Chief Scientist du MOIT). Ces accords offrent un soutien important aux projets conjoints entre les laboratoires scientifiques israéliens et le CNRS.

 

 

en chiffres

 

> Superficie : 27 800 km2.

> Population : 6,9 millions d'habitants.

> Dépenses R&D en 2003 : avec 4,8 % du PIB, Israël atteint le taux le plus élevé des pays de l'OCDE, la France ne consacrant, par exemple, que 2,2 %
de son PIB.

> Pour 2004, plus
de 13 300 publications référencées. Israël est
au 2e rang mondial pour
le nombre de publications scientifiques par habitant.

> 1 600 copublications franco-israéliennes entre 2000 et 2003.

> Parts des secteurs privé et public : environ 66 % du financement
pour le privé, 34 %
pour le public (fin 2002).

> Nombre d'enseignants-chercheurs / chercheurs en 2002 : 52 500.

> 1 programme international
de coopération scientifique (Pics) avec le CNRS.

> 1 laboratoire international associé (LIA) en neurosciences avec
le CNRS.

 

 

Notes :

1. Homme d'État israélien (1886-1973).
2. Le territoire s'enflamme de nouveau en 2001. Israël souffre d'une importante crise économique de 2001 à 2004.
3. Les 7 universités sont privées : l'État apporte une subvention au budget global, mais elles appartiennent à leur conseil d'administration, qui s'auto-nomme et s'autogère.
4. Thèmes en cours : la génétique humaine, l'imagerie médicale et biologique, les mathématiques et l'agriculture durable.
5. Les chercheurs israéliens sont des « entrepreneurs », ils doivent eux-mêmes réunir leurs budgets. En dehors de leurs salaires, ils ne disposent pas de financements récurrents de la part d'organismes comme le CNRS.

Contact

Chantal Pacteau
Responsable DREI
Afrique et Moyen-Orient, Paris
chantal.pacteau@cnrs-dir.fr

Philippe Carlevan
Attaché scientifique de l'ambassade de France en Israël
philippe.carlevan@diplomatie.gouv.fr


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