
Start-up « Nano »
Voir légende en bas d'article.
© Temscan
La start-up toulousaine est à peine créée 1… qu'elle doit déjà répondre à une demande qui promet d'être exponentielle. Quoi de plus normal : Nanomeps s'est positionnée sur un secteur en pleine expansion et dont peu d'entreprises maîtrisent encore la technologie, pourtant de plus en plus prisée : pour faire vraiment pro, dites « la nano ». De nombreux secteurs d'application s'arrachent désormais les fameux nanomatériaux (cubes, bâtonnets ou particules…) : les industries cosmétique et automobile, mais aussi la téléphonie mobile et même le secteur biologique… Chronique d'un succès annoncé ? Reprenons l'histoire au début. Au commencement était… la nanoparticule, constituée d'un ensemble d'atomes, qui, une fois synthétisés, donnent une structure de petite taille, sorte de minuscule morceau d'assemblage mesurant entre 1 et 100 nanomètres 2. Cela peut sembler simple. Mais pour obtenir un résultat de qualité, il faut pouvoir contrôler la taille et la mise en forme de ces nanoparticules. Or justement, elles sont le plus souvent irrégulières, contenant un nombre d'atomes variable. Mais comment obtenir des nanoparticules identiques ?
Bruno Chaudret, du Laboratoire de chimie de coordination du CNRS à Toulouse, se passionne pour la résolution de ce problème. Il commence les premières manipulations seul, parallèlement à ses activités de recherche, en s'appuyant sur ses compétences de chimiste en organo-métallique. Il est persuadé que lorsque les nanoparticules seront régulières, les champs d'application seront très nombreux, de l'optique au magnétique, etc. C'est finalement en 2000, après dix ans d'essais, grâce au soutien du CNRS et à une grande pluridisciplinarité, que le résultat est enfin probant. Mieux encore : la chance sourit à l'équipe toulousaine. « Nous nous sommes trouvés prêts sur le plan technologique au moment où se lançait la “mode nano”, s'enthousiasme Bruno Chaudret. Nous avons été portés par la vague ! » Et par une première rencontre, alors déterminante, en 1996, entre deux univers bien distincts – ceux de la recherche fondamentale et de la microélectronique. « Cela semblait improbable : il s'agissait d'intégrer des nanoparticules sur du silicium pour assurer le développement industriel de capteurs. C'est-à-dire d'introduire de la chimie dans la micro-électronique, cela avait un délicieux parfum révolutionnaire… La chimie était alors considérée comme “sale” par le monde de l'électronique. » Mais ça marche ! « C'est ainsi que du jour au lendemain, nous sommes devenus intéressants. Pensez… La présence d'un industriel a permis que l'on soit crédible sur le plan de la recherche fondamentale ! »
Camille Lamotte
1. En juillet 2005.
2. 1 nanomètre = 1 milliardième de mètre.
Bruno Chaudret
LCC, Toulouse
chaudret@lcc-toulouse.fr