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La réforme du CNRS en actes

Des changements dans la vie des laboratoires

Le rattachement d'un laboratoire à plusieurs départements scientifiques correspond à la volonté d'un décloisonnement adapté au dynamisme de l'interdisciplinarité « sur le terrain ». Et pour renforcer le rôle et les responsabilités des directeurs d'unités, des contrats de laboratoires, des entretiens annuels objectifs-moyens et un recueil annuel des demandes de moyens sont mis sur pied.

Un nombre croissant de laboratoires sont composés de chercheurs ou d'équipes de plusieurs disciplines différentes, signe de la vitalité des recherches aux interfaces disciplinaires. C'est pour mieux répondre aux besoins de ces unités pluridisciplinaires que la direction générale, mandatée par le conseil d'administration 1, a lancé dès le mois de juillet les travaux pour mettre en œuvre le nouveau dispositif qui autorise le rattachement d'une unité à plusieurs départements scientifiques. Une enquête a ainsi été ouverte auprès des directeurs d'unités, appelés à exprimer leur vision de la répartition des activités de leurs unités entre les nouveaux départements scientifiques ainsi que leurs souhaits de rattachement. Le dialogue avec les directions scientifiques a permis d'ajuster les propositions et de converger sur les rattachements finalement retenus.

Le résultat confirme à quel point la pluridisciplinarité irrigue notre dispositif de recherche – et montre combien il est essentiel que le CNRS en maîtrise l'animation :

• 55 % des laboratoires seront mono-rattachés, dont une centaine aux départements MIPPU (Mathématiques, informatique, physique, planète et univers), Chimie, Ingénierie, environ 200 au département Vivant, et 250 au département Homme et Société ;

• 37 % seront bi-rattachés, avec notamment des intersections fortes : MIPPU-Ingénierie, Chimie-MIPPU, Chimie-Vivant, Vivant-EDD (Environnement et Développement durable), MIPPU-EDD ;

• Environ 8 % des unités auront plus de 2 rattachements. Il existe en effet des enjeux scientifiques croisant de nombreuses disciplines : par exemple, certains enjeux du vivant (MIPPU, Chimie, Vivant), des sciences des matériaux (MIPPU, Chimie, Ingénierie) ou en environnement (MIPPU, EDD, Vivant).

Les deux départements Ingénierie et EDD voient justifier leur transversalité, puisque la majeure partie des unités qu'ils contribueront à animer sont multi-rattachées : les deux tiers environ pour le département Ingénierie et la totalité pour le département EDD.

En parallèle, et dans le prolongement des expérimentations de « partenariat rénové » 2, s'ouvrent actuellement les travaux destinés à finaliser d'ici à décembre prochain les premiers contrats de laboratoire « expérimentaux ». Concrétisant les résultats de l'évaluation quadriennale, le « contrat de laboratoire » donnera au directeur de laboratoire une meilleure visibilité pluriannuelle sur les moyens qui seront attribués par les établissements de rattachement de l'unité.

Autre changement important, la tenue d'« entretiens annuels objectifs-moyens » permettra chaque année un examen conjoint, entre le CNRS et les établissements partenaires, des objectifs et des besoins de l'unité, en présence du directeur d'unité, directement associé à cette étape préparatoire aux arbitrages budgétaires. Un échantillon de quelques dizaines de laboratoires, principalement dans les interrégions Sud-Est et Sud-Ouest, a participé en septembre à une première vague « expérimentale » d'entretiens objectifs-moyens. Les premiers retours de ces expérimentations sont très positifs.

Par ailleurs, une campagne de recueil des demandes budgétaires 2006 a été engagée en septembre auprès de l'ensemble des unités : il a été demandé à chaque directeur d'unité d'exprimer ses demandes de moyens 2006 en regard des principaux objectifs et projets du laboratoire. Cette démarche permettra d'éclairer les décisions concernant les attributions annuelles de moyens aux laboratoires. Elle autorisera aussi un traitement plus réactif des demandes. Dès cet automne, un premier lot de postes ITA sur demandes de hautes priorités sera ouvert à la mobilité interne. De même, les laboratoires dans lesquels le CNRS recrutera en 2006 des postdoctorants rémunérés sur crédits d'État seront sélectionnés avant fin novembre, ce qui permettra de publier les appels à candidature trois mois plus tôt que les années précédentes. Plus largement, tous les laboratoires recevront leur dotation annuelle 2006 dès la fin du mois de janvier.

 

F. H.-M.

Notes :

1. Voir Le journal du CNRS, n° 185, p. 33.
2. Voir Le journal du CNRS, n° 188, p. 33.


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