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La réforme en actes

L'Europe en ligne de mire

Dans le cadre de sa réforme, le CNRS se devait de consolider, d'optimiser et de mieux structurer les échanges et les collaborations qu'il entretient avec les différents pays, acteurs majeurs de la recherche mondiale avec un effort tout particulier vers l'Europe. Pour cela, la Direction des relations européennes et internationales (DREI) vient d'être créée. Gros plan sur ses missions avec Jean-Luc Clément, son directeur.

L'un des points de la réforme insiste sur l'ouverture du CNRS à l'international et en particulier sur sa pleine intégration à l'Europe de la recherche…

Jean-Luc Clément : Effectivement. Le tournant a été pris en juillet 2004, lors du colloque « Europe de la recherche : objectif 2010 », organisé après un large débat dans les laboratoires, dans les délégations régionales et au sein de la direction. Cette rencontre a clairement engagé le CNRS dans sa volonté de renforcer son positionnement européen. L'Europe est l'espace naturel où doit se développer l'action quotidienne de nos laboratoires.

 

Mais cette volonté de donner la priorité à l'Europe ne reléguera-t-elle pas au second plan les autres actions internationales ?

J.-L. C. : Bien sûr que non. La préparation du Plan stratégique 2006-2010 sera l'occasion de préciser nos actions dans chaque grande zone géographique au-delà de l'Europe. L'organisme a d'ores et déjà affirmé que sa priorité au-delà de l'Europe concerne le développement des coopérations scientifiques avec les pays d'Asie, et notamment avec ceux qui deviennent des acteurs majeurs de la recherche internationale : la Chine, le Japon et l'Inde. Mais décliner des priorités n'entraîne pas un arrêt des autres actions.

 

C'est donc pour donner plus de poids à vos différentes actions que, dans le cadre de la réforme, la Direction des relations européennes et internationales (DREI) a été créée…

J.-L. C. : Il faut que nous intégrions mieux cette dimension européenne et internationale dans la stratégie de l'organisme, pour améliorer encore la place des laboratoires du CNRS dans la compétition scientifique internationale, en développant des actions de coopération bilatérales ou multilatérales ou en participant à des programmes avec d'autres organismes de recherche en Europe et à l'international.

 

Dans ce nouveau paysage, quelles seront donc les missions de la DREI ?

J.-L. C. : Je ne citerai que les principales : nous proposerons des orientations, des actions structurantes et des coopérations interdisciplinaires à l'international en nous appuyant sur la connaissance des priorités de la France et sur nos contacts institutionnels en Europe et à l'international, nous coordonnerons ces différentes actions et nous en assurerons le suivi technique en garantissant la cohérence et l'homogénéité des outils de coopération. Nous serons ainsi un appui pour la direction scientifique générale et pour les départements scientifiques puisque nous suivrons les accords internationaux et les programmes de la Commission européenne. Nous participerons aussi à la diffusion de la stratégie et des actions du CNRS avec l'objectif de contribuer à son attractivité vis-à-vis des meilleurs chercheurs européens et étrangers. Nous participerons à la formation des cadres de l'organisme aux relations européennes et internationales. Bien sûr, nous dresserons le bilan de nos actions, en lien avec la direction scientifique générale et les directions interrégionales. Enfin, nous exercerons une fonction identique à celle des directions interrégionales pour les laboratoires à l'étranger : émergence de projets, concertation avec les établissements partenaires, instruction amont à la prise de décision de la direction générale et suivi de la mise en œuvre. Et de fait, la DREI est l'interlocuteur unique de tous les partenaires institutionnels (ministères, ambassades, etc.) concernés par les relations internationales.

 

Concrètement, quels seront les axes forts qui guideront votre action ?

J.-L. C. : Nous renforcerons les actions structurantes comme les Pics, LEA / LIA, GDRE / GDRI, UMI 1, qui permettent au CNRS d'exprimer sa politique à l'échelle européenne et internationale en pilotant des actions prioritaires avec les meilleures équipes mondiales. Nous veillerons à inclure systématiquement des dispositions concernant les droits de propriété intellectuelle dans tous les accords de coopération, les conventions d'échange ainsi que les mises à disposition dans des organismes étrangers de chercheurs ou ingénieurs du CNRS. Nous renforcerons aussi les actions de coopération européennes et internationales en région. Notre nouvelle organisation va simplifier les procédures et les outils de coopération avec les partenaires étrangers. 

 

Justement comment fonctionnera cette direction ?

J.-L. C. : La composition et l'organisation de la DREI découlent des missions et objectifs décrits ci-dessus : un directeur, cinq directeurs adjoints et leurs collaborateurs, un directeur administratif, des directeurs des bureaux du CNRS à l'étranger, dont celui de Bruxelles, qui maintient le contact permanent avec la Commission européenne. Quatre cellules supports assureront le soutien technique aux directeurs adjoints : l'une coordonnera la préparation des contrats et accords internationaux, la deuxième effectuera de la veille et prospective européenne et internationale, la troisième sera dédiée à la coopération européenne et internationale en région. La dernière enfin sera en charge de la diffusion de la stratégie du CNRS, de l'accueil et de la communication.

 

Propos recueillis par la rédaction

 

Notes :

1. Pics (programmes internationaux de coopération scientifique), LIA / LEA (laboratoires internationaux ou européens associés), GDRI / GDRE (groupements de recherche internationaux ou européens), UMI (unités mixtes internationales).


Contact

Claude-Isabelle Chauvel
DREI, Paris
isabelle.chauvel@cnrs-dir.fr


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