
COLLOQUE
D'une seule voix, tous ceux 1 qui ont connu Gérard Mégie ont souhaité lui rendre hommage. Ils se sont associés pour organiser, les 12 et 13 janvier 2006, deux journées afin de suivre les traces de ce scientifique humaniste. À cette occasion, le public voguera au fil de son impressionnante carrière de physicien, professeur, communicant, auteur, directeur du service d'aéronomie puis de l'Institut Pierre-Simon Laplace, président du CNRS, artisan du protocole du CNRS… Zoom sur un programme bien rempli.
La maison de l'Unesco, à Paris, accueille cette manifestation. Elle est un lieu hautement symbolique pour rendre hommage à la renommée internationale de Gérard Mégie. Amis, collaborateurs et anciens élèves témoigneront pour dépeindre les grands traits de sa personnalité. Pédagogue, humaniste, disponible, observateur, engagé ou généreux, Gérard Mégie était tout cela à la fois. Chercheur charismatique, éminent spécialiste de la physico-chimie de l'atmosphère, il a grandement contribué aux études sur l'ozone, et principalement sur la couche d'ozone. L'environnement, l'espace ou les changements climatiques étaient au cœur de ses activités de recherche. Très tôt, Gérard Mégie a pris conscience de la responsabilité du scientifique et des conséquences de l'activité humaine sur l'avenir de la planète. « Son investissement était très fort. Il aimait s'adresser aux gens issus d'horizons très variés et les faire réfléchir sur ces questions », se souvient Christiane Grappin, chargée de communication de l'Insu et chef de ce projet. Il voulait sensibiliser le grand public et impliquer les décideurs politiques et toute la société. Son action était résolument tournée vers l'avenir et les générations futures.
Pas à pas, une quarantaine de conférenciers évoqueront et suivront sa démarche visionnaire. En partant de son champ d'étude, les sciences de l'Univers, ils ouvriront le débat aux autres disciplines. « Nous avons choisi d'aborder trois de ses grands thèmes de recherche comme point de départ : “Du laboratoire à l'espace”, “Ozone : un défi de l'homme à la planète, un défi de la planète à l'homme” et “Homme, climat, environnement : une nécessaire rencontre des disciplines”. Puis autour de tables rondes et de conférences, nous élargirons la réflexion avec des questions portant sur des enjeux plus vastes tels que la responsabilité du scientifique, l'Europe de la science ou l'interdisciplinarité », détaille Sylvie Joussaume, directrice de l'Institut national des sciences de l'Univers du CNRS et présidente du comité de pilotage des Journées Gérard Mégie. La rencontre des disciplines sera mise à l'honneur par l'intervention de personnalités venant d'horizons différents. « Toutes ont travaillé avec Gérard Mégie et rappellent sa grande ouverture d'esprit. Pour cet homme aux multiples facettes, l'interdisciplinarité n'était pas simplement un mot mais une réalité. De l'économie aux sciences humaines, il savait que pour être efficace, un chercheur a besoin de travailler aux côtés d'autres communautés scientifiques. Gérard Mégie nous a tracé un chemin, à nous de le suivre et de le poursuivre. »
Géraldine Véron
1 Cette manifestation a été organisée sous l'égide de plusieurs organismes : l'Académie des sciences, le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le CNRS, l'Insu, l'Institut universitaire de France, l'université Pierre et Marie Curie, l'université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines, le Centre national d'études spatiales, l'Institut Pierre-Simon Laplace, l'Association pour le mouvement universel de la responsabilité scientifique.
Institut national des sciences de l'Univers (Insu), Paris
Sylvie Joussaume
sylvie.joussaume@cnrs-dir.fr
Christiane Grappin
christiane.grappin@cnrs-dir.fr