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ARGENTINE

L'hémisphère Sud de la recherche

Horizon

© P. Auger Observatory



La recherche scientifique a trouvé en Argentine un terrain propice pour se développer. Ce grand pays est doté d'une des populations les mieux formées d'Amérique latine. Il dispose ainsi d'une importante communauté de chercheurs, souvent de très haut niveau, comme en témoignent ses trois Prix Nobel, Cesar Milstein (médecine), Bernardo A. Houssay (médecine), Luis Federico Leloir (chimie). Mais la forte récession économique des années 2001 et 2002, qui a eu de terribles conséquences sociales, n'a pas épargné le monde universitaire. Plusieurs centaines de chercheurs ont dû quitter temporairement l'Argentine pour poursuivre ailleurs leurs travaux. Heureusement, ces années noires sont aujourd'hui révolues, et la recherche a retrouvé le chemin de la croissance. En 2004, son budget est passé de 0,40 à 0,44 % du PIB et pourrait atteindre 1 % à la fin de cette décennie.

Les biotechnologies sont un des points forts de la recherche et développement (R&D) de cette nation historiquement agricole. Ainsi, l'Argentine a breveté plusieurs variétés de soja et de maïs transgéniques capables de résister à des conditions extrêmes, notamment à l'excès de rayonnement UV dû à l'amincissement de la couche d'ozone dans les latitudes australes. L'Argentine excelle aussi dans les technologies de pointe. Elle a un programme spatial et construit des satellites de recherche. Trois instruments made in Argentina sont déjà en orbite. L'énergie nucléaire et les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont aussi des domaines privilégiés. Les sciences de l'univers ne sont pas en reste, et le pays dispose d'infrastructures importantes, dont l'observatoire Pierre Auger, ambitieux projet dans lequel est impliqué le CNRS. Son but : traquer les rayons cosmiques, mystérieuses particules à ultra-haute énergie qui atteignent la Terre. Les moyens mis en œuvre sont colossaux : cette version « hémisphère Sud » d'Auger (son alter ego « Nord » se situe dans l'Utah, aux États-Unis) sera constituée de 1 600 détecteurs sur 3 000 km2 : 250 scientifiques (dont 20 chercheurs de l'IN2P3-CNRS) et 19 pays collaborent pour résoudre une énigme qui résiste depuis trente ans.

La France occupe la quatrième place dans le nombre d'échanges scientifiques avec le pays austral, après les États-Unis, l'Espagne et le Brésil. Le CNRS est très présent, puisqu'il participe à 50 % des publications franco-argentines. Dans le cadre des accords Ecos-Secyt, pilotés par le ministère des Affaires étrangères côté français et la Secyt (Secretaria de Ciencia, Tecnologia e Innovacion Productiva) côté argentin, 48 projets scientifiques sont en cours, dont 34 portés par des chercheurs liés au CNRS. L'éventail de ces collaborations est très large puisqu'il étend des recherches sur l'évolution des structures de l'Univers à l'étude des « crises monétaires ». Le CNRS est aussi impliqué dans des projets européens comme le programme Alfa, qui a pour but de soutenir l'enseignement supérieur des pays latino-américains en favorisant les échanges entre universités. 4 des 14 projets Alfa, coordonnés par l'un ou l'autre des deux pays, sont pilotés par des chercheurs associés au CNRS.

Quand aux collaborations purement CNRS, en 2005, on note 5 programmes internationaux de coopération scientifique (Pics) et une dizaine de projets de recherche conjoints. En 2004, 24 chercheurs argentins ont été invités au CNRS pour de longues durées. Et plus de 160 missions du CNRS en Argentine furent effectuées en 2003. Compte tenu de la qualité des chercheurs argentins, de nouvelles coopérations verront le jour dans les prochaines années. Elles pourraient être d'ordre plus multilatéral, intégrant d'autres pays de la région, comme le Chili, le Brésil ou l'Uruguay.

 

Sebastián Escalón

 

 

en chiffres

 

> 38 millions d'habitants.

> Superficie : 2 780 400 km2 (5 fois la France).

> Dépenses R&D en 2004 : 400 millions de dollars, soit 0,44 % du PIB.

> 40 % du budget R&D alloué à l'ingénierie et la technologie.

> 21 750 chercheurs et boursiers.

> 4 430 publications argentines, dont 1 740 copublications internationales – 190 avec la France et 110 avec le CNRS (données base SCI 2001).

> 5 programmes internationaux de coopération scientifique (Pics) en 2005.

> 24 chercheurs argentins invités au CNRS pour un séjour de longue durée en 2004.

> 160 missions CNRS en Argentine en 2003.

 

 

 

 

PARTENAIRES

 

Depuis 1991, le CNRS a un accord d'échanges avec le Conicet (Consejo Nacional de Investigaciones Cientificas y Tecnicas), organisme du gouvernement chargé d'évaluer et de financer des programmes de recherche nationaux. Cette agence a été créée en 1958 en s'inspirant du CNRS de l'époque. Le Conicet est sous tutelle de la Secyt. Le CNRS et l'Inria ont passé un accord en 2005 avec cet organisme afin de développer la coopération dans le domaine des sciences et technologies de l'information et de la communication (Stic). Par ailleurs, c'est avec la Secyt que le ministère des Affaires étrangères français a conclu les accords Ecos, auxquels les unités du CNRS participent à plus de 50 %.

 

 

Contact

Roger Fréty
Responsable du bureau régional du CNRS Cône Sud et Brésil
rogerfretycnrs@terra.cl

Claire Giraud
Responsable DREI Amériques
claire.giraud@cnrs-dir.fr


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