
Le Pakistan vient de rejoindre le club des pays à très forte croissance d'Asie (+ 8,4 %) après la Chine et Singapour, mais c'est un pays émergent en termes de recherche scientifique. Or il possède un fort potentiel lié à ses sites archéologiques et à sa biodiversité.
En matière de recherche, il existe des prémices de collaboration entre la France et le Pakistan, même si jusqu'à présent la priorité a été donnée à son grand voisin, l'Inde. Ainsi, en septembre 1997, une mission a été menée au Pakistan par des représentants du département des Sciences chimiques du CNRS. La volonté à l'époque était de mesurer les possibilités d'une collaboration avec l'Institut de chimie de l'université de Karachi, qui bénéficiait d'un prêt du gouvernement français au gouvernement pakistanais pour l'acquisition de matériel de fabrication française, notamment d'un spectromètre de RMN (Résonance magnétique nucléaire) Brucker 600 MHz. La délégation avait identifié plusieurs axes de coopération, comme l'exploration des ressources végétales. L'Institut de chimie de l'université de Karachi souhaitait par ailleurs une coopération dans les domaines des biotechnologies, de l'environnement et de la sécurité alimentaire. Il y a eu également plusieurs tentatives de collaboration en sciences humaines et sociales avec par exemple l'organisation d'un colloque « Fifty years of Pakistan : retrospective and prospectives » à la maison des Sciences de l'homme en 1998, année du cinquantenaire de l'indépendance.
En 2002, un premier programme international de coopération scientifique (Pics) concernant la géologie, et plus précisément l'« Étude des roches mantelliques affleurant sous et au sein de l'arc obducté du Kohistan », a réuni des équipes françaises et pakistanaises. Les participants au programme étaient pour la France l'Isteem (Institut des sciences de la terre, de l'eau et de l'espace de Montpellier) et pour le Pakistan le Pakistan Museum of Natural History (PMNH) et la Pakistan Science Foundation. Malheureusement, le contexte politique a mis fin prématurément au programme. Récemment, de nouvelles initiatives ont vu le jour. En 2003, le professeur Atta-Ur-Rahman, chimiste organicien, ancien directeur de l'Institut de chimie de Karachi, ancien ministre de l'Éducation et des Sciences et actuellement président de la Commission de l'enseignement supérieur du Pakistan, a été reçu au CNRS. Sa volonté était d'intensifier les relations entre le Pakistan et la France dans le domaine des substances naturelles. Un projet d'accord de coopération est en préparation. Une autre actualité se met en place : un projet intitulé « Exploitation des entrepôts de données » (gestion de très gros volumes de données), soutenu par le ministère des Affaires étrangères et le CNRS dans le cadre du programme intitulé « Réseau Stic-Asie ». Lancé en 2003, ce programme a vocation à soutenir des projets de collaboration en réseau entre la France et des pays d'Asie du Nord et du Sud dans le domaine des sciences et technologies de l'information et de la communication (Stic), dans un objectif de développement d'actions de recherche et de formation. Les recherches concernent la manipulation et l'extraction de connaissances dans les entrepôts de données, pour faciliter la gestion de données destinées à l'analyse.
À l'heure actuelle, il est nécessaire de structurer la coopération scientifique franco-pakistanaise. Pour cela, il faut en premier lieu repérer des équipes pakistanaises de qualité et mobiliser les équipes françaises en vue d'un partenariat. Dès que des thèmes de recherches communs auront été définis, le ministère des Affaires étrangères envisage la mise en place d'un Programme d'action intégrée (PAI) franco-pakistanais qui pourrait permettre de renouer des relations de collaboration si le contexte politique se stabilise.
Christel Lambolez
Partenaire
Un rapprochement a lieu actuellement entre le HEJ Research Institute of Chemistry de l'université de Karachi et le CNRS en vue d'une coopération. L'institut, dont l'activité principale est la pharmacologie, est financé grâce à des crédits provenant des États-Unis, du Japon et de l'Allemagne et sur des contrats de firmes étrangères. Disposant de matériels performants et d'un personnel qualifié, il apparaît comme un laboratoire de niveau international.
Minh-Hà Pham Delègue
Responsable Asie-Pacifique
DREI, Paris
minh-ha.pham-delegue@cnrs-dir.fr
Séverine Boué
Secteur Inde-Asie du Sud-Pacifique DREI, Paris
severine.boue@cnrs-dir.fr