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ÉDITO

Bernard Larrouturou Directeur général du CNRS

2006 : une dynamique nouvelle pour notre organisme

L'année 2006 sera importante pour la recherche française et européenne.
Au niveau communautaire, la préparation du 7e programme-cadre de recherche et développement (PCRD) de l'Union européenne sera finalisée. Avec un budget en augmentation très notable, à l'issue de l'accord des 25 au tout récent sommet de Bruxelles, ce programme-cadre va jouer un rôle de premier plan dans la poursuite du développement de l'espace européen de la recherche pour les sept années suivantes (2007-2013). Il verra la naissance de l'agence européenne de la recherche, l'European Research Council, un nouvel outil essentiel pour améliorer la place de la recherche européenne dans la compétition mondiale.

Au niveau national, après une année 2005 marquée par la mise en route de l'Agence nationale de la recherche (ANR), l'adoption ­prochaine de la loi de Programme sur la recherche va apporter de ­nouvelles modifications en profondeur du dispositif national de recherche.

Ces changements, comme tous les changements de grande ampleur, ne sont pas sans risque. Je fais partie de ceux qui demandent au gouvernement de veiller à un meilleur équilibre entre l'accroissement des moyens de l'ANR et ceux des opérateurs, universités et organismes, afin de donner à ces derniers la possibilité de mettre en œuvre une véritable politique scientifique – qui ne peut se réduire à la somme des projets financés par l'agence. Je suis conscient aussi qu'il reste beaucoup de travail pour préciser ce que seront nos nouveaux modes d'évaluation, plus cohérents au niveau national et plus ouverts sur l'Europe et l'international. Mais ces changements, j'en suis persuadé, sont largement positifs pour la recherche française et européenne.

Plus profondément, le projet de loi français et l'accroissement de l'effort communautaire manifestent que la recherche fait l'objet de très grandes attentes de la part de nos sociétés : c'est une grande chance et une grande responsabilité pour les chercheurs.

Le CNRS aborde cette nouvelle année avec confiance. Il s'est fortement mobilisé ces derniers temps pour amplifier son ouverture européenne, comme en témoignent le fait qu'il est en tête de toutes les institutions européennes pour ce qui est de la participation au 6e PCRDT (un résultat très supérieur à ceux des programmes-cadres précédents) ou le fait que, depuis deux ans, près du quart des chercheurs permanents que nous recrutons ne sont pas de nationalité française.

Le CNRS a également réussi à mener en 2005 une réforme ambitieuse. Il a transformé les contours de ses départements scientifiques et leurs méthodes de travail pour mieux prendre en compte les enjeux du développement de l'interdisciplinarité. Il a profondément modifié sa présence en région pour rénover son partenariat avec les établissements d'enseignement supérieur et être davantage acteur du développement de pôles régionaux visibles à l'échelle européenne. Il promeut une culture d'objectifs et amplifie les responsabilités qu'il confie aux directeurs de laboratoires. Il poursuivra sa rénovation en 2006, notamment dans le domaine de la mise en œuvre de sa politique de ressources humaines et de ses relations avec les entreprises.

Le CNRS aborde les changements de 2006 fort de la réflexion qu'il a menée depuis deux ans pour clarifier ses missions et pour se recentrer sur son rôle d'opérateur national dans un partenariat renforcé avec les universités. Ayant mené à bien une part importante des chantiers qu'il a entrepris pour rénover sa politique d'établissement et son organisation, disposant d'un « portefeuille » très fourni de projets scientifiques et technologiques élaborés avec ses partenaires académiques et industriels, il possède de très nombreux atouts pour jouer un rôle moteur de la construction du nouveau dispositif de recherche national et européen. Il affirmera cette ambition dans son nouveau Plan stratégique pour la période 2006-2010.

Au seuil de cette nouvelle année, je forme donc des vœux pour la réussite des projets des laboratoires du CNRS et des établissements partenaires, et pour le CNRS lui-même. Les personnels de l'établissement ont montré qu'ils savaient se rassembler autour d'un projet d'avenir, et je ne doute pas que nous saurons, en 2006, continuer à bâtir ensemble une dynamique nouvelle pour notre organisme, au centre de la recherche scientifique nationale et au service de son ouverture européenne. Bonne année à tous.


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